Stade Toulousain: Départs de cadres, recrutement pas terminé... Quel avenir après la déception?

RUGBY La belle saison du Stade Toulousain a dérapé en barrage samedi face à Castres. Le chantier s’annonce important…

Nicolas Stival

— 

Didier Lacroix, le président du Stade Toulousain, et l'ailier Maxime Médard après la défaite contre Castres en barrage du Top 14, le 19 mai 2018 au stade Ernest-Wallon.
Didier Lacroix, le président du Stade Toulousain, et l'ailier Maxime Médard après la défaite contre Castres en barrage du Top 14, le 19 mai 2018 au stade Ernest-Wallon. — P. Pavani / AFP
  • Après le traumatisme de la saison dernière, le club s’est redressé mais termine sur une note frustrante.
  • Les départs sont loin d’avoir été (encore ?) tous compensés.
  • Le président Didier Lacroix se veut rassurant, sur le plan sportif comme financier.

A côté de la terrible saison dernière, la pire depuis 41 ans, l’exercice 2017-2018 du Stade Toulousain ressemble à une franche réussite : une troisième place du Top 14 un an après la douzième, une qualification pour la grande Coupe d’Europe au lieu du « petit » Challenge européen, cinq matchs à Ernest-Wallon à guichets fermés…

Pourtant, l’élimination à domicile en barrage contre Castres, samedi (11-23), laisse une « amertume terrible dans la bouche » de l’entraîneur principal Ugo Mola. Le président Didier Lacroix, en poste depuis l’été dernier, évoque quant à lui « une énorme déception ».

Et maintenant ? Le staff va être renforcé par l'entraîneur Régis Sonnes (45 ans), ancien troisième ligne Rouge et Noir qui viendra épauler Mola. Le club va voir partir de nombreux joueurs expérimentés de qualité, comme Florian Fritz (retraite), Yann David (Castres), Jean-Marc Doussain (Lyon), Yoann Maestri et Talalelei Gray (Stade Français), en attendant sans doute Gaël Fickou, très proche de s’engager lui aussi avec le club parisien.

Un recrutement pas encore bouclé

Pour évoquer l’avenir sportif et financier d’un club toujours en bisbilles avec Fiducial, son premier actionnaire privé, Lacroix se lance dans l’anaphore.

Le Stade Toulousain existera l’année prochaine, je vous le garantis. Le Stade Toulousain passera la DNACG [en charge de la surveillance financière du rugby français], je vous le garantis. Le Stade Toulousain sera compétitif, on fera tout pour et j’espère pouvoir vous le garantir également. »

Ce mercredi, le club a annoncé la signature pour trois ans, déjà officieuse depuis des mois, du centre Pierre Fouyssac (23 ans). L’Agenais rejoint le troisième ligne Jerome Kaino (35 ans), double champion du monde All Black, star incontestée du recrutement, mais aussi le troisième ligne Alban Placines (25 ans, Biarritz, Pro D2) et le centre Pita Ahki (25 ans, Connacht, Irlande). Un peu léger pour compenser tous les départs…

Certes, des jeunes très prometteurs tels que Romain Ntamack à l’ouverture ou Florian Verhaeghe en deuxième ligne vont sans doute gagner du temps de jeu. Mais cela ne va pas arranger le « manque de maturité, d’expérience » pointé par Lacroix contre Castres. « Peut-être que le vécu de ce groupe-là passe par un échec à domicile », remarque pour sa part Mola. D’autres arrivées sont à attendre, comme le confirmait sans trop en dire le président toulousain après le revers contre Castres : « Le recrutement ? On en connaît la principale partie mais pas l’intégralité, c’est certain. »

Un centre castrais dans le viseur

Selon La Dépêche du Midi, le club le plus titré du rugby français pourrait commencer par se servir au CO, qui ne conservera pas le centre australien Afusipa Taumoepeau (28 ans), très bon samedi à Ernest-Wallon. Mais entre un calendrier alourdi par la Coupe d’Europe et la concurrence acharnée en Top 14, il lui faudra davantage pour revenir au sommet. Et espérer dépoussiérer une armoire à trophées dont le Stade a perdu la clé depuis le 19e titre de champion de France, en 2012.