Stade Toulousain: Grand ciel bleu sur la pelouse, gros orage en coulisses

RUGBY Le troisième du Top 14 réussit jusqu’à présent une belle saison sportive. Mais la direction du club et Fiducial, premier actionnaire privé, ne cachent plus leurs divergences…

Nicolas Stival

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Le Stade Toulousain fait de nouveau plaisir à ses supporters sur la pelouse. Mais en coulisses, la tension est grande.
Le Stade Toulousain fait de nouveau plaisir à ses supporters sur la pelouse. Mais en coulisses, la tension est grande. — F. Lancelot / Sipa
  • Le Stade Toulousain a réagi vivement à l’audit commandé par Fiducial, son actionnaire et partenaire.
  • Le président Didier Lacroix et son équipe évoquent de possibles poursuites judiciaires.

Après une saison ratée, marquée par la première non-qualification en phases finales depuis 1976, le Stade Toulousain va bien mieux sur le plan sportif. Un jeu redevenu séduisant et, surtout, l’actuelle troisième place du Top 14 font espérer un retour vers les sommets pour le club le plus titré de France (19 Boucliers de Brennus) et d’Europe (quatre trophées). Dans les coulisses en revanche, la réalité des Rouge et Noir est moins rose… et très compliquée à comprendre pour un béotien.

Mardi soir, à l’issue du conseil de surveillance du club, celui-ci s’est fendu d’un communiqué. Dans la ligne de mire de l’équipe du président du directoire Didier Lacroix (en poste depuis l’été dernier) : la diffusion d’un rapport du cabinet Paper Audit & Conseil, mandaté par Fiducial, sponsor du club et également son principal partenaire privé, à hauteur de 12 % du capital.

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La société de service aux entreprises, qui a fait réaliser cet audit révélé par le site Mediacités, doute de la sincérité des comptes de l’exercice bouclé le 30 juin 2017, avant la passation de pouvoir entre René Bouscatel, après 25 ans de présidence, et Didier Lacroix.

Une guerre larvée désormais publique

Ce dernier était jusque-là le responsable du groupe A la Une, qui détenait les droits commerciaux du club, achetés le 20 juin 2017 par la société suisse InFront pour une durée de dix ans et moyennant 4,2 millions d’euros. Une opération qui n’a jamais eu les faveurs de Fiducial. Palpable depuis des mois, la cassure est apparue au grand jour lors de l’assemblée générale de la SASP Stade Toulousain du 18 décembre. Fiducial avait alors décidé de s’opposer à l’augmentation de capital votée lors de cette réunion.

Selon le communiqué du club publié mardi, le rapport révélé par Mediacités « n’a pas été réalisé contradictoirement, et s’est fondé sur les seules informations fournies par la société Fiducial. Il n’a en conséquence aucune valeur probatoire ».

« Le caractère litigieux des deux opérations visées par le rapport est intégralement contesté tant sur la forme que sur le fond par les dirigeants du club. En effet, elles ont été étudiées en amont et validées tant par les instances de contrôle interne que par les autorités réglementaires, à savoir la Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion [DNACG] de la Ligue nationale de rugby [LNR]. »

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« Toute nouvelle action médiatique pourra être sanctionnée par les poursuites judiciaires qui s’imposent », prévient le Stade Toulousain…

Didier Lacroix aura l’occasion de développer sa pensée jeudi matin, lors d’une conférence de presse qui doit balayer l’actualité du Stade Toulousain, dont le recrutement de la star All Black Jerome Kaino. Le président du directoire ne souhaite pas s’exprimer avant ce rendez-vous.