Avec Didier Lacroix, le Stade Toulousain veut redevenir la référence du rugby mondial

RUGBY Sans surprise, Didier Lacroix devient le nouveau président du directoire du Stade Toulousain. Et ses ambitions dépassent de loin le cadre français…

Nicolas Stival

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Didier Lacroix, le nouveau président du Stade Toulousain, entre son prédécesseur René Bouscatel et Jean-François Jeanne, directeur général France d’Infront, le 30 mai 2017 à Toulouse.
Didier Lacroix, le nouveau président du Stade Toulousain, entre son prédécesseur René Bouscatel et Jean-François Jeanne, directeur général France d’Infront, le 30 mai 2017 à Toulouse. — R. Gabalda / AFP
  • La puissante société de marketing sportif Infront doit faire passer un cap au club
  • Nike redevient l’équipement des Rouge et Noir, après trois ans d’éclipse
  • L’ancien Stadiste Thomas Castaignède intègre le directoire du Stade Toulousain pour amener son expérience internationale

Comme prévu, Didier Lacroix (46 ans) sera le nouveau président du directoire du Stade Toulousain à partir du 1er juillet, pour une durée de quatre ans. L’ancien troisième ligne du club va succéder à René Bouscatel, en poste depuis 1992, à la tête d’une institution en déclin depuis plusieurs années, seulement douzième du dernier Top 14. L’heure est à la refondation du club le plus titré de France (19 Boucliers de Brennus) et d’Europe (quatre HCup), fragile financièrement. Et, pour Lacroix et son équipe, cela passe par la conquête de nouveaux marchés.

Infront vient au secours de la « marque la plus forte du rugby mondial »

Exit A la Une, présidée par un certain Didier Lacroix. Il n’y aura pas de souci de conflit d’intérêts pour le nouveau président, puisque la régie commerciale du club sera gérée pour les dix prochaines années, au moins, par Infront Sports & Media. Géant du marketing sportif, le groupe suisse appartient depuis 2015 au conglomérat chinois Wanda. « Nous voulons développer la marque du Stade Toulousain qui est la plus forte du rugby mondial », assure Jean-François Jeanne, directeur général France d’Infront, qui travaille aussi, entre autres, avec la FIFA, la LFP ou les Fédérations de football italienne et allemande.

Le groupe va apporter immédiatement 3,5 millions d’euros, qui devraient permettre au club de passer début juin l’épreuve de la DNACG, le gendarme financier du rugby français. Et après ? « On prévoit une augmentation des revenus sur les 10 prochaines années avec des croissances à deux chiffres », précise Jean-François Jeanne.

Nike, le retour de l’équipementier historique

En 2014, après 23 ans de partenariat avec le Stade Toulousain, Nike s’était retiré du rugby. Le puissant équipementier américain avait laissé la place à BLK, entreprise australienne plutôt méconnue sous nos latitudes, qui va à son tour s’effacer au profit de la marque à la virgule. « Cette année, nous avons connu une perte exceptionnelle liée au dépôt de bilan de BLK, qui a planté notre saison, ainsi que deux ou trois problèmes de ce type, certifie René Bouscatel, le futur ex-président stadiste. Quelques années près avoir quitté le rugby et nous avoir indemnisé, Nike revient. Et le premier club de Top 14 qu’il prend, c’est le nôtre. »

Didier Lacroix, son successeur, vient au relais. « La plus grande force du Stade Toulousain, c’est la valeur de la marque, numéro un dans tous les sondages institutionnels, capable d’être commercialisée sur l’ensemble de la planète. Il fallait trouver un équipementier qui corresponde à son image. »

Thomas Castaignède, l’invité-surprise du directoire

Excusé pour « raisons professionnelles », il n’était pas présent ce mardi à Ernest-Wallon, pour la première conférence de presse de la nouvelle ère toulousaine. Pourtant, Thomas Castaignède, reconverti comme agent d’assurances à Anglet, revient au bercail. L’ancien « Petit prince » du rugby français (42 ans) intègre le directoire du club, au côté de Lacroix, donc, et de Philippe Jougla (62 ans), spécialiste des finances.

« Thomas, il est stadiste, et en plus, il a la chance d’avoir navigué sur la planète rugby et la planète tout court, observe Didier Lacroix. Il va amener un regard extérieur sur l’ensemble du club et peut-être ramener des choses qu’on fait mieux ailleurs. »

L’ancien trois-quarts international a quitté Toulouse en 1997 pour Castres, avant de passer sept ans, de 2000 à 2007, dans le club anglais des Saracens.

Le rugby féminin pour conquérir les Etats-Unis ?

En 2013, le Stade Toulousain avait voulu pénétrer l’appétissant marché asiatique, via une rencontre de gala à Hongkong face au Racing 92. Didier Lacroix n’exclut pas de nouveaux « matchs délocalisés », même si l’Asie semble plus propice selon lui « au rugby à 7 et à 10, qui se développe ». Mais le nouveau président toulousain lorgne plutôt de l’autre côté de l’Atlantique, via le rugby féminin, plus compétitif là-bas que son homologue masculin.

« Cela peut-être une clé pour entrer sur le territoire des Etats-Unis », souligne-t-il. Jusqu’à présent membres d'une simple section « indépendante » de l’association Stade Toulousain, avec laquelle elles ne partageaient guère plus que le nom et les couleurs, les filles du STRF vont pleinement faire partie du club. « Nous allons les intégrer définitivement dans l’association », confirme Lacroix, au sujet des demi-finalistes des deux dernières éditions du Top 8, l’élite féminine.