Toulouse-Castres: Mais au fait, pourquoi le Stade Toulousain joue-t-il en rouge et noir?

RUGBY Le Stade Toulousain appelle ses supporters à s’habiller en rouge et noir avant et pendant le match de barrage contre Castres, samedi à Ernest-Wallon…

Nicolas Stival

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Les supporters du Stade Toulousain sur la place du Capitole le 10 juin 2012, au lendemain de la victoire en finale du Top 14.
Les supporters du Stade Toulousain sur la place du Capitole le 10 juin 2012, au lendemain de la victoire en finale du Top 14. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES
  • Le hashtag #TousEnRougeEtNoir se développe sur les réseaux sociaux avant le match de samedi.
  • Les origines des couleurs du club remontent au Moyen-Age.

S’habiller en rouge et noir. C’est la demande adressée par le Stade Toulousain à ses supporters pour faire monter la température, à l’occasion de la venue du Castres Olympique, ce samedi. Un barrage du Top 14 qui verra Ernest-Wallon (19.000 sièges environ) afficher complet pour la cinquième fois cette saison.

Mais au fait, pourquoi le club de rugby le plus titré de France arbore-t-il ses couleurs, partagées notamment avec Toulon et Oyonnax ? On a posé la question à Philippe Kallenbrunn, journaliste indépendant et auteur d’un ouvrage consacré aux quadruples champions d’Europe publié début mai dans la collection Mémoire d’un club, aux éditions Wartberg.

« La version la plus crédible historiquement, c’est que les couleurs du club sont nées en 1907 au moment de la fusion entre le SOET [Stade olympien des étudiants toulousains], créé par d’anciens élèves du lycée Fermat devenus étudiants en droit, et le Véto-Sport, le club de l’école vétérinaire. »

Déjà les couleurs du club étudiant toulousain il y a plus d’un siècle

La nouvelle entité, le Stade olympien et Véto-Sport toulousain, a vite été synthétisée dans un plus digeste Stade Toulousain. Et le rouge et noir, donc, dans tout ça ? On repasse la parole à Philippe Kallenbrunn : « Le choix des couleurs, qu’arboraient déjà les joueurs du SOET, aurait été dicté, non sans de longs palabres, par la volonté commune de symboliser à la fois la ville de Toulouse et le droit. »

« Au Moyen-Age, les comtes de Toulouse administraient le sud de la cité et ils étaient revêtus de rouge. Le nord était dirigé par les abbés de Saint-Sernin qui, eux, portaient du noir. Ces couleurs renvoient aussi à celles des Capitouls, les premiers magistrats de la ville, entre les XIIe et XVIIIe siècles. »

Rien à voir donc avec d’hypothétiques fondateurs anarcho-syndicalistes du Stade Toulousain, lesquels n’ont pas davantage voulu rendre hommage à l’œuvre de Stendhal. On ne s’attardera pas sur le cas Jeanne Mas, pour ne pas risquer l’anachronisme et la faute de goût.

De toute manière, Florian Fritz et ses collègues seront assez loin de ces considérations historiques samedi, sur le coup de 16 h 15. De leur côté, les bouillants supporters castrais apporteront une touche prononcée de bleu et blanc aux tribunes d’Ernest-Wallon.