Existe-t-il encore des sports réservés ou interdits aux femmes ?
SPORT •Nos enfants ont-ils vraiment le choix dans leur pratique sportive ? Ne les influence-t-on pas (in)consciemment ? Etat des lieux dans l’émission 20 Minutes pour Elles avec FDJ UNITED.
"Le football est un sport non genré, il suffit d'avoir des pieds pour y jouer". Voilà une réponse partagée par une passante interrogée dans le troisième volet de l’émission 20 Minutes pour Elles avec FDJ UNITED consacrée au sport et au genre. Aussi logique que soit cette affirmation, notre société continue de cloisonner les pratiques entre les filles et les garçons. Sur le plateau, deux femmes échangent et font le même constat. "J'ai commencé la boxe à une époque où elle était interdite aux femmes en compétition" confie Sarah Ourahmoune, vice-championne olympique de boxe, entrepreneuse et ambassadrice du programme Sport Pour Elles initié par FDJ UNITED, tandis que Sabrina Delannoy, ancienne footballeuse internationale et Directrice adjointe du PSG Féminines soutient, "quand j'ai commencé à 5 ans, j'étais la seule fille [...]. Le métier de footballeuse n’existait même pas". C’était un monde que les moins de 20 ans ne pouvaient peut-être pas connaître, pourtant Alice, jeune rugbywoman amatrice, éprouve le même sentiment, "je dois toujours justifier de pourquoi je fais du rugby". Par conformisme social, on tend à limiter les capacités des femmes. Mais comme l’explique Sarah Ourahmoune, "les barrières imposées sont plus souvent dans les têtes que dans les capacités". Rien à voir avec la biologie, tout à voir avec la culture.
Le sport sous influence
"C'est sûr qu’ils vont perdre, il y a une fille dans l'équipe". Si Sabrina Delannoy s’était laissé influencer par ce qu’elle entendait sur le terrain, elle n’aurait probablement pas poursuivi. Et pourtant, son histoire et son parcours ont prouvé le contraire… Elle a su trouver la force de braver les injonctions auprès de sa famille, de ses amis et de ses coéquipiers. D’où l’importance de l’entourage comme ce fut également le cas pour Alice, dont le soutien familial lui a permis de s’orienter naturellement vers le sport qui l’attirait : "c'est surtout grâce à mon père qui est journaliste sportif et mon petit frère qui a commencé le rugby deux ans avant moi”. En-dehors de la sphère privée, l’environnement éducatif joue un rôle tout aussi crucial car Sarah le rappelle, c’est un “enjeu collectif”.
Ma liberté de choisir
Comment réussir à choisir son sport sans que la société le décide pour nous ? A l’échelle collective, cela passe par la féminisation des structures, un encadrement formateur pour les femmes mais aussi une plus grande représentation dans le paysage médiatique, permettant aux petites filles de s’identifier à des rôles modèles. A l’échelle individuelle, Sarah donne également un autre conseil, “arrêter de se poser des questions et passer à l’action” avant de poursuivre, “n’attendez pas qu’on vous valide”. L’objectif ? Refuser l’auto-censure pour normaliser la pratique et sortir de l’exception. D’ailleurs, lorsque la médecin et présentatrice Marine Lorphelin demande “Le foot féminin et le foot masculin, même sport ou pas ?”, Sarah Ourahmoune répond avec un sourire espiègle et un regard rempli de convictions, “je ne connais pas, je connais juste le foot”. Bonne réponse.


















