Coupe d'Europe: Après la pire saison de son histoire, le Stade Toulousain n'a plus envie d'«être ridicule»

RUGBY Le Stade Toulousain démarre la Champions Cup samedi chez les Irlandais du Connacht. Le club veut faire oublier sa catastrophique dernière campagne européenne…

Nicolas Stival

— 

La déception de Florian Fritz et du Stade Toulousain lors de la défaite face aux Anglais des Saracens en Champions Cup (17-28), le 23 janvier 2016 au stade Ernest-Wallon de Toulouse.
La déception de Florian Fritz et du Stade Toulousain lors de la défaite face aux Anglais des Saracens en Champions Cup (17-28), le 23 janvier 2016 au stade Ernest-Wallon de Toulouse. — M. Impey / Shutterstock / SIPA

Une victoire, cinq défaites. 85 points inscrits, 173 encaissés. Ces statistiques, dignes d’un club italien, sont pourtant celles du Stade Toulousain en Champions Cup la saison dernière. La pire de sa glorieuse histoire européenne, riche de quatre titres (1996, 2003, 2005 et 2010 : un record).

>> A lire aussi : Pour Thierry Dusautoir, «le Stade Toulousain et le public méritaient une autre campagne européenne»

« On avait manqué de rigueur, de discipline et nous avions été catastrophiques en défense, se rappelle le centre Gaël Fickou avant le début d’une nouvelle campagne continentale, samedi chez les Irlandais du Connacht. On a su très rapidement que c’était mort pour nous. »

« Cela a marqué le groupe, poursuit le troisième ligne François Cros. Ça ne fait jamais plaisir d’être ridicule et de sortir de la compétition comme on est sortis. Le changement de staff a peut-être fait que nous n’étions pas prêts à enchaîner deux compétitions. Là, on est bien et on veut redorer notre image. »

>> A lire aussi : Coupe d'Europe: Le Stade Toulousain battu dans un contexte d'émotion

La saison dernière, Ugo Mola venait de succéder à la légende Guy Novès. « D’entrée, on avait fait une erreur de jouer ce premier match aux Saracens au regard des événements (le lendemain des attentats de Paris, le 13 novembre 2015), assume l’entraîneur principal toulousain. Et nous n’avions pas mesuré l’impact d’une Coupe d’Europe dans une saison. »

Le Stade avait perdu deux fois face aux « Sarries », futurs champions d’Europe, et contre les Irlandais de l’Ulster, pour un succès et une défaite contre Oyonnax. Quelques mois plus tard, il n’avait pas dépassé le stade des barrages en championnat…

Cette saison, si les Zebre italiens n’impressionnent pas, finir premier du groupe pour assurer sa place en quart ne sera pas évident face au Connacht (vainqueur du dernier Pro 12, ex-Ligue celtique) et surtout contre les Wasps, actuels deuxièmes du championnat d’Angleterre et favoris de cette poule 2.

« Il faudra un Stade Toulousain encore meilleur que celui vu à Clermont [29-25, dimanche], note Mola. Nous sommes un grand club, avec une très grande histoire, mais ça doit être un moteur et non un poids. » Le dernier titre européen remonte à 2010, et la dernière qualification pour un quart de finale à 2014.

Deux éliminations d’affilée dès les phases de poule

Les Rouge et Noir, rattrapés et même dépassés par la concurrence, en France comme sur le continent, restent donc sur deux éliminations en phase de poule de Champions Cup. « Un club comme le Stade Toulousain n’a pas le droit de ne pas bien figurer en Coupe d’Europe, tonne l’expérimenté centre Florian Fritz. On va essayer de se racheter, même si la poule est très relevée. »

Le 23 octobre au soir, après la réception des Wasps lors de la deuxième journée, le Stade sera un peu plus avancé : il pourra soit rêver d’un quart, soit, en cas de double contre-performance, déjà reporter ses espoirs de rédemption sur le Top 14.