OM-FC Nantes : Lorik Cana est fier « d’avoir joué dans ces deux clubs »

INTERVIEW Entretien avec Lorik Cana, ancien capitaine de l’OM et joueur du FC Nantes pendant une saison

Propos recueillis par Clara Le Nagard

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Lorik Cana.
Lorik Cana. — TSCHAEN/SIPA
  • Samedi en fin d’après-midi (17 heures), le FC Nantes se déplace à Marseille, pour jouer son troisième match de la semaine.
  • L’Albanais Lorik Cana se remémore les bons moments passés dans ces deux clubs et évoque également son amour pour le maillot de son pays.
  • La mort de Diego Maradona, « un personnage extraordinaire », l’a touché.

Il suit « d’un œil un peu plus particulier » tous les clubs dans lesquels il est passé. Président d’une fondation qui permet aux jeunes albanais, d’avoir accès à des infrastructures sportives, Lorik Cana, 37 ans, n’a pas quitté le monde du ballon rond. Celui qui a évolué pendant quatre années à Marseille (2005-2009) et, brièvement, à Nantes (2015-2016) revient sur son parcours dans ces deux villes avant la rencontre qui les oppose samedi (17 heures) au Vélodrome.

Vous étiez un joueur très populaire à Marseille. Quels sont vos plus beaux souvenirs avec l’OM ?

Avant de devenir joueur de l’OM, j’en ai été un fervent supporteur. Depuis l’âge de 7-8 ans, j’ai grandi avec la fameuse génération du début des années 1990. De là est né cet amour pour l’Olympique de Marseille. Après, quand j’ai eu l’opportunité d’aller y jouer, c’était un peu comme un rêve d’enfant qui se réalisait. Le premier match avec le maillot de l’OM, c’est quelque chose d’assez spécial. Il faut être digne de porter ce maillot. Ça se démontre au quotidien, par rapport à ton attitude, la passion sur le terrain… Mon seul petit regret c’est de n’avoir pas pu être champion avec l’OM lors de ma dernière année mais à part ça, ça a été une période extraordinaire.

Avez-vous une préférence entre l’OM et le PSG ?

Je dois énormément au PSG car c’est le club qui m’a permis, dans un moment difficile, de pouvoir continuer à vivre de ma passion. C’est le club avec lequel j’ai gagné mon premier trophée. J’ai aussi participé à la Ligue des champions donc Paris, c’est un club que je ne peux pas renier. Au contraire, j’ai énormément de gratitude envers le club, énormément de fierté d’y avoir joué et c’est un club auquel je serai toujours attaché. Après, comme je l’ai dit, l’OM reste particulier pour moi.

Suivez-vous toujours les résultats de l’OM, même à distance ?

Oui bien sûr, je l’ai toujours fait et c’est quelque chose que je ferai toujours. Je suis généralement tous les clubs dans lesquels j’ai joué, que ce soit l’OM, le PSG, Galatasaray, la Lazio, même Sunderland qui est descendu en troisième division et puis le FCN aussi. Les clubs dans lesquels tu es passé, tu restes un petit peu supporteur.

Pourquoi avoir choisi le FCN pour votre dernière saison ?

J’ai toujours préféré des villes avec une grande passion et donc pour ma dernière année, le FCN c’était le meilleur choix pour finir. La Beaujoire est un stade toujours rempli, les supporteurs toujours derrière. Il y a aussi un petit peu plus de pression, mais c’est ce qui fait la beauté du football. Je voulais amener mon expérience de football international et encadrer un peu les jeunes avec d’autres joueurs d’expérience comme Vizcarrondo. J’avais de très bonnes relations avec Michel Der Zakarian [le coach]. On aurait pu faire une meilleure saison. J’aurais absolument voulu être encore plus présent sur le terrain et au niveau de mes performances mais vu mon état physique, il était quasiment impossible pour moi de donner plus.

En 2016, c’était la première fois que l’Albanie se qualifiait pour l’Euro. Racontez-nous.

Oui, et c’était même la première fois pour un grand tournoi international. Quand j’ai commencé avec l’Albanie, ça a toujours été un rêve très lointain. Ça a été l’apogée de quatorze ans en équipe nationale. Ça a permis de mettre l’Albanie sur la carte de l’Europe, pas seulement sur la carte footballistique. On a une nation assez particulière. Plus de la moitié de notre peuple vit en dehors des frontières de l’Albanie. L’équipe nationale a toujours eu ce rôle d’union nationale et de pouvoir porter des dizaines de milliers de supporteurs pendant l’Euro, ça a vraiment été quelque chose d’extraordinaire.

Vous avez arrêté votre carrière après l’Euro 2016. Où en êtes-vous ?

Je suis retourné en Albanie, chose qui ne m’était pas arrivée depuis tout petit. J’avais sept ans lorsqu’on a quitté le Kosovo avec ma famille. En 2016, je suis retourné y vivre pour avoir la famille à proximité. J’ai commencé un projet dans lequel je me suis engagé à fond : ma fondation de bienfaisance qui sert à promouvoir le sport auprès des enfants, chez nous. Elle s’appelle Lorik Cana 5 Foundation. Ça permet aux jeunes d’avoir des infrastructures sportives à l’école et de pouvoir faire du sport au quotidien. J’ai aussi eu mon diplôme d’administration sportive, pour un jour me donner la possibilité de continuer en tant que dirigeant de club. Je suis aussi consultant pour la Ligue des champions, chez nous en Albanie. Je reste dans le monde du sport parce que quand on a la chance d’être dans ce monde-là, c’est dommage d’en sortir.

Maradona est décédé mercredi. Avez-vous eu l’occasion de le rencontrer ?

Oui, il était venu à Marseille retrouver des internationaux argentins, donc j’avais eu la chance de le rencontrer. Bien sûr, pour ceux de ma génération, c’est un joueur avec lequel on a grandi. C’était un génie du foot. C’est quelqu’un qui a été touché par la grâce de Dieu de par ses qualités et je pense qu’il nous a tous fait rêver. Il déchaînait les passions et il a été l’une des raisons pour laquelle des millions de jeunes garçons ont voulu jouer au football donc rien que pour ça, c’était un personnage extraordinaire.