Racing Club de Strasbourg : Ouverture du procès en appel des anciens dirigeants Patrick Proisy et Claude Le Roy

PROCES Le procès en appel de deux anciens dirigeants du Racing Club de Strasbourg, Patrick Prosiy et Claude Le Roy, s’ouvre ce mardi à Colmar. C’est la suite de l’affaire des transferts frauduleux jugée en 2016

Angélique Férat

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Le procès des anciens dirigeants du Racing se tiendra toute la semaine à Colmar
Le procès des anciens dirigeants du Racing se tiendra toute la semaine à Colmar — G. VARELA / 20 MINUTES
  • Début ce mardi du procès en appel des anciens dirigeants du Racing club de Strasbourg impliqués dans des transferts de joueurs frauduleux.
  • Patrick Proisy, l’ancien président du Racing, avait été condamné à dix mois de prison avec sursis et 25.000 euros d’amende en première instance. Claude Le Roy, l’ancien manager, n’avait reçu qu’une amende de 10.000 euros.
  • L’enquête avait établi une série de fausses factures lors de transferts de joueurs pour rétrocéder des commissions occultes vers des comptes à l’étranger.

Le procès en appel des anciens dirigeants du Racing club de Strasbourg se tient toute cette semaine devant la cour d’appel de Colmar. Claude Le Roy, l’ancien manager général du club entre 1998 et 2000 et Patrick Proisy, l’ancien président du club et ancien dirigeant de IMG-McCormack France entre 1997 et 2003 sont à nouveau sur les bancs des accusés. Les deux hommes ont été condamnés en première instance en 2016.

On repart avec les mêmes protagonistes à qui la justice reproche un mélange des genres lors de transferts de joueurs. A savoir surfacturations et rétro commissions, faux et usages de faux. L’enquête a mis au jour de fausses factures émises pour permettre à la branche britannique d’IMG de toucher des commissions sur les transferts de joueurs, au détriment des comptes du Racing club de Strasbourg. Or un propriétaire de club ne peut selon la loi française être en même temps agent de joueur. Parmi les transferts en cause, celui de l’attaquant Peggy Luyindula à l’Olympique lyonnais en 2001, pour 58 millions de francs, plus un bonus de 11 millions.

En première instance, le procureur avait fait le procès du foot bling-bling: « On est dans un petit monde d’ultra-privilégiés brassant des centaines de milliers de francs. On est grisé, on en oublie qu’il y a un cadre », avait déploré Sébastien Hauger dans ses réquisitions. Mais à l’issue du premier procès, les deux accusés n’avaient écopé que d’amendes ou de peine de prison avec sursis. Le parquet a donc fait appel. Les deux accusés ont également fait appel.

« Le club va bien aujourd’hui, c’est l’essentiel »

L’ancien président du club a été le plus sévèrement condamné avec une peine de dix mois de prison avec sursis et 25.000 euros d’amende. L’ancien manager du club, Claude Le Roy a écopé, lui, de 15.000 euros d’amende. Il déclarait à l’issue de son procès à la presse togolaise, dont il coachait l’équipe nationale, sa satisfaction d’échapper à une peine de prison. « On s’est rendu compte que je m’étais fait piéger. » L’ancien manager charge, vous l’aurez compris, son ancien supérieur. Aujourd’hui, les deux hommes ne se parlent plus.

Ce procès, c’est aussi le procès des années McCormack (1997-2003). Des années où le club stagne, plombé par les querelles internes et où l’argent finit par manquer. En 2003, le club est descendu en D2 et est au bord de la faillite avec 12 millions d’euros de déficit. Le président du club des supporters « Allez Racing », Thomas Trur veut oublier cette période de l’histoire du club : « On ne veut plus à Strasbourg de ces investisseurs étrangers. Cette histoire a plombé le club pendant plusieurs années. On ne veut plus parler que de l’aspect sportif. Le club va bien aujourd’hui, c’est l’essentiel. »