Municipales 2020 à Paris : Jeux olympiques, infrastructures du quotidien… Le sport, un des enjeux des élections

POLITIQUE (5/7) Que ce soit sur les Jeux olympiques de 2024 ou les infrastructures sportives du quotidien dans la capitale, le sport est une des clés du scrutin dans la bataille des municipales à Paris

Romain Lescurieux

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La candidature de Paris à l'organisation des Jeux olympiques de 2024 a connu un moment important avec les journées olympiquées, les 23 et 24 juin 2017.
La candidature de Paris à l'organisation des Jeux olympiques de 2024 a connu un moment important avec les journées olympiquées, les 23 et 24 juin 2017. — Stephane Allaman/SIPA
  • L’offre sportive a augmenté de 11,5 % en six ans dans la capitale, selon la mairie.
  • Des candidats veulent aller plus loin en offrant davantage d’équipements sportifs aux Parisiennes et Parisiens.
  • A l’occasion de la bataille municipale, la question des Jeux olympiques 2024 revient aussi sur le tapis.

« Toute la cohérence de mon projet est incarnée dans la ville du quart d’heure. C’est une ville où, à 15 minutes de chez soi, il est possible d’apprendre, de faire faire du sport, de se soigner, de bien manger, de se cultiver » lançait sur scène le 6 février dernier Anne Hidalgo, la maire sortante et candidate à un nouveau mandat. Et pour cause, le sport est un argument fort dans la bataille des municipales.

Que ce soit sur des performances sportives ou sur les infrastructures du quotidien dans la capitale, de nombreux candidats surfent sur le sport. Ils se rapprochent parfois aussi de sportifs et n’hésitent pas à rappeler leur « amour » pour le PSG. Surtout le ou la grand gagnante du scrutin sera le ou la maire des Jeux olympiques 2024. Ou pas ?

Le débat des J.O relancé ?

« Pour la question des Jeux olympiques, il serait pertinent de faire un référendum a minima francilien », indiquait à 20 Minutes en octobre dernier, Danielle Simonnet, candidate « Décidons Paris » (soutenue par la France Insoumise) et en binôme avec l’ex-footballeur Vikash Dhorasoo qui a d’ailleurs entamé son engagement politique à Paris en défendant le petit city-stade du square Burq, dans le 18e. Selon Danielle Simonnet, les J.O sont « un événement trop coûteux et une aberration écologique ». « Il y a un déni démocratique sur les Jeux olympiques. Anne Hidalgo était contre au moment de son élection en 2014. Puis elle a retourné sa veste, sans aucune consultation du peuple », a expliqué ensuite Danielle Simonnet sur BFM. Et de poursuivre : « Il faut organiser un référendum comme la ville de Denver, aux Etats-Unis, qui l’avait fait en 1972 et avait obtenu l’annulation des Jeux quatre ans avant leur tenue ». Aucun autre candidat ne remet en question les Jeux de 2024.

Les Verts, eux, souhaitent un audit. « Nous ferons un audit sur les impacts environnementaux, sociaux, et budgétaires des Jeux olympiques à Paris quand nous serons élus. Je m’engage à faire en sorte que ces Jeux aient le moins d’impact sur la vie des Parisiennes et Parisiens », a indiqué David Belliard (EELV) au micro de France info, début février. Quid des infrastructures ?

Un milliard d’investissement

Pour les Jeux olympiques, Paris possède 95 % des infrastructures nécessaires à l’organisation des JO. Et ce fut d’ailleurs l’un des arguments majeurs de la campagne olympique. Mais Paris mise aussi beaucoup sur la Seine-Saint-Denis qui devrait être le premier bénéficiaire de cet événement. « Les Jeux olympiques seraient un accélérateur de transformations pour la Seine-Saint-Denis », déclarait en 2016 auprès de 20 Minutes, Stéphane Troussel, président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. A Paris, la Ville va construire une nouvelle Arena de 8.000 places pour recevoir les épreuves de badminton (Jeux Olympiques) d’escrime-fauteuil et de para-badminton (Jeux Paralympiques), au cœur du quartier populaire de la Porte de la Chapelle (18e arrondissement). Concernant les infrastructures du quotidien la capitale avance aussi.

Selon la mairie de Paris, c’est près d’un milliard d’investissement et 44 équipements majeurs (gymnases et piscines) qui auront été créés depuis 2001, permettant aux Parisiens de bénéficier de nouveaux terrains, gymnases, salles de danse ou piscines. Quinze nouveaux gymnases ont notamment vu le jour entre 2014 et 2020. A cette date, la capitale compte 743 m² de surfaces de gymnases et de salles de sport pour 10.000 habitants contre 590 m² en 2001, 613 m² en 2008 et 666 m² en 2014. Soit une offre sportive en hausse de 11,5 % en six ans correspondant à près de 3.000 heures de sport supplémentaires par semaine pour les Parisiens, calcule la ville. Mais pour certains candidats, il faut aller plus loin.

« Il est très compliqué de faire du sport à Paris »

« Paris est doté des plus grands clubs sportifs, des plus grands équipements sportifs, pourtant il est très compliqué de faire du sport à Paris ou de faire faire du sport à nos enfants. Je ne parle même pas des plus âgés pour se maintenir en forme. Tout espace qui se libérera à Paris sera un emplacement pour un équipement sportif. Si je suis maire de Paris, dans tous ces équipements sportifs, je donnerai la priorité pour l’apprentissage du sport », promet Rachida Dati la candidate LR, dans son programme.

Enfin du côté, d’Agnès Buzyn (LREM) les propositions concernant le sport se concentrent sur quatre axes. « Nous améliorerons la qualité de l’air dans les équipements sportifs et encouragerons le sport éco-responsable », « nous augmenterons les ouvertures de créneaux tôt le matin et tard le soir dans les équipements sportifs de la Ville de Paris », « nous reconvertirons la petite ceinture en un parcours sportif en pratique libre » et « nous ferons du sport un vecteur de lien social au sein des 240 quartiers de Paris ».