OL - Leipzig : « Désabusés », les supporters lyonnais ne s’attendent pas à « une ambiance des grands soirs »

FOOTBALL L’Olympique lyonnais joue sa qualification en 8e de finale de Ligue des champions face au club allemand, ce mardi, au Parc OL

Manuel Pavard, avec J.Lau

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Les supporters de Benfica au Parc OL, le 5 novembre 2019, en phase de groupes de la Ligue des champions.
Les supporters de Benfica au Parc OL, le 5 novembre 2019, en phase de groupes de la Ligue des champions. — Philippe Desmazes / AFP
  • L'OL tentera de décrocher sa qualification en 8e de finale de la Ligue des champions ce mardi face au RB Leipzig, au Parc OL.
  • Si les Lyonnais auront grand besoin du soutien de leurs supporters, ceux-ci semblent désabusés et ne s'attendent pas forcément à une chaude ambiance au Parc OL.
  • Une cassure existe depuis plusieurs semaines entre l'OL et ses supporters, qui critiquent pêle-mêle le jeu de l'équipe, le choix de Rudi Garcia, le manque d'ambition sportive du club et le comportement de certains joueurs.

C’est un match à quitte ou double que va disputer l’Olympique Lyonnais ce mardi soir, au Parc OL, face au RB Leipzig, en clôture de la phase de groupes de Ligue des champions. Troisièmes avant cette dernière journée, les hommes de Rudi Garcia peuvent encore finir à toutes les places possibles selon le résultat. Une victoire serait ainsi synonyme de première place tandis qu’une défaite, conjuguée à un succès de Benfica face au Zénith, condamnerait l’OL au bonnet d’âne, l’éliminant de toute compétition européenne.

Un dénouement incertain, une belle affiche face à une formation allemande, actuelle 2e de Bundesliga, réputée joueuse, un ticket pour les 8es de finale de LDC en ligne de mire... A priori, tout semble réuni pour donner au Parc OL des allures de Bombonera ou de San Paolo. Pourtant, à en croire les supporters lyonnais, un tel scénario semble peu probable.

La cassure entre ces derniers et l’équipe rhodanienne semble en effet bien réelle, à l'image de la situation de Traoré et Marcelo, pris en grippe par le virage nord. Et à quelques heures de ce rendez-vous crucial, on ne hume pas vraiment le parfum des grandes soirées européennes dans la capitale des Gaules.

« Tout le monde est blasé et désabusé »

Avec un jeu et des résultats en berne, un entraîneur, Rudi Garcia, mal accepté - et régulièrement sifflé à domicile - et des joueurs dont le comportement agace, les raisons à ce désamour ne manquent pas. « Tout le monde est un peu blasé et désabusé », souligne Frédéric, ultra fréquentant le virage sud. « On ne se reconnaît pas vraiment dans cette équipe et Rudi Garcia ne fait pas l’unanimité. Et puis, à part l’aller à Leipzig et une ou deux rencontres de championnat, on n’a eu quasiment que des matchs déprimants. »

Pour ce match couperet, Frédéric pense les supporters lyonnais capables d’encourager leur équipe et de mettre leur rancœur entre parenthèses pendant 90 minutes. Mais, prévient-il, « ça peut très vite retomber ». Des propos que valide Jean-Pierre, abonné au virage nord : « Ça reste la Ligue des champions donc il y a toujours une atmosphère particulière. Mais la relation avec les joueurs se dégrade de match en match. A Nîmes, ils sont partis directement au vestiaire après le match par solidarité avec Marcelo. »

« Je ne suis pas sûr qu’il y ait une ambiance des grands soirs »

Jean-Pierre confirme aussi ce faible engouement pour la réception de Leipzig. « On espère continuer en Coupe d'Europe mais ça n'est pas la grande ferveur », estime-t-il. « Je ne suis pas sûr du tout qu'il y ait une ambiance des grands soirs, même dans le virage nord. S'il y a 3.000 ou 4.000 Allemands, ça peut changer la donne et nous motiver par fierté mais il est fort probable que ça soit une soirée insipide. »

Même topo de la part de Richard, habitué du virage sud, qui « ne ressent pas d'excitation particulière à cause du contexte et de cette trop grosse distance entre les joueurs et [eux] ». Preuve de ce manque de folie, les ultras de Lyon 1950 ne prévoient aucune animation particulière pour ce rendez-vous européen. « On ne parle pas énormément de ce match entre nous, ça reste une compétition qu'on débute en sachant qu'on ne peut pas aller au bout », ajoute Richard, comme si les supporters avaient déjà tiré un trait sur cette saison.

Séville 2016, le contre-exemple

« On n’attend pas grand chose de cette équipe, abonde Frédéric. Pourtant, on avait un groupe assez faible pour la Ligue des champions. J’étais à Saint-Pétersbourg, le Zénith, ce n’était pas terrible mais nous, on était encore plus mauvais. Benfica idem, c’était très faible. » Même une troisième place, qui reverserait l’OL en Ligue Europa, ne rassurerait pas l’ultra lyonnais : « On a l’impression que cette équipe est tellement dénuée de tripes qu’elle n’arriverait pas non plus à faire un beau parcours en Ligue Europa. »

Memphis Depay et ses coéquipiers ont en tout cas un bel exemple à ne pas rééditer. Il y a trois ans, l’OL se trouvait ainsi dans la même situation en accueillant le FC Séville lors du dernier match de la phase de groupes. Contraints de s’imposer par au moins deux buts d’écart pour rallier les 8es de finale, les Gones avaient pondu un 0-0 insipide, devant un public éteint et dépité.

« J’ai souvenir d’un match qui n’avait jamais décollé, se rappelle Frédéric. Je m’attends un peu à la même chose cette année car on a encore moins de joueurs capables d’emballer un match. »

« Si on se qualifie, ça fera bien ch… les gens à Saint-Étienne, Marseille et Paris »

Jean-Pierre, lui, est encore plus pessimiste. « Ça peut être encore pire que contre Séville vu notre début de saison, vu que l'affiche n'est pas dingue et vu le coach qu'ils nous ont flanqué. Que Timo Werner se rassure, ce n'est pas demain qu'il sortira pour des acouphènes », ironise-t-il, en référence à l’attaquant du RB Leipzig, sorti prématurément de la pelouse de Besiktas lors d'un match de C1, il y a deux ans, incommodé par le bruit assourdissant des supporters turcs.

Si la morosité domine, Richard veut néanmoins conclure sur une petite note d’espoir. « Comme il n'y a pas beaucoup de moments hyper positifs, je pense qu'il y aura une ambiance un peu plus forte que d'habitude, espère-t-il. Et si on se qualifie, ça fera bien ch… les gens à Saint-Étienne, Marseille et Paris, c'est ça qui me motive le plus. » À défaut de faire rêver ses supporters, l’OL peut au moins raviver la bonne vieille rivalité franco-française.