OL-PSG: «Lyon est toujours présent sur les matchs à pression»… Y a-t-il (enfin) du suspense en D1 féminine?

FOOTBALL FEMININ Habitué à tranquillement gérer ses fins de saison, l’OL va disputer une véritable finale du championnat samedi (20h45) face à un PSG décomplexé et à égalité au classement  

Jérémy Laugier
— 
Amel Majri, ici au duel avec la Parisienne Grace Geyoro lors du match aller (1-1) en D1, en novembre au stade Jean-Bouin.
Amel Majri, ici au duel avec la Parisienne Grace Geyoro lors du match aller (1-1) en D1, en novembre au stade Jean-Bouin. — FRANCK FIFE / AFP
  • Systématiquement vainqueur du championnat depuis 2007, le plus souvent avec une avance confortable, l’OL est cette fois à égalité avec le PSG, à trois journées de la fin.
  • Le match de samedi (20h45) entre Lyonnaises et Parisiennes va donc évidemment être décisif dans la quête du titre en D1. L’OL aura besoin d’un nul pour filer vers un 13e sacre consécutif.
  • Même si l’écart semble se resserrer entre les deux gros morceaux du championnat, Patrice Lair, Camille Abily et Elodie Thomis confient à 20 Minutes pourquoi ils n’imaginent pas la fin de l’hégémonie lyonnaise samedi.

Après 12 sacres de rang de l’OL avec un écart moyen de plus de sept points sur son dauphin, le suspense s’est invité en D1 féminine cette saison. En cas de succès samedi (20h45) à Décines, à trois journées de la fin, les Parisiennes s’empareraient de la place de leader et seraient à deux succès d’un premier titre de championne de France. Comment le PSG, qui avait notamment échoué à 14 points de l’OL en 2011 et en 2017, puis encore à 8 longueurs la saison passée, est-il en position de rompre (enfin) l’hégémonie lyonnaise au sommet de la D1 ?

« Lyon est dans sa moyenne de points habituelle [17 victoires et 2 nuls, comme Paris, mais avec un bien meilleur goal-average], constate Camille Abily, qui a arrêté sa carrière de joueuse en fin de saison dernière. C’est vraiment le PSG qui est devenu plus régulier en suivant ce rythme. Après, c’est sûr qu’il y a eu le nul à Fleury qui n’est pas dans les habitudes du club. »

Un faux pas « plus que gênant » en D1 à Fleury

Quatre jours après une éclatante qualification dans le dernier carré de la Ligue des champions à Wolfsburg (2-4), l'OL a en effet lâché deux points inattendus (1-1), le 31 mars, chez le 6e de la D1. Une contre-performance face à une équipe hors Top 4 qui n’était pas arrivée aux Lyonnaises depuis… novembre 2009 à Hénin-Beaumont (3-1).

« Ce nul est plus que gênant et il donne un attrait supplémentaire à la rencontre de samedi, estime Patrice Lair, entraîneur de l’OL de 2010 à 2014 puis du PSG de 2016 à 2018. A quelques semaines d’une grande échéance comme une Coupe du monde en France, les filles peuvent peut-être se préserver un peu sur ce genre de matchs. »

« Je ne vois pas comment l’OL pourrait passer au travers »

Pour autant, celui-ci n’imagine pas voir la bande à Wendie Renard se manquer sur cette « finale » du championnat dans un Parc OL qui devrait approcher les 20.000 spectateurs: « Si Lyon joue sur sa valeur, il n’y aura pas photo. Même s’il faut faire attention aux jeunes Parisiennes, notamment Kadidiatou Diani et Marie-Antoinette Katoto, je ne vois pas comment l’OL pourrait passer au travers. Cette équipe est selon moi intouchable, elle n’a pas de faiblesse ».

Archi-favorites dans la quête d’un quatrième succès de rang en Ligue des champions (demi-finale aller le 21 avril face à Chelsea), les Lyonnaises affichent en effet une épatante régularité dans les moments chauds, comme lors de la double confrontation contre Wolfsburg (2-1 ; 2-4) ou pour le quart de finale de Coupe de France remporté en février face au PSG (1-0).

« Les dirigeants du PSG ne veulent pas mettre les moyens nécessaires »

« L’OL est toujours présent sur les matchs à pression, confirme l’ancienne attaquante du club Elodie Thomis. Les filles ont tellement l’habitude de disputer ces rendez-vous là. Mais ce choc pimente la fin de saison, c’est une très bonne chose. » Comme vient de le rappeler l’entraîneur parisien Olivier Echouafni, son groupe n’a que 24 ans de moyenne d’âge, malgré les 41 printemps de la Brésilienne Formiga, contre 28 ans côté lyonnais. Et les Sarah Bouhaddi, Wendie Renard, Amandine Henry, Eugénie Le Sommer, Ada Hegerberg et tant d’autres collectionnent les trophées. Dans le même temps, cette jeune génération parisienne ne compte à son palmarès qu’une Coupe de France arrachée il y a dix mois dans des conditions ubuesques contre Lyon (1-0).

Ce fossé entre les deux effectifs va-t-il se réduire progressivement alors qu’Amel Majri pourrait bien se retrouver sur le marché des transferts? « Les dirigeants du PSG n’ont pas souhaité faire l’effort en 2017 lorsque j’insistais pour récupérer Amandine Henry, confie Patrice Lair, alors coach du club de la capitale. Ils ne veulent pas mettre les moyens nécessaires pour recruter de telles joueuses. Il existe encore un gap qu’ils ne franchiront pas au niveau du salaire pour faire venir une joueuse comme Amel Majri. C’est aussi pour ça que Lyon reste largement sur le toit du monde. »