Championnats d’Europe de natation : Le relais français « Intervilles », une valeur sûre à deux ans des JO ?
divertissement•Le relais mixte français du 4x100 m 4 nages a décroché l’or au terme d’une course palpitante marquée par le record d’Europe de Mary-Ambre Moluh et la folle remontée de Maxime GroussetWilliam Pereira
L'essentiel
- La France a remporté l’or au relais mixte 4x100 m 4 nages aux championnats d’Europe de natation à Paris, mardi soir.
- Mary-Ambre Moluh a battu le record d’Europe du 100 m dos tandis que Maxime Grousset a réalisé une remontée spectaculaire en comblant six secondes de retard pour rattraper six nageuses.
- En confiance grâce à ce succès, l’équipe vise désormais à progresser d’ici les JO de Los Angeles 2028.
Le relais mixte du 4x100 m 4 nages a beaucoup de qualités, la première étant d’avoir donné à la France sa première médaille d’or des championnats d’Europe de natation à Paris, mais aussi un défaut majeur : il ne valorise pas la performance des nageuses. Prenez Mary-Ambre Moluh. La dossiste et première relayeuse tricolore lors de la finale de mardi a claqué ni plus ni moins que le record d’Europe sur son 100 m, mais, comme elle était partie face à six nageurs, elle a refilé le bébé à Carl Aitkaci à l’avant-dernière position. Performance majuscule, impression minuscule.
Nager avec des gars cinq secondes plus rapides dans une eau agitée par leurs mouvements puissants, Moluh s’y était préparée toute la journée, non sans appréhension. « J’y ai pensé un peu toute la journée, je ne vais pas mentir. Je me suis dit, "oula, je vais avoir l’air un petit peu ridicule''. Mais je me suis aussi dit que j’allais essayer de faire ma propre course. C’est vrai que j’ai eu un petit peu de remous au niveau du virage, à l’arrivée. Le reste de la course, ça allait plutôt bien. »
La remontada dingo de Maxime Grousset
Récupérer les lauriers après coup est un moindre mal quand la récompense est une médaille d’or européenne. Car il s’avère que la stratégie gagnante, mardi soir, était celle qui consistait à ouvrir et conclure le bal avec une nageuse : les Pays-Bas, seule autre nation à avoir fait ce pari, a terminé deuxième.
Gare toutefois à ne pas surinterpréter la dimension tactique d’une épreuve où les compositions d’équipes se font aussi et surtout en fonction des talents à disposition et des agendas respectifs. Si Maxime Grousset n’avait pas abdiqué du 100 m nage libre dans la matinée, vous auriez eu beau réfléchir à une stratégie révolutionnaire pour rentrer dans le crâne des adversaires, le compte n’y serait pas. A la fin, ça reste de la natation : il faut pouvoir nager plus vite que les autres, et avoir une ou un leader au-dessus de la mêlée ça aide.
Venons-en donc à Maxime Grousset. Lancé par Carl Aitkaci, lequel s’était chargé de limiter la casse, pour ne pas dire poliment qu’il a perdu près d’une seconde sur son relais, le double champion du monde sur 50 et 100 m papillon s’est engagé dans une poursuite spectaculaire derrière six nageuses et autant de secondes de retard à remonter. Le Pogi challenge version natation, sauf qu’à la fin, le chasseur termine vainqueur.
Une démonstration de force sans calcul, 100 % pur bourrinage en règle avec une seule idée directrice : repasser devant, faire le break et mettre sur orbite Marie Wattel pour le dernier aller-retour. « Je suis resté dans le mode jeu, plaisantait Grousset en zone mixte. J’étais en mode, ''il faut que je rattrape le plus de filles possible''. Donc, ce n’était pas évident, mais c’était vraiment chouette. » Et surtout, ça a marché pour les Bleus.
« Progresser sur les parties non-nagées » jusqu’à LA 2028
Maxime Grousset a par ailleurs bien fait d’offrir à sa coéquipière un matelas de trois secondes d’avance, sans quoi l’issue eut été moins heureuse. Derrière Wattel, la fusée néerlandaise Marit Steenberg a réussi à combler deux tiers de son retard sur la Française, soulagée sur la ligne d’arrivée.
« Je savais très bien ce qu’elle [la Néerlandaise] allait faire. Elle ne m’a pas déçue. 50.8, c’est incroyable. Je me suis entraînée avec des garçons qui nagent moins vite que ça. Je n’ai rien lâché. Je n’ai pas laissé un centième parce que je sais que c’est une grande championne et qu’elle se nourrit de ces moments-là. »
Après le bronze sur 4x100 m nage libre aux championnats du monde de Singapour, le relais mixte français continue de se mettre en confiance à deux ans des JO de Los Angeles 2028. « Je pense qu’on a encore deux ans pour encore progresser sur des parties non nagées, des prises de relais, analyse Car Aitkaci. Et faire encore meilleur à Los Angeles. » Le rendez-vous est pris.



















