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RUGBYComment coller un +21 aux Ecossais ? Mode d’emploi avec les Bleus de 2007

XV de France : Comment coller un +21 points aux Ecossais ? Mode d’emploi avec les Bleus de 2007

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Comme leurs aînés lors du Tournoi des VI Nations 2007, les Bleus vont devoir coller plus de 20 points à l’Ecosse pour rêver d’une victoire finale au classement
Il avait fallu attendre le dernier essai (accordé après vidéo) à la 80e minute pour voir le XV s'imposer face à l'Ecosse en 2007.
Il avait fallu attendre le dernier essai (accordé après vidéo) à la 80e minute pour voir le XV s'imposer face à l'Ecosse en 2007.  - JACK GUEZ / AFP / AFP
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Le XV de France affronte l’Ecosse, vendredi soir au Stade de France, pour le dernier match du Tournoi des VI Nations.
  • Pour soulever le trophée, ceux-ci devront marquer quatre essais pour récupérer le bonus offensif et au moins 21 points de plus que le XV du Chardon.
  • En 2007, les Bleus avaient réussi ce pari fou. Ils donnent aujourd’hui leur recette pour atteindre l’exploit.

Au risque de se mettre à dos les étudiants d’HEC qui se sont fait tatouer le vieil adage « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait » sur l’avant-bras, ce n’est pas vers cette ode à l’espoir infini que le XV de France devra se raccrocher pour aller chercher la victoire dans le Tournoi des VI Nations vendredi. Car si la bande à Galthié va effectivement devoir réaliser l’impossible – ou le très difficile –, à savoir marquer quatre essais (synonyme de bonus offensif) et s’imposer par au moins 21 points d’écart face aux Ecossais, ils pourront s’appuyer sur leurs aînés qui, treize ans plus tôt, dans ce même Stade de France, s’étaient retrouvés dans une configuration similaire à devoir coller une peignée au XV du Chardon pour soulever le trophée.

A deux, trois détails près tout de même, car à l’époque trois équipes étaient dans la course pour la victoire finale et, surtout, les trois jouaient le même jour. Ils n’avaient donc pas eu, comme c’est le cas pour les Bleus depuis la fin du match face aux Gallois, à cogiter bien longtemps. Vincent Clerc se souvient : « On avait vu vite fait la fin du match des Irlandais, on savait donc qu’on devait s’imposer par 24 points d’écart contre les Ecossais mais on n’avait pas eu le temps de ressasser. On s’est juste dit : « Ok, feu ! ». »

Capitaine des Bleus en 2007, Raphaël Ibañez pourra donner quelques conseils à ses joueurs vendredi.
Capitaine des Bleus en 2007, Raphaël Ibañez pourra donner quelques conseils à ses joueurs vendredi.  - DAMIEN MEYER / AFP

Conseil n°1 : ne pas se précipiter, construire le succès pas à pas

Comme ils nous l’ont dit en conférence de presse toute la semaine, les Bleus vont tout faire pour ne pas aborder cette rencontre avec l’obsession du +21 en tête. « On se concentre sur la victoire, on sait qu’il faudra marquer beaucoup mais on ne peut pas préparer un match en se disant "il faut gagner par 21 points ou plus", avance Gaël Fickou. Il faut d’abord s’attacher à gagner et après, en fonction du scénario, on ira chercher ce qu’on pourra au fil du match. » Une volonté louable, nous dit Vincent Clerc, mais l’ancien ailier n’est pas dupe : « C’est la bonne mentalité bien sûr, mais au final ils ne pourront pas faire autrement que d’y penser, c’est impossible d’y faire totalement abstraction. »

A défaut de jouer les amnésiques, l’ancien Toulousain leur conseille d’abord de « ne pas surjouer, ou déjouer. » Car en face, aux dires d’Imanol Harinordoquy, ce n’est pas la même équipe d’Ecosse qu’à l’époque. « Ils vont jouer une équipe d’Ecosse très performante et dont on ne parle pas beaucoup je trouve. Ça ne va vraiment pas être une mince affaire. Contrairement à 2007, ils vont vraiment jouer ce match pour le gagner car ils peuvent encore terminer deuxième du tournoi, ce qui ne leur est pas arrivé depuis plus de 20 ans, je crois. Il y aura une équipe qui ne sera pas là pour jouer pour l’honneur et qui aura quelques atouts à faire valoir. »

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« On sait qu’on va avoir en face de nous la meilleure défense du tournoi », rappelait mardi l’entraîneur des arrières Laurent Labit. Il est vrai que, sur le papier, le cocktail « meilleure défense + obligations de marquer un paquet de points » a quand même des airs de gros traquenards. C’est pourquoi les anciens insistent bien sur la nécessité de rester calme, et ce quel que soit le scénario de la rencontre.

« Il faudra vraiment les contenir et construire la victoire pas à pas, prendre de l’avance au score, même si c’est par des points au pied, annonce Vincent Clerc. Avant, ensuite, de se tourner vers une stratégie plus tournée vers le goal-average. Mais il ne faut pas se tromper d’objectif d’entrée et se retrouver à paniquer si on ne marque pas d’essai tout de suite. Peut-être que ce tournoi va se jouer dans les vingt dernières minutes. » En cela, la fin de match loca loca face aux Gallois devrait leur servir. « Tout à fait, ils ont vu qu’ils étaient capables en très peu de temps de marquer beaucoup de points et de renverser la partie sur le fil, c’est pas inintéressant d’avoir ça à l’esprit vendredi soir », appuie l’ancien tricolore.

Conseil n°2 : Eviter de faire le même début de match que les anciens

Si l’histoire de ce France-Ecosse 2007 ne devait leur apprendre qu’une seule chose, ce serait de ne surtout pas faire comme les Bleus de l’époque, qui s’était tiré un missile dans les pompes en tout début de match. « Il va surtout falloir éviter de prendre beaucoup d’essais, et donc de beaucoup travailler la défense pour être performant. Ce qu’on avait moyennement réussi à faire à l’époque puisqu’on a pris un essai d’entrée et de -24 on s’est retrouvé à -31 ! Mais on l’a quand même fait [sur un essai validé par la vidéo à la 80e minute de jeu], ça prouve aussi que tout est possible et qu’il ne faudra rien lâcher jusqu’au bout. »

Pour s’éviter les mêmes suées, ne faudrait-il pas alors remettre au placard le temps d’un match le fameux jeu de dépossession cher à Fabien Galthié, histoire d’avoir la main sur le jeu le plus longtemps possible ? Sur ce point, le staff n’est pas forcément de notre avis. « On restera sur les principes qui sont les nôtres, prévient Laurent Labit. Il ne sera pas question de porter le ballon et d’attaquer n’importe comment. On sait qu’on a en face de nous la meilleure défense du tournoi. Il faudra faire les choses dans l’ordre. Après, concernant le jeu de dépossession, on n’a pas jamais demandé à nos joueurs de se débarrasser du ballon et d’attendre que les bons moments pour jouer. Il ne faudra juste pas surjouer parce qu’on sait que l’Ecosse est capable d’exceller sur les ballons de récupérations. »

En 2007, les Bleus étaient revenus fêter leur victoire dans les 6 Nations dans un stade de France vidés de ses supporters depuis des heures.
En 2007, les Bleus étaient revenus fêter leur victoire dans les 6 Nations dans un stade de France vidés de ses supporters depuis des heures.  - DAMIEN MEYER / AFP

« Je trouve que ça a déjà été le cas la semaine dernière, rectifie Clerc. Ils savaient qu’ils avaient besoin de marquer quatre essais contre les Gallois et on les a vus beaucoup moins dans la dépossession, ils ont eu le ballon, ils sont rentrés quatre fois dans l’en-but sans que les essais ne soient accordés. Il faudra peut-être accentuer encore plus le trait, mais il faudra surtout revoir la copie en défense. Offensivement, bon, on sait ce qu’est capable de faire cette équipe donc si elle résout ses problèmes derrière, je pense qu’elle est capable de créer l’exploit. »


Notre dossier sur le XV de France

A la différence de 2007, au moins, les Bleus n’auront pas à attendre le résultat de leur adversaire pour le titre puisque les Gallois ont déjà joué tous leurs matchs. « Je me souviens, on avait bu des bières dans les vestiaires en regardant le match de l’Angleterre, rembobine Harinordoquy avec nostalgie. Finalement on était ressorti avec le trophée sur le terrain sauf qu’il n’y avait plus personne dans le stade pour fêter la victoire avec nous (rires) ! ». Comme vendredi, en gros. Il y a des signes qui ne trompent pas.

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