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Pourquoi il y a un petit bout de France dans la 2e médaille d’or de Biles

JO 2024 – Gymnastique : Coachs, chorégraphe et amitié… Dans la médaille d’or de Simone Biles, un petit bout de France

Queen BSimone Biles s’est imposée avec classe sur le concours général de gymnastique artistique des Jeux olympiques de Paris 2024. Depuis plusieurs années, l’Américaine a tissé de nombreux liens avec la France
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Simone Biles a remporté jeudi soir le concours général de gymnastique artistique des JO de Paris 2024.
  • Revenue de loin, l’Américaine a pu compter sur des influences françaises pour aller chercher son deuxième titre olympique à Paris.
  • En dehors de ses entraîneurs, Laurant et Cécile Landi, Biles a également pu compter sur le chorégraphe Grégory Milan, et est devenue amie avec Mélanie de Jesus Dos Santos

A l’Arena Bercy,

Voilà quelques minutes que Simone Biles vient de boucler son concours complet par un récital au sol. Soudain, un grondement vient signaler la fin du faux suspense. La dernière note de l’Américaine est tombée, l’or du concours général lui appartient et sa victoire, par plus d’un point sur la Brésilienne Rebeca Andrade ne souffre d’aucune contestation. Toute de suite, Biles et sa compatriote en bronze, Sunisa Lee, paradent au milieu de la salle portant de bout en bout un grand drapeau des Etats-Unis devant une foule truffée d’Américains. L’Arena Bercy un soir de Jeux olympiques à Paris ou de festivités du 4 juillet, on ne sait plus trop. Pour une fois, c’est dans ce sens. Ces dernières années, la France s’était beaucoup invitée dans la vie de Simone Biles.

Tout a commencé en 2017, avec les époux Landi, Cécile et Laurent. L’histoire est connue : après son sacre à Rio, Biles se sépare d’Aimee Boorman, sa coach de toujours, sa « deuxième maman ». Elle cherche à raviver une flamme au bord de l’extinction et un nouvel entraîneur pour l’aider dans sa quête. Elle finit par passer un entretien avec les deux Français, installés au Texas depuis plusieurs années, ça prend tout de suite.

Avec les Français, bienveillance et écoute active

Alors qu’elle songe déjà à raccrocher, Laurent Landi lui lance un défi : tenir jusqu’à Paris. « J’avais répondu qu’ils étaient complètement fous, se marrait-elle dans un entretien accordé à L’Equipe. Exactement comme quand ils me proposent d’essayer de nouveaux éléments… »

Les Landi ont pour eux d’avoir su ramener l’Américaine à la vie une seconde fois, sans doute la plus dure, après l’échec de Tokyo. Les twisties, les auditions devant le Congrès, l’affaire Nassar, la dépression, la pause à rallonge, tout a pesé lourd comme le monde sur les épaules de la jeune gymnaste. Les Français n’ont jamais brusqué les choses, comme le confiait la double médaillée d’or à Paris.

« J’ai recommencé à aller au gymnase. Je passais, je riais avec les filles, je faisais deux ou trois trucs. Et je pouvais rester absente plusieurs jours avant de remettre les pieds à la salle. […] Cécile et Laurent ont accepté mes allers-retours dans la salle. Ils m’ont donné du temps, m’ont permis d’amorcer une dynamique différente pour grandir. Dès le début, notre relation a été basée sur la communication et la confiance. Ouverte, respectueuse et honnête. » »

L’écoute active a toujours été le fort du couple d’entraîneurs. « Nous avons dû nous adapter à Simone, sinon nous l’aurions brisée », confiera Laurent à l’agence AP. Ils l’ont finalement aidée à se reconstruire. De passage derrière les barrières de la zone mixte de Bercy, un membre du staff américain souligne l’importance du sourire de Biles comme symbole de sa renaissance. « Elle est exactement comme avant. »

Des autres Français dans sa vie

Sur sa route vers Paris, l’Américaine croisera la route d’une autre française. Ou plutôt, c’est Mélanie de Jesus Dos Santos qui viendra à elle, au Texas. La Française a choisi les Etats-Unis, également en quête de renouveau. Très vite, ces deux-là nouent un lien fort, plutôt porté sur le rire, ce qui n’étonnera guère les personnes qui leur sont familières. « Elle est folle, plaisantait la Française avant les JO. En dehors des entraînements, elle est très drôle. En fait, elle est pareille à l’entraînement. Elle ne joue pas un rôle, elle ne se crée pas de personnage, elle est juste elle, et c’est ça que j’aime bien chez elle. Elle est nature peinture et c’est cool. Je suis amie avec Simone Biles, et c’est incroyable. »

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A force, elles finiront par partager plus que des bons moments. Simone Biles finira même par « voler » le chorégraphe de Mélanie de Jesus Dos Santos, ou pour faire plus long, le préparateur artistique corporel de l’équipe de gymnastique française, Grégory Milan. « Il était venu aux Etats-Unis pour faire ma choré, raconte la gymnaste tricolore. Avec Cécile et Laurent, ils ont envisagé qu’il fasse la choré [de Biles], parce que c’est à Paris et que ça allait apporter quelque chose de différent. Faire une choré avec un Français à Paris… Peut-être que c’est comme ça qu’ils ont fonctionné. Et puis il faut voir le talent que Grégory a ! » Sans vouloir offenser le Français, jeudi, c’est surtout le talent de Simone Biles qui nous a éblouis. Mais on retiendra, que grâce à lui et aux Landi, il y a dans cette médaille d’or plus qu’un bout de tour Eiffel : un bout de France.