JO 2024 – Boxe : Polémique après l’abandon de l’adversaire d’une boxeuse hyperandrogène
TESTOSTÉRONE•Après 46 secondes de combat, l’Italienne Angela Carini a jeté l’éponge face à la boxeuse algérienne Imane Khelif20 Minutes avec AFP
Il y avait eu la controverse autour de Caster Semenya, cette athlète sud-africaine qui avait été exclue des mondiaux en 2019 en raison d’un taux de testostérone trop élevé pour la Fédération internationale d’athlétisme. Ce jeudi aux JO de Paris, il a encore été question d’hyperandrogénie, cet excès d’androgènes ou d’hormones sexuelles masculines dans le sang d’une femme. Avec encore une polémique suite à l’abandon éclair de la boxeuse italienne Angela Carini face à l’Algérienne Imane Khelif, qui a été admise aux jeux après avoir été écartée d’une autre compétition pour avoir échoué à un test d’établissement son genre.
Après seulement 46 secondes de combat et un direct reçu en plein visage, la boxeuse italienne a levé le bras a et a indiqué à son camp qu’elle voulait arrêter. « Je suis montée sur le ring pour combattre, a déclaré l’Italienne, citée par l’agence Ansa. Je ne me suis pas rendue mais un coup de poing m’a fait trop mal et j’ai dit "ça suffit". Je ne suis personne pour juger ou prendre une décision, si cette femme est ici, il y a une raison ».
Un combat « pas sur un pied d’égalité », selon Meloni
Après sa victoire éclair, Imane Khelif, admise dans le tournoi par le CIO, a reçu un soutien unanime de son pays, souhaitant rester « concentrée sur son objectif de médaille olympique ». Mais les images de l’abandon ont déclenché une grosse controverse. Sur X, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a dénoncé « un combat qui n’était pas sur un pied d’égalité », ajoutant ne pas être « d’accord avec le CIO ».
Le débat s’est même invité dans la campagne présidentielle américaine, plusieurs responsables républicains désignant l’Algérienne comme un homme. « Vrai. Ou alors qu’elle le démente », a ainsi réagi le milliardaire Elon Musk, soutien de Donald Trump. Le combat de jeudi « est une parodie » et « ridiculise tous les sports olympiques », a aussi écrit la légende du tennis Martina Navratilova, qui répondait à un post de l’autrice J.K.Rowling, dont les prises de position sur les questions de genre sont controversées : « Expliquez pourquoi vous acceptez qu’un homme batte une femme en public pour votre divertissement. »
Imane Khelif reçoit le soutien du CIO
En mars 2023, l’IBA, la fédération internationale de boxe avait écarté la boxeuse algérienne des Mondiaux à New Delhi après qu’elle avait échoué à répondre aux tests d’éligibilité à une participation en catégorie féminine. Selon la fiche de la boxeuse algérienne fournie par le CIO, elle avait alors été disqualifiée en raison « de taux élevés de testostérone ». Faux, a rétorqué ce jeudi l’IBA qui dans un communiqué a expliqué que Khelif et la Taïwanaise Lin Yu-ting, qui est dans la même situation et doit combattre vendredi, « n’avaient pas été soumises à une analyse de la testostérone » mais à d’autres tests dont elle n’a pas précisé la nature.
Durant son combat, Khelif a reçu le soutien appuyé du public de l’Arena de Villepinte, avec des drapeaux algériens dans les tribunes. Le ministre algérien des Sports Abderrahmane Hammad a également condamné « avec la plus grande fermeté les attaques infondées de certains médias étrangers » contre la boxeuse, et « les lâches tentatives de ternir sa réputation », dans un message posté mercredi sur X.
Autre soutien de poids, celui du CIO. Tous les olympiens « respectent les règles d’éligibilité aux compétitions », a répété jeudi Mark Adams, porte-parole de l’organisation mondiale. Il est établi que toutes les boxeuses alignées aux Jeux olympiques « sont des femmes », a-t-il assuré sans donner de noms. « De nombreuses femmes peuvent avoir un taux de testostérone égal à celui des hommes, tout en étant des femmes », a-t-il affirmé.



















