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Lebrun en demie, ça annonce le ping comme sport roi de la rentrée

JO 2024 : Félix Lebrun en demie du ping-pong, faudra pas s’étonner quand ce sera le sport de la rentrée

hype totaleLe cadet des frangins Lebrun, premier représentant du tennis de table français à atteindre les demi-finales des Jeux olympiques depuis 1992, continue de dépoussiérer l’image de son sport
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Félix Lebrun s’est qualifié pour les demi-finales du tournoi de tennis de table ce jeudi en battant le Taïwanais Lin Yun-ju 4 sets à 3.
  • En rejoignant le dernier carré, dans une ambiance magnifique, le jeune joueur de 17 ans a réalisé ce qu’aucun Français n’avait réussi depuis Jean-Philippe Gatien en 1992.
  • Avec aussi son frère Alexis (20 ans), Félix profite bien de ces Jeux à la maison pour continuer à dépoussiérer l’image de son sport, qui fait l’objet d’un attrait nouveau

A l’Arena Paris Sud,

On ne sait pas bien ce qui est le plus fou, ce jeudi à l’Arena Paris Sud, après avoir vu Félix Lebrun remporter son quart de finale au terme d’un nouveau scénario à suspense. Est-ce le fait que le ping français soit désormais tout tout près de décrocher une médaille olympique en individuel, ce qui n’est plus arrivé depuis trente-deux ans et l’argent de Jean-Philippe Gatien à Barcelone ? Ou bien est-ce que ça ne soit même pas une surprise ?

Car le cadet des deux frangins a beau être numéro 5 mondial et tête de série numéro 3 sur ce tournoi, une partie de nous n’osait pas croire à la médaille il y a encore quelques jours. Certainement les années de frustration de notre jeunesse, à espérer en vain qu’un des successeurs de la génération dorée Gatien-Chila-Eloi-Legoût arrive à se faire une petite place au soleil dans les compétitions internationales. Mais ce surdoué qui a déboulé il y a maintenant trois ans dans le paysage a tout changé.

Félix Lebrun, 17 ans, est en train avec son frère Alexis (20 ans) de ranimer un sport dont on n’entendait plus parler qu’à l’UNSS et aux tournois de camping. Mercredi, pour son quart de finale, Zizou était là dans les tribunes. En début de semaine, Antoine Griezmann interrogeait Alexis sur son cri d’encouragement et le meneur de la Dream Team américaine Tyrese Haliburton qualifiait les frangins d'« électriques ». Et oui, même les plus grandes stars parlent désormais de tennis de table. Rien de mieux pour toucher le grand public et les plus jeunes.

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« Ça fait plaisir, c’est sûr, en sourit Alexis ce jeudi après avoir poussé comme un dingo derrière son petit frère. Il y a des célébrités qui s’y intéressent, et il y a aussi de plus en plus de monde qui ne connaissaient pas du tout et qui prend du plaisir à regarder, donc je suis super content. Félix est un bel ambassadeur, j’espère qu’il va aller encore plus loin et que ça va continuer. »

Quelques minutes plus tôt, dans l’aire de jeu, « Féfé » a tout fait pour. Dans ce choc face à Lin Yun-ju (8e mondiale), médaillé à Tokyo en double mixte quand Félix était encore au collège, le Français a su déjouer les pièges tactiques dressés par son adversaire. Le Taïwanais, gaucher, a cherché avec son coup droit puissant à enfoncer Lebrun côté revers, où sa prise porte-plume ne l’aide pas parfois quand il est trop près de la table.

« Félix est né champion »

Mais la capacité du gamin à trouver des solutions est bluffante. Alors que le Taïwanais arrivait à chaque fois à recoller après la perte d’un set, l’élève de Nathanaël Molin a toujours su rebondir, mettant un peu plus de rondeur dans son jeu pour arrêter de donner des points gratuits et se donner le temps de pivoter pour se servir de son coup droit explosif.

Comme la veille face à Ovtcharov, la décision s’est faite à la belle et comme la veille, Félix Lebrun s’en est sorti comme le patron qu’il n’est pas censé être à 17 ans, en se servant des vagues de fureur venues des tribunes pour noyer son adversaire (7-0 sur le début de 7e set). « Comment j’explique ces fins de matchs ? On ne peut pas tout expliquer, mais ce qui est sûr, c’est qu’il a quelque chose en plus, décrit son entraîneur. Pour moi il y a deux types de champions : celui qui naît champion et celui qui le devient. Je pense que Félix est né comme ça. »

La joie, définition.
La joie, définition.  - Petros Giannakouris/AP

Même question pour l’intéressé : « Je n’ai pas vraiment de secret. Le stress monte un peu mais ça me permet d’être concentré, d‘être à plus de 100 % de mes capacités. Et pour l’instant, j’ai la chance de jouer mon meilleur ping à chaque fois que c’est serré. »

Si la conclusion s’est un poil fait attendre, elle a fini par arriver et la salle s’est embrasée pour de bon. Après s’être répondu comme deux virages de stade de foot pendant la rencontre sur un « aux aaaarmes » sans doute inédit dans une salle de ping, le public a fini en beauté sur des plus classiques mais toujours efficaces « Félix, Félix ». Le tout en tapant des pieds, des mains et de tout ce qu’il y avait à disposition. Preuve là aussi que la petite balle blanche peut faire soulever les foules.

Alors bien sûr, cette médaille au goût d’histoire n’est pas encore là. Pour s’en assurer, il faudra battre vendredi Fan Zhendong (4e mondial), qui a bien failli provoquer un arrêt cardiaque à la Chine entière en frôlant l’élimination face au Japonais Harimoto, ou gagner celui de classement si la demie devait mal se passer. Plus qu’une marche, en tout cas, pour refaire du tennis de table un sport qui compte dans les bilans olympiques. Un « rêve » pour le golden-boy à lunettes.

NOTRE DOSSIER JO PARIS 2024

« Je me fais arrêter dans la rue par les gens maintenant, tout le temps, les autres athlètes me reconnaissent aussi, témoigne Félix. On sentait déjà un engouement avant les JO, mais là c’est vrai que ça explose. Pendant un moment on a eu moins de visibilité, là c’est génial ce qui se passe, il faut en profiter. » Alors le ping, un sport de retour à la mode ? Si vous voulez notre avis, il ne faudra s’étonner quand tous les gosses voudront en faire à la rentrée.