01:00
JO Paris 2024 : « Ça nous aide d’être ensemble… » Les sœurs Lutz, l’autre fratrie du ping-pong français
Tennis de table•Le 20 ou 21 juin la fédération française de tennis de table dévoilera sa liste pour les JO. Et Camille et Charlotte Lutz pourraient bien en faire partie. Echanges croisés avec les deux espoirs du ping tricoloreThibaut Gagnepain
L'essentiel
- Le tennis de table compte deux fratries au très haut niveau. Derrière les frères Lebrun… les sœurs Lutz !
- Les deux pourraient participer aux prochains Jeux olympiques de Paris. Elles le sauront autour du 20 juin. « C’est un rêve depuis toute petite de participer aux JO et ça l’est encore plus si on peut y être toutes les deux », explique Charlotte Lutz.
- Qui est la plus forte ? Qui est la plus drôle ? Râleuse ? 20 Minutes leur a posé la question.
Le compte à rebours est bientôt terminé. Le 20 juin, peut-être le 21, les sœurs Lutz sauront si elles participent ou non aux Jeux olympiques de Paris. La Fédération française de tennis de table doit communiquer à cette date la liste des quatre pongistes féminines retenues : deux pour le simple, une troisième titulaire pour la compétition par équipe et enfin une réserviste. Contre cinq aux derniers championnats du monde, d’où les deux étaient revenues avec une inattendue et superbe médaille de bronze.
A priori, les deux premières places ne devraient pas échapper à la n°1 française, Jia Nan Yuan, ainsi qu’à Prithika Pavade, elle aussi dans le Top 30 mondial. Mais derrière, trois joueuses se battent pour deux places. Audrey Zarif (115e mondial) et… une fratrie, Charlotte (73e) et Camille Lutz (114e).
Deux sœurs, natives du nord de l’Alsace, qui se sont d’ailleurs affrontées en finale des championnats de France, fin mars à Montpellier. Comme chez les garçons avec le succès d’Alexis contre Félix Lebrun, l’aînée Camille (21 ans) avait alors eu le dernier mot face à la cadette Charlotte (19 ans).
« Elles se jouent très rarement et ça n’a pas toujours été comme ça », témoigne Jérôme Richert, qui a vu émerger les deux au pôle espoirs Grand-Est de Strasbourg. L’entraîneur évoque deux caractères très différents. « Camille est très organisée, méthodique, réfléchie. Ça se retrouve derrière une table où elle fait durer l’échange dans le but de faire craquer l’adversaire. Charlotte est hyper nature, spontanée. Dans le jeu, elle met de l’agressivité, beaucoup d’explosivité. »
Et qu’en pensent les deux intéressées ? 20 Minutes leur a demandé, entre deux compétitions au Brésil, en Argentine puis en Croatie et Slovénie.
Qui est la meilleure au service ?
Camille : « C’est hyper subjectif. Nos adversaires n’auront pas forcément le même avis. »
Charlotte : « En termes de variétés, t’es meilleure quand même »
Camille : « Bon, on va dire que Charlotte a un service très fort et moi, j’ai une panoplie plus large. »
Qui s’énerve le moins ?
Charlotte : « Camille c’est sûr ! Elle est plus stable émotionnellement. Moi j’ai un caractère qui me joue un peu des tours. Je n’ai jamais cassé de raquette mais j’ai déjà pris quelques cartons. »
Camille : « Je me maîtrise mieux… peut-être en apparence. »
Qui est la plus drôle ?
Camille : « Charlotte est plus insouciante donc elle se démarque. C’est son caractère. Moi je suis assez calme. Je réfléchis beaucoup aux choses. »
Charlotte : « Je suis moins posée, c’est vrai. Mais on chambre autant l’une que l’autre. »
Qui est la plus râleuse ?
Charlotte : « C’est kif-kif maintenant ! Je l’étais beaucoup quand j’étais petite ou il y a encore deux, trois ans, mais ça va mieux. »
Camille : « On râle toutes les deux. Mais Charlotte, ça se voit plus. »
Quels sont les points forts de votre sœur ?
Charlotte : « Camille est assez puissante sur les premières balles et anticipe plutôt pas mal derrière son service. »
Camille : « Charlotte a de très bons services longs. Elle est hyper explosive, notamment en coup droit. »
Est-ce vous aimez jouer l’une contre l’autre ?
Camille : « Ah non ! On est un peu une équipe, on cherche à progresser ensemble. Je ne fais pas du tout du tennis de table pour battre ma sœur. Bien sûr, on veut être toutes les deux les meilleures, mais ce n’est pas le but au départ. »
Charlotte : « Non plus. Ce n’est pas agréable, c’est différent et difficile émotionnellement. »
Enfin, est-ce une force d’être en fratrie ?
Charlotte : « C’est une fierté pour notre sport qu’il y en ait une chez les filles et les garçons. Ça attire les médias. Affectivement parlant, ça nous aide quand on fait des compétitions ensemble. C’est un rêve depuis toute petite de participer aux JO et ça l’est encore plus si on peut y être toutes les deux. »
Camille : « C’est quand même génial de partager une médaille aux championnats du monde avec sa sœur ! On peut se confier l’une à l’autre, on se comprend. On a une vie particulière, c’est bien de pouvoir en parler ensemble. »


















