Vacances d’été : « Le covoiturage permet de diviser la note par trois », rappelle BlaBlaCar
À l’heure des grands départs en vacances avec un prix du carburant toujours élevé, le covoiturage conserve ses atoutsChristophe Séfrin
L'essentiel
- Avec la hausse du prix des carburants, le covoiturage a connu un essor significatif depuis le mois de mars, comme le confirme le leader du secteur.
- Tandis que le prix de l’essence reste élevé, le début des vacances d’été peut aussi inciter certains à utiliser ce moyen de transport pour minimiser le coût de leurs trajets.
- Des innovations technologiques et notamment l’IA permettent par ailleurs de mieux comparer et d’augmenter les services rendus par les conducteurs à leurs passagers.
Covoiturer pour les vacances d’été ? Ces derniers mois, l’explosion du prix des carburants en raison du conflit américano iranien a contribué à l’émancipation des offres de trajets partagés, comme le constate le leader du secteur BlaBlaCar. Alors que le tarif de l’essence reste élevé, 20 Minutes a voulu profiter du début des grandes vacances pour interroger Ben Retourné, directeur produit pour la plateforme de covoiturage, et savoir si ces tendances se confirmaient.
Avec les vacances d’été, comment voyez-vous l’activité de covoiturage évoluer ?
En fait, la hausse de l’activité du covoiturage cette année est d’abord liée à l’augmentation des prix du carburant et ce, dès le mois de mars dernier. Depuis, 130.000 nouveaux conducteurs ont rejoint BlaBlaCar, soit environ 20 % de plus que ce que l’on note d’habitude à cette période. Ce sont des automobilistes qui cherchent une solution concrète pour réduire leur facture. Parallèlement, nous notons une baisse des distances parcourues de l’ordre de 10 à 15 % qui peut, elle aussi, être imputée au surcoût des carburants.
Nous constatons parallèlement une évolution du nombre de passagers, mais moindre. Ce sont des gens qui continuent de vouloir voyager, à bénéficier d’un moyen de transport économique porte à porte, avec des destinations qui ne sont pas forcément desservies par des bus ou des trains.
Les gens réservent-ils longtemps en avance ?
On observe deux tendances : il y a ceux qui, effectivement, sont très planificateurs et qui vont réserver leur logement de vacances et le moyen d’y aller. Et puis, il y a ceux, peut-être plus du côté des étudiants, qui vont s’organiser à la dernière minute, ou des personnes qui ont des vacances un peu « gruyère » en se rendant ici ou là…
Cette année, en juillet et août, on attend un peu plus de 2 millions de covoitureurs sur les routes, un chiffre à rapporter aux 6 à 7 millions de covoitureurs annuels. L’été représente donc presque un tiers de notre activité.
Quelle est la moyenne d’âge de vos utilisateurs ?
30 % environ ont moins de 25 ans ; 30 % entre 25 et 35 ans et 30 % au-dessus de 35 ans. Légalement, les moins de 16 ans n’ont pas le droit de s’inscrire sur notre plateforme. Mais les enfants de plus de 13 ans peuvent voyager seuls avec une autorisation parentale pour les trajets nationaux et internationaux et, évidemment, des mesures très précises que nous rappelons dans nos CGU. Rappelons aussi que la consultation des avis des utilisateurs reste essentielle au moment de préparer un voyage, voyages qui s’effectuent généralement en solo, ou à deux amis.
Savez-vous si, contexte économique oblige, des familles entières utilisent vos services pour aller en vacances ?
Pas que nous le sachions. Les familles avec enfants sont souvent chargées de bagages, comme le conducteur, et cela induit une logistique un peu trop complexe. En revanche, on voit de plus en plus de familles qui vont prendre un covoitureur : elle réduira d’autant ses frais d’essence et rendra service à quelqu’un qui va pouvoir voyager son déplacement à moindre coût.
En général, on dit que l’on divise par trois la note. Un trajet Paris Lille, c’est 45 euros, carburant et péages compris. À trois dans la voiture, ça fait une place à 15 euros. Pour les grands voyageurs, on a ouvert vingt nouveaux pays dans les dernières semaines et notamment étendu notre présence à tous les pays de l’Amérique du Sud. Nous avons également complété la carte d’Europe avec la Grèce et la Bosnie, et fait un premier pas en Afrique avec le Maroc. Ce développement a été rendu possible grâce à notre plateforme technologique que nous avons beaucoup renforcée ces dernières années, mais aussi grâce à l’intelligence artificielle qui nous permet de piloter ces pays directement depuis Paris, tant pour le marketing que le service clients.
De plus en plus de personnes semblent confier l’organisation de leurs vacances à l’intelligence artificielle. Une IA peut-elle proposer un covoiturage BlaBlaCar ?
On a lancé il y a peu notre application sur ChatGPT, en attendant sans doute Claude d’Anthropic. Pour l’heure, nous restons sur le principe de l’aide à la comparaison des modes de transport. BlaBlaCar agrège le train, le bus et la voiture, ce qui va permettre de comparer les trois modes en demandant : « Je vais de A à B, dis-moi quel est le meilleur moyen de transport selon la durée, le prix ». Maintenant, cela reste de la comparaison.
La réservation de trajet passe obligatoirement par notre application, l’ambition étant de maintenir la relation de confiance nécessaire dans le covoiturage et, pour nous, de contrôler cette expérience. Pour l’instant, nous constatons qu’il s’agit d’un usage assez balbutiant, qu’il y a de la curiosité de la part du public, mais pas encore d’usage récurrent.
Nos articles sur le «Covoiturage»Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui n’ont encore jamais utilisé BlaBlaCar ?
Il y a les conducteurs d’un côté et les passagers de l’autre. Pour les premiers, BlaBlaCar permet d’économiser sur ses frais d’essence et d’autoroute et de rendre service à quelqu’un. Le conseil est que tout trajet mérite d’être posté sur BlaBlaCar. Et un trajet qui « fonctionne » bien c’est un trajet lié à un profil complet, parfaitement renseigné, avec toutes les informations nécessaires pour que les gens puissent voyager avec vous.
Pour les passagers, nous recommandons là aussi un profil complet, mais également de chercher exactement ce qu’ils veulent, même avec des détours. Le covoiturage passe partout et notre technologie permet aujourd’hui de proposer à un conducteur un détour vers un petit village. La « négociation » du détour est typiquement l’un des freins que l’on essaye de lever en ayant un système de négociation intégré à la plateforme, qui lève ces barrières consistant à ne pas oser demander à son conducteur s’il peut effectuer ce détour dont on a besoin contre quelques euros de plus payés en cash…


















