JO 2024 – Il y a un an : Oubliez Léon Marchand, Teddy Riner, Céline Dion, Simone Biles est LA superstar de ces Jeux
souvenez-vous l'été dernier (5/18)•La finale de gymnastique par équipe a été éclipsée par le show Simone Biles, définitivement devenue à Paris plus grande que sa disciplineJean-Loup Delmas
L'essentiel
- Céline Dion chantant « L’hymne à l’Amour » a beau avoir volé le show, il n’y a bien qu’une seule superstar lors de ces Jeux Olympiques.
- A 27 ans, la gymnaste Simone Biles a fait bien plus que mettre sa discipline a ses pieds. C’est le monde entier qu’elle a conquis.
- La finale de gymnastique par équipe ce soir était une bonne illustration, tant la championne a survolé le show, et récolté tout l’amour d’un public unanime sur son nom.
Il y a un an se tenaient les plus beaux Jeux olympiques de l'histoire (oui, on le pense toujours). Du 26 juillet au 12 août, « 20 Minutes » vous propose de revivre un grand moment de chaque journée, à travers les récits de ses envoyés spéciaux. Une manière de faire revivre l'émotion, et se rappeler où l'on était quand ils se sont déroulés.
De notre envoyé spécial au cœur de la légende,
On croise les doigts pour que Léon Marchand soit l’athlète remportant le plus de médailles dans la quinzaine. Il existe un scénario pas si déconnant où Noah Lyles battra les chronos d’Usain Bolt dans quelques jours. Et Arnaud Duplantis s’élèvera sans doute, lui et le record du monde de saut à la perche, à des sommets encore insoupçonnés. Mais, même si tous ses exploits avaient lieu, la seule réelle vedette de ces Jeux olympiques 2024 restera Simone Biles. Parce que là où les autres athlètes sont condamnés à la seule performance sportive, voilà longtemps que l’Américaine de 27 ans a dépassé ce cadre.
Simone Biles trône au rang des superstars planétaires, Taylor Swift montée sur ressort ou Brad Pitt faisant des sauts périlleux arrières, selon vos préférences. La folie qui s’est emparée de l’Arena de Bercy, plusieurs heures avant que la finale de gymnastique par équipe ne commence, a illustré une nouvelle fois le statut qu’elle a conquis. Des 10.500 athlètes présents à Paris, c’est la seule dont même les Jeux semblent un peu étroit pour elle.
« C’est incroyable, c’est rencontré l’histoire »
Car les spectateurs euphoriques ne venaient pas soutenir une équipe, ni même pour voir une finale olympique – excusez pourtant du peu (et du prix), mais pour Simone Biles. Justine, 32 ans, était presque en hyperventilation : « Je n’aurais jamais cru la voir en vraie. C’est incroyable, c’est rencontré l’histoire. Juste pour ça, merci les JO de Paris » Ce n’est pas nier les évidentes qualités sportives des athlètes présentes ce soir que de dire que la championne a transformé sa discipline en show plus qu’en compétition.
Elle a tellement d’avance sur son temps et sur ses concurrentes, le suspense était mardi tellement faible sur quelle nation empocherait la médaille d’or, que le titre obtenu par les Américaines, qui place pourtant Simone Biles comme la gymnaste américaine la plus titrée aux Jeux, était presque accessoire à la soirée. Simone Biles s’était produite, alors qu’importe la conclusion. Tout le monde s’en fichait presque, même pour elle, on sait déjà qu’elle est la meilleure de tous les temps.
Les stars présentes, le monde a ses pieds
On pourra parler de la tribune presse remplit une heure en avance, et des bénévoles s’excusant auprès des dizaines d’autres journalistes arrivant en masse de bien vouloir trouver des places ailleurs dans la salle – elle aussi pleine, vous vous en doutez. Du panel de stars venues assister à la nouvelle démonstration de l’Américaine – Nathalie Portman, Spike Lee, le prince Albert de Monaco, Serena Williams. De la caméra qui ne filmait qu’elle au moment de ses passages, et qu’importe ce que faisaient les autres nations.
Du public qui ne se levait jamais pour aller chercher à manger ou faire un tour aux toilettes lors de ses passages, là où il ne se privait pas pour les autres. Des bénévoles qui oubliaient leur mission à mener et restaient fixés devant les shows, voire se plantaient en plein milieu des escaliers. Ou simplement du nombre d’applaudissements qui faisait exploser les décibels à chaque fois que la speakeuse annonçait son nom.
Mais s’il ne fallait retenir qu’un instant, ce serait son dernier passage au sol – le dernier moment de toute la compétition, comme par hasard. Après une master class totale, c’est toute l’Arena qui se levait, standing ovation du public et remerciement éternel de chaque spectateur d’avoir pu voir The Legend en direct.
Tokyo 2021 et la nouvelle aura
On aurait pu se lasser d’une sportive dominant si aisément sa discipline, comme on s’est mis à bailler devant un énième sacre de Michael Schumacher ou un 64e Grand Chelem de Djokovic. Mais Tokyo 2021, les démons ressurgis des multiples viols subis durant son enfance et les twisties (instant où une gymnaste perd son sens de l’équilibre) sont passés par là, et ont rappelé au monde quelle chance il avait de voir en action la plus grande gymnaste de tous les temps.
Loin d’écorner son statut, les échecs sportifs japonais n’ont fait que renforcer son aura. Parce que de sa voix, elle a fait avancer la cause des violences sexuelles et sexistes, mais aussi ouvert les yeux sur les problèmes de santé mentale. Phil, Américain venu voir sa chouchoute volait tous les spotlight de la Ville lumière, s’emballait : « Simone Biles, c’est l’Amérique. Se faire seul, gagner, perdre, revenir plus fort, ne jamais lâcher. Ce qu’elle a montré à Tokyo, et ce qu’elle a fait ce soir, c’est l’histoire du rêve américain ».
Au vu des « USA ! USA ! » scandés par la foule, il serait difficile d’enlever à Phil que oui, Simone Biles, c’est l’Amérique. Mais c’est aussi le monde, c’est l’univers. Et c’est clairement bien plus que du sport.



















