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On a vécu la finale de l’épée avec des gens qui ne savent rien de l’escrime

JO 2024 : On a vécu la finale de l’épée dames avec des gens qui ne connaissent vraiment rien à l’escrime

ApprentissageDans le bouillant public présent au Grand Palais, ce mardi, pour la finale de l’épée par équipe, il y avait pas mal de non-connaisseurs
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • La finale de l’épée par équipe, ce mardi au Grand Palais, se disputait sous le regard de nombreux « noobs ».
  • Cela n’a pas empêché ces spectateurs de pousser à fond derrière l’équipe de France, qui s’est malheureusement inclinée face à l’Italie.
  • « 20 Minutes » a passé toute la finale à côté de ces néophytes de l’escrime.

Au Grand Palais de la découverte,

Les jours de canicule, il est toujours bon d’entrer dans un musée se mettre au frais. On rafraîchit les écoutilles, on dégage les bronches et, quitte à être là, autant voir ce qu’il s’y passe. Les expositions ne sont pas forcément notre grande tasse de thé, mais après-tout, pourquoi ne pas s’ouvrir à un autre monde. C’est un peu la même chose avec les Jeux olympiques. Il fait chaud, on entre (moyennant un joli pécule, quand même) dans un endroit où il fait bon et on regarde ce qu’il y a.

Au musée du Grand Palais, comme l’appelle l’Egyptien Mohamed El-Sayed, comme sur tous les autres sites olympiques, on retrouve donc de nombreux non connaisseurs qui veulent juste profiter de l’événement et découvrir des sports. A l’image de Laure-Anne (26 ans), Antoine (23 ans) et Elise (23 ans), qui nous viennent des Hauts-de-Seine. Et après une minutieuse inspection des tribunes du Grand Palais, on a décidé de vivre la finale de l’épée dame par équipes à leurs côtés.

Laure-Anne, Antoine et Elise au Grand Palais mardi soir.
Laure-Anne, Antoine et Elise au Grand Palais mardi soir. - Laure-Anne.

Découverte totale

Ils l’assurent, ils ne connaissent rien, mais alors vraiment rien, à l’escrime, qu’ils découvrent pour la première fois de visu. Enfin, surtout les deux jeunes femmes. Antoine, chapeau tricolore de cow-boy vissé sur la tête, lui, a eu la chance de pouvoir assister à un entraînement de l’équipe japonaise à Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine) la semaine dernière et a un peu révisé dans l’aprèm. Pour les deux autres, la découverte est totale.

A tel point qu’elles ont « appris juste avant d’arriver au Grand Palais » qu’il y avait des armes différentes, l’épée en l’occurrence pour la soirée. Et donc des règles différentes à chaque fois, avec son lot de particularités lors de l’épreuve par équipe, avec ses changements possibles et le changement d’adversaire toutes les trois minutes. La petite finale entre la Pologne et la Chine a pu servir de galop d’essai avant l’arrivée dans le plus grand des brouhahas de l’équipe de France.

« Ce n’est pas elle qui a gagné hier ? »

Car le trio n’est pas venu sur les pistes pour devenir des experts de la parade riposte, mais avant tout pour participer à l’effort collectif pour pousser Marie-Florence Candassamy et ses coéquipières vers l’or. Et il a donné du sien : maquillage bleu blanc rouge sur les joues, chapeau tricolore et drapeau français sur les épaules. Le tout armé d’une solide voix pour les encourager. Le portrait craché de l’escrimix, qui a donc les appuis un peu faibles quand il s’agit de reparler sport.

  • « Auriane Mallo-Breton, c’est bien celle qui a gagné la médaille d’or hier [c’était Manon Apithy-Brunet] ? »
  • « Je ne comprends pas le carton jaune, là pour Coraline Vitalis [nous, non plus, soyons honnêtes]. »
  • « Bon, moi, je ne comprends pas les touches, j’attends de voir les lumières s’allumer. »

Pendant l’assaut, les paroles ne sont pas nombreuses, à part des grands « Ouais », notamment lorsque Coraline Vitalis effectue une parade riposte du plus bel effet lors de la sixième rotation. Il y a aussi cette discussion en plein match entre Laure-Anne et son voisin de gradin portoricain pour des échanges des plus profonds : « Je pense que tu parles mieux espagnol que moi le français », « non, je ne pense pas, c’est toi »… Heureusement, une belle touche française, et l’ovation qui s’ensuit, viennent boucler ces jacasseries. Les applaudissements et les chants français nous font surtout dire qu’on a raté l’amateur ultime.

« Allez Orlane »

Deux, trois rangs au-dessus de Laure-Anne, Antoine et Elise se trouve Jean-Michel Apeuprès, qui a réussi l’exploit de se tromper sur le prénom de la majorité des Françaises qu’il encourageait. Le tout avec un aplomb et une assurance de dingue, à nous faire douter de l’identité de nos championnes : « Allez, Orlane (pour Auriane Mallo-Breton) », « Marie, Marie, Marie (pour Marie-Florence Candassamy) » et « Caroline ou Coralie (pour Coraline Vitalis) » 11/10 sur l’échelle Jacques Chirac 1998.

« Même si on n’y connaît rien, on a été pris par le match et on a stressé à la fin, relance Laure-Anne, qui a vibré comme jamais lorsque Mallo-Breton a remis la France en tête avant de s’effondrer, un peu sous le choc, lors de la touche maudite à la mort subite. Mais l’ambiance, c’était un truc de dingue à vivre depuis la tribune. » Ça lui a même donné envie, à elle et ses deux potes, revoir d’autres assauts.

Et, ça, c’est peut-être plus beau qu’une médaille d’or, comme l’expliquait Mara Navarria en conférence de presse : « J’espère que beaucoup d’enfants pourront découvrir l’escrime et, tout comme nous, rêver en grand. Nous avons cette médaille d’or autour du cou, alors grâce au sacrifice, au travail acharné et à votre cœur, vous pouvez réaliser de grandes choses. » Il n’y a pas que les enfants, Mara.