« Macarena », Marie-José Pérec aux JO et Dolly, la brebis clonée… C’était l’été 1996
1976, 1986… 2016 : cet été 2026, « 20 Minutes » remonte le temps et vous fait revivre 50 ans de grandes vacancesFabien Randanne
L'essentiel
- Cet été, 20 Minutes actionne sa machine à remonter le temps et puise dans les souvenirs des étés 1976, 1986, 1996, 2006 et 2016.
- Flash-back sur les grands événements qui ont marqué chacune de ces années : tubes musicaux, films, performances sportives et actualités…
- Pour poursuivre cette série, l’année 1996 refait surface avec des souvenirs marquants, à commencer par la « Macarena »…
En cet été 1996, j’ai 12 ans. Je le passe chez moi, dans la campagne auvergnate. Or, l’angoisse est dans le pré. La belle saison est marquée par la sécheresse. En plus de ça, la crise de la vache folle fait rage. La maladie de Creutzfledt-Jakob s’avère être transmissible à l’homme. Psychose. Nombre de troupeaux sont condamnés à l’abattage systématique et la viande bovine dans les assiettes n’est plus automatique. Le 5 juillet naît la brebis Dolly. Un joli nom qui ne balaye pas les inquiétudes suscitées par cette première historique : le clonage d’un mammifère… La presse s’interroge : est-ce une bonne nouvelle ?
L’actualité se révèle toujours plus glaçante. Le 13 août, Marc Dutroux est arrêté en Belgique. Deux jours plus tard, Sabine Dardenne, 12 ans - mon âge alors - et Laëtitia Delhez sont retrouvées vivantes chez lui. Elles étaient séquestrées dans une pièce cachée de la maison. Le 17 août, les cadavres de deux autres enfants, Julie Lejeune et Mélissa Russo, portées disparues depuis le 24 juin, sont découverts enterrés dans le jardin de Michelle Martin, la compagne de Marc Dutroux, également interpellée. Au final, quatorze victimes seront dénombrées. Le choc est total, l’horreur vertigineuse. Ce tournant réveille les consciences sur la pédocriminalité.
Au cinéma, « Trainspotting » et « Fargo »
Un mot investit pour la première fois le langage courant : « sans papiers ». Cet été-là, le mouvement de lutte des étrangers en situation irrégulière est largement couvert par la presse française. Quelque 300 réfugiés africains et des militants des droits humains occupent l’église Saint-Bernard, dans le 18e arrondissement de Paris. Ils en sont expulsés le 23 août, manu militari. Je garde le souvenir d’Emmanuelle Béart, venue les soutenir, sortie par les forces de l’ordre.
La violence et le cynisme font moins de mal au cinéma. L’arrivée à l’affiche de Trainspotting de Danny Boyle (le 19 juin) et Fargo des frères Coen (le 4 septembre) encadre les sorties estivales dans les salles obscures. Je les découvrirai plus tard en vidéo. Cette année-là, je me souviens avoir vu dans un Pathé de Clermont-Ferrand Le Huitième jour de Jaco Van Dormael. L’histoire de Georges, un jeune trisomique, et d’Harry, un ami qui lui veut du bien, m’a bouleversé aux larmes. Pascal Duquenne et Daniel Auteuil, qui les incarnent, ont reçu le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes.
Mylène Farmer et « girl power »
Mon idole s'appelle alors Mylène Farmer. Je suis devenu fan avec son album Anamorphosée paru un an plus tôt. Enfermé dans ma chambre, je chante en boucle XXL, L’instant X, California… La star, elle, est contrainte de suspendre sa tournée. En concert le 15 juin à Lyon, elle chute de scène et se relève avec un poignet cassé. Ironie de l’histoire, la chanson qu’elle sort en single le 5 août s’intitule Comme j’ai mal.
Les tubes qui marquent mon été, et celui de bien d’autres, sont Aïcha de Khaled, Space Man de Babylon Zoo, Freed From Desire de Gala, Bailando de Paradisio (l’Eurodance se porte très bien !). En cette période où les boys bands mettent en émoi les oreilles adolescentes, surgit comme une tornade leur version féminine, les Spice Girls. Girl power ! Je chante Wannabe en yaourt, ignorant ce que peut bien vouloir dire « zigazig ah ».
Tubes de l’été
Je découvre via les pages d’XL, un magazine pour ado qui donnait le baromètre du cool, Popular de Nada Surf et 666.667 Club de Noir Désir. Mais en ces mois chauds, branchés et ringards se déhanchent tous sur la même chanson : Macarena. Un carton colossal, planétaire, qui ne patit pas du fait que deux groupes se font la guéguerre en sortant leurs versions au même moment Los del Rio et Los del Mar. Ces derniers bénéficient du soutien de M6.
Macarena est peut-être le tube de l’été ultime, celui dont l’impact n’a jamais été dépassé. Au même moment, France 2 tente aussi d’imposer sa chanson ensoleillée et chorégraphiée, avec un succès moindre mais non négligeable : Tic, Tic Tac de Carrapicho.
Enfant de la télé, ma saga de l’été 1996 n’est pas Terre indigo (TF1), ni Dans un grand vent de fleurs (France 2). Je me passionne pour la série Jamais deux sans toi… t (depuis tombée dans l'oubli) sur la première chaîne. Franck Neel incarne le charmant Thomas, pour lequel sa colocataire Valentine (Emma Colberti) a le béguin en secret alors qu’il est en couple avec Charlotte (Astrid Veillon). Ne partant pas en voyage, je passe une bonne partie de mon été 1996 devant le petit écran avec les émissions de Dorothée, sans savoir alors que son « Club » prendra fin un an plus tard.
Des Bleus et de l’or olympique
Emotions fortes aussi grâce aux Jeux olympiques d’Atlanta. Je fais cocorico devant les performances de Marie-José Pérec, Jean Galfione, David Douillet, Djamel Bourras, Laura Flessel et Jeannie Longo qui ont conquis l’or dans leur discipline. Bien que mes racines puydomoises me poussent davantage vers l’ovalie, je me pique de curiosité pour le ballon rond. Il faut dire que l’équipe de France de football a été absente des deux dernières Coupes du monde, celles de 1990 et 1994. Alors, la voir en lice au Championnat d’Europe (que l’on n’appelle pas encore Euro), organisé en Angleterre, attise mon intérêt. Les Bleus sont éliminés aux tirs au but en demi-finale par la République tchèque (que l’on n’appelle pas encore Tchéquie), qui elle-même s’inclinera en finale face à l’Allemagne.
Dommage pour les « hommes d’Aimé Jacquet ». Je me console en me disant que je suis assuré de voir Zinédine Zidane, Didier Deschamps, Marcel Desailly, Laurent Blanc, Fabien Barthez et compagnie au prochain Mondial. Ils seront qualifiés d’office car la France organisera cette Coupe du monde 1998. Je me dis qu’il est possible de rêver.


















