Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
1976, ce premier été où « il f’ra vraiment très chaud dans les maillots »…
SéRIE D’ÉTÉs 1/5

Canicule, dents de requin et autres histoires extraordinaires… C’était l' été 1976

1976, 1986… 2016 : cet été 2026, « 20 Minutes » remonte le temps et vous fait revivre 50 ans de grandes vacances
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

L'essentiel

  • Cet été, « 20 Minutes » actionne sa machine à remonter le temps et puise dans les souvenirs des étés 1976, 1986, 1996, 2006 et 2016.
  • Flash-back sur les grands événements qui ont marqué chaque décennie : tubes musicaux, blockbusters, bouquins, BD et autres temps forts.
  • Pour débuter cette série, l’année 1976 refait surface avec des souvenirs marqués par événements majeurs… dont une certaine canicule !

J’ai 9 ans. Cet été 1976, mes parents n’ont pas encore cédé aux sirènes des nouveaux téléviseurs en couleurs, bien chers pour leur bourse, mais on ne manque pas un bulletin d’infos en noir et blanc sur TF1, Antenne 2 ou FR3, les trois seules chaînes de TV nationales. Et pour cause, la canicule fait rage en France. Déjà.

Une année où l’été s’ra chaud dans les maillots

L’alerte a été sonnée dès le 7 mai avec une température de… 30° à Paris ! « Cette fois, record absolu ! » s’est alors exclamé Roger Giquel, le présentateur du JT, jamais avare de formules anxiogènes. En février 1976, c’est lui qui avait lancé en ouverture du 20 heures de TF1 son célèbre « La France a peur », rapport à l’arrestation de Patrick Henry, accusé du meurtre du jeune Philippe Bertrand… J’étais devant le poste. J’ai eu peur aussi.

Jacques Chirac lors de sa démission comme Premier ministre en août 1976.
Jacques Chirac lors de sa démission comme Premier ministre en août 1976. - AFP

Cet été-là, donc, les images de cours d’eau asséchés, de touristes qui se baignent dans les bassins du Trocadéro à Paris, ou encore de bêtes que des paysans mènent à l’abattoir à cause du manque de flotte se déversent sur le téléviseur du salon. Cela n’empêche pas le gamin que je suis de jouer continuellement dehors, pour peu que je n’oublie pas ma casquette.

À la maison, sur le poste Radiola que l’on écoute dans la cuisine en mangeant, c’est Europe 1 qui diffuse en continu. Le journal de 13 heures d’André Arnaud annoncera le 27 août la démission du premier ministre Jacques Chirac et la nomination par le président Giscard d’Estaing pour le remplacer de Raymond Barre. Celui-ci mettra en place « l’impôt sécheresse » pour venir en aide au monde agricole…

Pierre Bellemare, Joe Dassin et des mots bleus

En attendant le journal de la mi-journée d’Europe 1, la famille déjeune donc et écoute le jeu radiophonique 20 Millions Cash de la star joviale des ondes Pierre Bellemare. Son ton grandiloquent, que l’on retrouve ensuite, juste après les infos, dans l’émission Les dossiers extraordinaires, me fascine.

Mon père, lui, attend le doigt sur la gâchette de son magnéto à cassettes l’émission de variétés de 15 heures. C’est là, qu’entre deux interventions de l’animatrice dont il tente en vain de couper les lancements, il immortalise sur bande magnétique les tubes du moment. Ceux que l’on écoutera dans la Renault 6 surchauffée qui nous conduira sur la route des vacances.

Chez nous, c’est la variété française qui fait foi. Tournent en boucle analogique : Il était une fois nous deux de Joe Dassin ; Je vais t’aimer de Michel Sardou ; Pas de boogie-woogie d’Eddy Mitchell ; ou encore Gentil dauphin triste de Gérard Lenorman. Il y a aussi quelques tubes internationaux qui déferlent sur les grandes ondes : Don’t Go Breaking My Heart d’Elton John et Kiki Dee casse la baraque (on l’entend non-stop !), mais aussi Dancing Queen d’Abba.

Et il y a You Should Be Dancing des Bee Gees, annonçant les premiers jours du disco.

De son côté un certain Cerrone fait sa place avec son Love in C Minor, un 45 trs lancinant sur la pochette duquel la future star inoxydable pose à côté d’une femme nue. Shocking à l’époque ! Si on lui avait dit que 50 ans après, il allait toujours ambiancer les dancefloors… Reste que dans la torpeur de cet été caniculaire, le tube Porque te vas de Jeanette apporte un peu de douceur.

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

À la télé, les après-midi sont super héroïnes. Wonder Woman, mais surtout Super Jamie, la collègue fortiche de L’homme qui valait trois milliards, depuis un an sur Antenne 2, font mouche. Une fois les gosses couchés le soir, leurs aînés visionnent Les Brigades du tigre ou Columbo. Mais cet été TV 76 reste marqué par la révélation absolue des JO de Montréal : Nadia Comãneci. Les images de la gymnaste roumaine de 14 ans virevoltant et décrochant une note parfaite (10.00) restent gravées dans les mémoires.

Les grands cinéastes montrent les crocs

Au cinéma, il y a un film que tout le monde veut voir. Sorti au mois de janvier, il tient encore l’affiche cet été 1976, notamment en province ou les salles le projetteront jusqu’à la fin de l’année : Les dents de la mer, d’un certain Steven Spielberg.

Pas pour mon âge (le film est interdit aux moins de 12 ans), mais ce long-métrage aux sommets de l’horreur seventies domine les conversations chez les grands. On tremblera encore à l’automne avec le fameux King Kong dans lequel les plans de Jessica Lange, captive du grand singe, un sein à moitié découvert sous sa robe déchirée, en émoustilleront plus d’un. Las !

»You're talking to me?»; en 1976, Robert De Niro s'impose dans le film «Taxi Driver» de Martion Scorsese.
»You're talking to me?»; en 1976, Robert De Niro s'impose dans le film «Taxi Driver» de Martion Scorsese. - RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

En attendant, les gosses de mon âge cherchent un peu de fraîcheur dans les cinoches pas encore climatisés en allant voir Robin des Bois des studios Disney. Bien que sorti deux ans plus tôt, la politique des salles obscures lui permet de toujours tenir l’affiche.

Je n’en prendrai conscience que bien plus tard, en me forgeant ma petite culture ciné sur VHS grâce à mon vidéoclub montargois : cette année 1976 est extrêmement fondatrice pour le septième art : Rocky ; Taxi Driver ; Vol au-dessus d’un nid de coucou en portent le millésime. En France, c’est aussi l’année de Monsieur Klein avec Alain Delon, L’argent de poche de François Truffaut, mais aussi de Police Python 357 avec Yves Montand, ou de l’incontournable L’aile ou la cuisse avec Louis De Funès. De Funès, le héros de tous les enfants de cette génération, fait alors jeu égal avec Casinir de l’émission L’Île aux enfants.

Steve Jobs dans son garage

Dans les valises qui accompagnent ma famille à Toulon, lieu de villégiature chez des amis, mes parents ont casé quelques Agatha Christie dont ils ne se lassent pas. Surtout mon père. Pour ma part, cet été 1976 est celui où je dévore les albums Tintin d’Hergé, soigneusement rangés dans la bibliothèque de nos hôtes. Tintin et les Picaros, est en librairie depuis avril. Un album au récit assez politique, qui reste finalement compliqué pour un gamin de 9 ans. Depuis ce fameux été, l’odeur de ces BD Casterman n’a pas changé. Madeleine de Proust…

De l’autre côté de l’Atlantique, deux inconnus nommés Steve Jobs et Steve Wozniak lancent depuis leur garage leur ordinateur Apple 1. En 1976, cette aventure-là est digne d’un film de science-fiction…