JO 2024 : « L’ambiance est magique »… Les athlètes bluffés par la ferveur autour de ces débuts de Jeux
GOOD VIBES•Après deux jours de compétition, spectateurs comme athlètes du monde entier se régalent de l’énorme ambiance mise dans de nombreux sites de compétition des JO de Paris 2024La rédaction des sports à 20 Minutes
L'essentiel
- Les Jeux olympiques de Paris 2024 ont officiellement débuté samedi, après la brillante cérémonie d’ouverture la veille.
- Après seulement deux jours de compétition, la ferveur sur les différents sites en France est une franche réussite.
- 20 Minutes revient sur ce sacré élan, qui a franchi un cap dimanche soir à La Défense Arena, où Léon Marchand a fait vibrer 15.000 personnes pour son premier sacre olympique.
De nos sept envoyés spéciaux, de Marseille à Lille en passant par Vaires-sur-Marne, Châteauroux (pas certain, n’abusez pas), Elancourt et Paris (c’est cohérent),
Et si la dantesque cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024 avait donné le ton et initié une ambiance bluffante dans les tribunes de tous les sites olympiques ? Après deux jours de compétition (ou cinq, c’est selon), la question serait déjà presque légitime, tant 20 Minutes, mais surtout les athlètes et les spectateurs se régalent. De Victor Wembanyama à LeBron James, en passant par Bob Bowman, coach légendaire de Michael Phelps et de Léon Marchand, les personnalités les plus prestigieuses du sport mondial confient être bluffées par la ferveur française.
Mis à part le rituel de la quête des décibels, qui a dû nous gonfler définitivement au début des années 2000 et qui sévit toujours sur le tournoi de basket au stade Pierre-Mauroy, on pencherait presque pour un sans-faute de l’ambiance. Venez par ici, on vous raconte pourquoi c’est si bouillant de partout, à l’image de l’ahurissant premier couronnement olympique de Léon Marchand dimanche soir à La Défense Arena.
Des structures conçues pour de bons boxons
On vous voit venir : mis à part le Grand Palais, les rendus esthétiques d’Arenas temporaires au sein du Parc des expositions de la porte de Versailles ou du Grand Palais éphémère au Champ-de-Mars ne sont pas parvenus à nous transcender. Mais il faut leur reconnaître un point commun appréciable : ils dégagent un effet « Chaudron » que n’aura jamais une immense salle comme Bercy. Ces gradins-échaffaudages qui font un vacarme assourdissant lorsque les spectateurs tapent des pieds, il n’y a que ça de vrai, non ?
On a en tête le premier match (compliqué) de l’équipe de France de handball féminin contre la Hongrie jeudi dernier dans le hall 6 volcanique de l’Arena Paris Sud (5.765 places), les rencontres des frangins du ping, Félix et Alexis Lebrun, au Hall 4 voisin ainsi que… tous les combats avec des judokas français à l’Arena Champ-de-Mars (8.365 places).
L’acoustique de ces petits lieux est typiquement favorable à un effet Bombonera. On monte clairement en gamme quand on file du côté du Grand Palais, par exemple pour vibrer jusqu’en finale avec Auriane Mallo et Yannick Borel. Deux tribunes pleines face à face, séparées d’une trentaine de mètres, sous une coupole, qui se mettent à crier d’un coup pour pousser les escrimeurs français, c’est à vous foutre les poils pour le restant de vos jours. Il ne reste plus qu’une Marseillaise à entonner pour accompagner une médaille d’or, et on pourra mourir tranquille.
Et puis, dans un tout autre registre, mais au rayon des curiosités/nouveautés, il y a La Défense Arena. Dans ce superbe écrin de 15.000 places, on sent bien l’effet « boîte à spectacle », entre effets visuels, tribunes dans l’obscurité et bassin lumineux qui ressort au milieu. Habitué à accueillir des concerts d’envergure (on pense à toi, Bruce), l’endroit présente une acoustique optimale.
Pour le premier triomphe du roi Léon sur le 400 m 4 nages, la ferveur a encore franchi un cap, à l’image des amusants « olé, olé » à chaque sortie de l’eau en brasse de notre héros. « Des caps, on va en franchir et on est prêts pour ça, apprécie Tony Estanguet, président de Paris 2024. Cette ambiance est magique, comme tout ce qu’on vit depuis la cérémonie d’ouverture. On y a toujours cru de notre côté, et de voir cette alchimie se produire sur les sites un peu partout, c’est quelque chose. »
Nos athlètes témoins
Hatadou Sako (gardienne des Bleues du handball) : « Ce n’est pas plus mal finalement d’avoir le public très proche de soi pour pouvoir sentir le bruit, la chaleur et l’échange de feelings avec les supporters. Pour moi, c’est le lieu idéal, j’aime me sentir compressée par l’ambiance de cette salle, je suis dans mon élément. »
Séverine Vandenhende (entraîneuse de l’équipe féminie de France de judo, au bord du tatami pour Shirine Boukli) : « L’ambiance est fabuleuse à l’Arena Champ-de-Mars. A un moment, je ne parvenais même plus à parler à Shirine pendant un combat, tellement ça bouillait dans cette salle. On a la chance de faire un grand Slam à Bercy chaque année. Il y a beaucoup plus de monde qu’ici, mais, waouh, je n’ai jamais eu l’énergie qui se dégage de cette Arena ».
Boladé Apithy (escrimeur des Bleus spécialisé dans le sabre) : « C’est une dinguerie, le truc, je me sentais Kylian Mbappé dans le stade, j’ai kiffé. Juste pour ce match remporté face à ce public, je suis content d’avoir continué ma carrière jusqu’à maintenant. Je vais dire à la fédé qu’il faut organiser tous les ans une compétition dans ce Grand Palais. Tout le monde te pousse, te pousse, ça te donne de la force, je n’ai jamais vécu ça de ma vie ».
Léon Marchand (ne déconnons pas, le monde entier le connaît) : « C’est une émotion très difficile à décrire, incroyable. Pour un nageur, c’est très rare de vivre une ambiance comme ça. Je n’avais pas imaginé ce genre de chose, mais j’ai bien fait, parce que je voulais ouvrir mon cadeau ce soir, et c’était une belle surprise. J’ai ouvert les yeux et j’ai pris tout ce qui se passait autour, ça m’a poussé ».
Un chauvinisme à toute épreuve
A partir du moment où le public basket de Lille a passé dimanche tout un choc Etats-Unis – Serbie à prendre en grippe Joel Embiid, coupable d’avoir réclamé (et obtenu) un passeport français avant de privilégier Team USA, on comprend qu’on est face aux Jeux du chauvinisme +++.
L’atmosphère de rivalité exacerbée pour le quart de finale de rugby à VII entre la bande à Antoine Dupont et l’Argentine, jeudi au Stade de France, a été un délicieux moment de ces débuts de JO. Autre moment symbolique de ce côté « une salle, deux ambiances » : dimanche après-midi, l’Arena Champ-de-Mars tremble pour pousser (en vain) le judoka tricolore Walide Khyar vers une médaille de bronze.
Quelques instants plus tard, pendant la moitié… de la grande finale des -66 kg sans Français, on a droit à un univers brutalement feutré. Qu’ils soient judokas, escrimeurs, nageurs, pongistes… et même membres de 49er, les athlètes tricolores reçoivent un soutien au-delà de leurs attentes. « Je ne suis pas spécialiste d’escrime, indique ainsi Etienne, Parisien de 29 ans. Mais pas besoin de maîtriser les règles pour pousser les Français. Les JO, ça relance la fibre patriotique. » Supporter italien présent lui aussi dimanche au Grand Palais, Matteo a bien perçu cela : « L’ambiance mise par le public est extraordinaire, on n’a jamais vu ça en escrime. Et quand c’est un Français, c’est un souffle unique, qui te prend aux tripes ».
Nos athlètes témoins
Clément Péquin (représentant équipe de France de 49e) : « On ne s’attendait pas du tout à une telle ambiance. Quand on est sortis de la Marina avec ce petit passage devant le public, on a versé une petite larme avec mon partenaire Erwan Fischer. C’est incroyable de sentir l’engouement français derrière nous. »
Alexis Lebrun (pongiste de l’équipe de France) : « J’ai pris une claque énorme. Je m’attendais à un truc incroyable avec ces JO à domicile mais pas à ce point-là. Ça m’a vraiment super ému et, même maintenant, face aux médias, c’est encore un peu dur d’en parler. »
Sébastien Patrice (escrimeur des Bleus, sabre) : « Côté ambiance, c’est des chefs ! Pour de l’escrime, je n’ai jamais connu ça. Je suis fier du public français et fier d’être français. C’est magique ce que les supporters nous ont fait vivre. Ça m’a galvanisé ».
Un public non connaisseur
« Le tennis à Roland-Garros, il a changé », pourraient nous confier dans une puissante interview croisée Taylor Fritz et David Goffin. Eh bien, figurez-vous que la « footballisation » des tribunes sur de grands événements sportifs s’étend à certaines disciplines olympiques de Paris 2024. En tête de liste, on songe aux tournois d’escrime et de judo, où le bruit ambiant et les enflammades brutales sont ici bien différents de leurs compétitions majeures hors JO.
Mais aussi à la voile, comme l’explique Théo (39 ans), venu à la Marina olympique de Marseille avec sa compagne Léa et son fils de 7 ans Eliott : « On est en vacances chez les beaux-parents, et c’est l’occasion de venir, même si on n’y connaît rien. C’est super sympa de voir du sport à la plage, sous le soleil. Il y a de vrais supporters connaisseurs qui nous ont expliqué les règles de la voile et des séries. C’était super d’être avec eux, ils avaient même un mégaphone pour tenir les gens au courant ».
Nos athlètes témoins
Yannick Borel (escrimeur, épée) : « C’est une énergie de fou, mais il faut savoir la gérer. Il ne faut pas trop se laisser envahir. Parfois, le public te pousse à y aller, et tu ne dois pas écouter ça. J’ai réussi à verrouiller un peu toutes les émotions ».
Stéphane Nomis (président de la Fédération française de judo) : « C’est une ambiance qu’on n’a jamais eue dans une salle de judo, où que ce soit dans le monde. On sent que beaucoup de supporters ne sont pas des judokas et qu’ils ont l’habitude de faire du bruit dans des stades de football ou de rugby. Dans les compétitions uniquement de judo, il y a un code moral qui implique beaucoup plus de respect des adversaires. Samedi matin, j’avais les boules pour les athlètes, je pensais que ce changement pourrait les perturber. Mais j’ai vite vu qu’ils étaient hyper contents de vivre ça. » Ça tombe bien, ce sentiment est partagé par tout Paris 2024.


















