JO 2024 Handball : « Le lieu idéal »… Comment le hall 6 du Parc des Expositions a conquis les Bleues en « Chaudron »
BOMBONERA•Si l’équipe de France féminine de handball a fini par venir à bout de la Hongrie jeudi soir (31-28), elle le doit en partie à la bluffante ambiance au sein de l’Arena Paris Sud 6, qui avait suscité les railleries du basket français en 2022Jérémy Laugier
L'essentiel
- L’équipe de France féminine de handball est parvenue à remporter son premier match des JO de Paris 2024, jeudi soir contre la Hongrie (31-28).
- Cette entame olympique complexe pour les Bleues d’Olivier Krumbholz s’est déroulée dans une Arena Paris Sud 6 qui attisait beaucoup de curiosité.
- La petite enceinte de 5.765 places, temporaire dans sa version événement sportif, a finalement beaucoup plu à la gardienne Hatadou Sako, qui a vu ce « Chaudron » comme le « lieu idéal » pour bien lancer le tournoi olympique.
A l’Arena Paris Sud 6,
Jusqu’à jeudi soir, lorsqu’on associait le Parc des Expositions de la Porte de Versailles aux JO de Paris 2024, on ne songeait spontanément qu’à une grosse polémique au sein de la planète basket. Rudy Gobert et Evan Fournier s’étaient insurgés sur les réseaux sociaux, dès 2022, à l’idée de se retrouver, tout comme Stephen Curry, LeBron James and co, dans ce Hall 6 à la capacité réelle de 5.765 places. Le scepticisme était alors tel, y compris du côté de la Fédération internationale de basket (Fiba), que le simple terme d’Arena était remis en cause pour cet espace habitué aux salons (dont celui de l’Agriculture), congrès et expos, mais pas aux événements sportifs.
Ce n’est plus le problème du basket, qui a depuis hérité de deux enceintes bien plus prestigieuses, entre l’habituel stade du Losc (dans une configuration de 27.000 places) puis l’Arena de Bercy (15.000 places). Mais le véritable décollage de ce hall 6, à l’occasion d’un France-Hongrie de handball féminin au dénouement incertain, a balayé tout ce bad buzz.
« Un côté cheap des structures temporaires »
Car derrière un plafond foncièrement bas, ce qui était la principale moquerie de nos basketteurs NBA, et « un côté globalement cheap de ces structures temporaires qui ne font pas rêver » (dixit Vincent, un supporteur venu de Lyon pour ces JO), cette salle a de sérieux atouts pour faire vibrer athlètes et spectateurs. Surtout lorsqu’il vous faut faire face à une entame de match cata, avec quatre buts de retard après 9 minutes de jeu (2-6), et « un ballon un peu lourd » comme le résume l’ailière gauche Chloé Valentini.
La remontée initiée par Méline Nocandy, Léna Grandveau et Oriane Kanor (9-8, 19e) a alors fait rugir cette inattendue « Bombonera du 15e arrondissement », pour aboutir à un succès (31-28) mérité à défaut d’être convaincant. « Comme on n’a pas fait l’échauffement sur le terrain mais dans une salle annexe, on a seulement découvert cette impressionnante ambiance à la présentation des équipes », raconte la demi-centre française Tamara Horacek. « L’ambiance était ouf dès la Marseillaise, il n’y a rien à dire », poursuit sa coéquipière Chloé Valentini.
Malgré les 13 ballons perdus rien qu’en première période par des Bleues très crispées, l’Arena Paris Sud 6 n’a eu de cesse de pousser, à coups de ola et de tubes comme Freed from Desire et Dans les Yeux d’Emilie repris avec ferveur. Mais les partenaires d’Estelle Nze Minko n’avaient-elles pas tout de même un petit regret en songeant à leurs compatriotes basketteuses qui vont entamer lundi leur rêve olympique dans une salle quasiment cinq fois plus grande à Lille ?
« J’aime me sentir compressée par l’ambiance »
« C’est vrai que quand on pensait à ces JO à domicile, on s’imaginait une salle énorme, très spacieuse, reconnaît la gardienne tricolore Hatadou Sako. Et puis non, on est arrivée là dans cette salle beaucoup plus "cocon". Mais ce n’est pas plus mal finalement d’avoir le public très proche de soi pour pouvoir sentir le bruit, la chaleur et l’échange de feelings avec les supporteurs. »
Un enthousiasme partagé par Tamara Horacek : « Tant qu’il y a de l’ambiance et qu’on sent le public, ça me convient, qu’il y ait 6.000 ou 15.000 personnes ». Déterminante en début de seconde période, avec au total quatre arrêts spectaculaires, Hatadou Sako poursuit.
« Le public a forcément de l’impact. Quand on revient au score et qu’il se met à nous acclamer, bien sûr qu’on a envie de bien faire pour entendre ce bruit-là. On se porte entre nous, mais les supporteurs nous portent aussi. Et pour moi, c’est le lieu idéal, en vrai, pour pouvoir vivre des choses incroyables. J’ai besoin d’échanger avec le public, je suis dans mon élément quand c’est comme ça. J’aime me sentir compressée par l’ambiance de la salle et je pense que ça se voit. »
« Il fait juste un peu froid dans cette salle »
Si peu, quand on repense à sa manière d’haranguer la foule, comme transcendée, après chacune de ses parades. En fait, ça sera un quasi crève-cœur pour les joueuses d’Olivier Krumbholz de quitter Paris 15e pour rejoindre Lille et sa vertigineuse enceinte, en vue des phases finales auxquelles les championnes olympiques et championnes du monde en titre semblent promises ? « Non, c’est juste que ça serait peut-être plus difficile d’avoir des échanges avec un public plus éloigné, précise Hatadou Sako. C’est incroyable de jouer dans un Chaudron comme celui-ci. »
Même du côté hongrois, l’expérience dans le plus petit espace de ce Parc des Expositions a été appréciée. « Cette Arena est parfaite pour du handball, avec une super atmosphère, confie ainsi Viktoria Gyori-Lukacs. Seul bémol, même si on nous a préparées à ça au village olympique : il fait un peu froid dans cette salle. » Pas d’inquiétude, c’est simplement la sévère clim qu’imposent les handballeuses tricolores à leurs adversaires dans chaque grand tournoi, non ?



















