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Des sifflets durant l’hymne et des drapeaux palestiniens crispent Israël

JO 2024 Football : Des sifflets durant l’hymne et des drapeaux palestiniens brandis pendant le match Israël-Mali

FOOTBALL et POLITIQUEPour sa véritable entrée dans les Jeux olympiques, la délégation israélienne a vécu mercredi un premier match assez électrique au Parc des Princes, lors du nul (1-1) contre le Mali
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Pour la première soirée des Jeux olympiques de Paris 2024, le Mali et Israël se sont quittés mercredi au Parc des Princes sur un match nul 1-1.
  • Cette rencontre était très observée, puisqu’il s’agissait du premier grand rendez-vous de la délégation israélienne sur ces JO.
  • L’ambiance a parfois été tendue dans les tribunes parisiennes, en raison des copieux sifflets ayant accompagné l’hymne israélien et des drapeaux palestiniens brandis.

Au Parc des Princes,

Des photos et des sourires partagés entre supporteurs maliens et israéliens aux abords du Parc des Princes, puis des compositions d’équipes annoncées par le speaker sans le moindre sifflet (ou insulte) dans les tribunes. On a naïvement pu penser mercredi qu’on avait eu tort de redouter cette première soirée des Jeux olympiques de Paris 2024, sous surveillance en raison de la programmation de ce match du tournoi de football Mali-Israël. Et puis l’hymne israélien a retenti à 20h56, comme un tournant à même de dicter l’atmosphère du rendez-vous. De copieux sifflets ont émergé un peu partout, alors qu’en bas du virage Auteuil se tramait un coup à la symbolique forte au vu de la brûlante actualité dans le Moyen-Orient.

Treize spectateurs masqués, subitement entourés de drapeaux de la Palestine (et d’un fumigène), formaient avec leur tee-shirt à une lettre l’inscription « Free Palestine ». De quoi rendre l’affrontement électrique hors pelouse, au contraire d’une première période plaisante mais sans but. Dans la tribune Borelli, quelques mètres sous la tribune de presse, un groupe brandissait plusieurs drapeaux de la Palestine, une bouée gonflable représentant une pastèque (symbole de soutien à la cause palestinienne), puis des autocollants « Gaza au secours » et « Palestine vivra ».

Des centaines de drapeaux israéliens se trouvaient un peu partout au Parc des Princes mercredi.
Des centaines de drapeaux israéliens se trouvaient un peu partout au Parc des Princes mercredi. - A. Morissard/AP/SIPA

« La sécurité n’a pas le droit d’enlever nos drapeaux »

Au vu des gestes obscènes échangés avec des voisins israéliens bien remontés à la mi-temps, on a pu craindre le pire. Mais qui étaient donc ces spectateurs soutenant la sélection malienne en mode FC Procuration ? Il s’agissait de membres du Collectif Urgence Palestine. « Il n’y a pas de souci, confiait l’un d’eux à la pause. Même si des Israéliens réclament ça en boucle, les agents de sécurité n’ont pas le droit de nous enlever nos drapeaux et ils n’ont pas cherché à le faire. Nous sommes sereins, nous voulons juste mettre en avant la cause palestinienne ce soir. »

Un peu plus loin, un supporteur israélien est pourtant parvenu à arracher ce drapeau qui pourrait être un fil rouge de ces JO de Paris 2024, même si la délégation palestinienne ne se compose que de huit athlètes cet été. L’annonce d’avant-match du speaker réclamant « respect et unité » semblait alors être très loin. Si des « Free free Palestine » ont encore pu être scandés en seconde période au Parc mercredi, y compris par des Maliens, les drapeaux avec l’étoile de David étaient omniprésents.

Israël a profité d'un but contre son camp du Malien Hamidou Diallo, mercredi au Parc des Princes, pour ouvrir le score dans une sacrée ambiance (0-1, 57e).
Israël a profité d'un but contre son camp du Malien Hamidou Diallo, mercredi au Parc des Princes, pour ouvrir le score dans une sacrée ambiance (0-1, 57e). - J Gruber / USA TODAY Network/Sipa USA/SIPA

« On ne redoutait pas vraiment ces sifflets »

« C’était notre premier match olympique depuis quarante-huit ans et l’atmosphère était incroyable, insiste le sélectionneur Guy Luzon. Beaucoup d’Israéliens vivent à Paris donc on espérait avoir un beau soutien. Mais là, nous sommes tellement fiers d’avoir eu droit à autant de drapeaux, ça m’a personnellement beaucoup ému. » Contrairement à son coach, l’ailier du Maccabi Tel Aviv Osher Davida (23 ans) ne retenait pas que le positif dans cette ambiance.

« Bien sûr que nous sommes déçus que des gens aient sifflé notre hymne mais c’est leur problème. Pour l’hymne malien, il y a eu beaucoup plus de respect, c’était très calme dans le stade. On ne redoutait pas vraiment ces sifflets avant le match, et on ne va pas leur accorder plus d’importance que ça. Pendant le match, j’ai quand même vu des drapeaux palestiniens mais je ne me suis pas trop concentré dessus. »

Osher Davida

On peut compter sur le ministre de l’Intérieur français Gérald Darmanin pour y avoir davantage prêté attention depuis la « Corbeille » du Parc, tout comme le président de l’Etat d’Israël Isaac Herzog, lui aussi présent pour ce match conclu sur un nul 1-1.

« On se sent tous parfaitement en sécurité »

Et si on pouvait craindre le pire sur le plan sécuritaire pour ce premier temps fort pour la délégation israélienne, il n’y a a priori eu que de légères échauffourées entre des spectateurs et des forces de l’ordre autour du stade après la rencontre. Un moindre mal donc vu comme la guerre Hamas-Israël s’invite depuis de longs mois, de manière extrêmement clivante, sur le sol français.

NOTRE DOSSIER SUR LES JO DE PARIS 2024

De quoi placer tous ces athlètes israéliens dans un climat de peur durant ces JO de Paris 2024 ? « Non, ma femme et ma mère sont en France actuellement et on se sent tous parfaitement en sécurité, assure Osher Davida. La police fait du bon boulot. » Et un boulot à temps (plus que) plein, puisque Gérald Darmanin a confié que le GIGN était présent « 24 h/24 » auprès des membres de la délégation israélienne.