JO Paris 2024 : Après le refus de son voile, Sounkamba Sylla sera à la cérémonie d’ouverture avec une casquette
polémique•La relayeuse française avait regretté lundi de ne pas pouvoir participer à la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024, avant d’annoncer mercredi avoir trouvé un accord en portant une casquetteJ.Lau. avec AFP
Une solution a enfin été trouvée entre le CNOSF et l’athlète française Sounkamba Sylla. La relayeuse de 26 ans a en effet indiqué mercredi qu’elle pourrait finalement participer à la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024 vendredi en y portant une casquette. Le port de son foulard posait problème aux autorités françaises, qui l’interdisent pour leurs athlètes au nom de la laïcité.
« Nous avons finalement trouvé un accord afin que je puisse participer à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques », a indiqué Sounkamba Sylla sur son compte Instagram, après avoir regretté de ne pas pouvoir y aller « parce que tu portes un foulard sur la tête ».
« Il lui a été proposé de porter une casquette lors du défilé, ce qu’elle a accepté », a de son côté détaillé le Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Un compromis trouvé après des échanges entre l’athlète, la Fédération française d’athlétisme (FFA), le ministère des Sports et Bermuti qui fait les tenues.
Oudéa-Castéra tient aux « principes » de laïcité
Sur ce sujet sensible en France, la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra avait dit mercredi sa « volonté que Sounkamba Sylla puisse participer à cette cérémonie d’ouverture » tout en respectant le « principe de neutralité » auquel l’athlète est soumise. En vertu du principe de laïcité, les agents de la fonction publique en général ont l’obligation de respecter une « stricte neutralité » et ne doivent pas manifester leurs convictions, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques.
Dans l’espace public, le port des signes religieux pour toutes les personnes ne fait l’objet d’aucune restriction. « Lors de Jeux olympiques et paralympiques, le port de signes ou tenues à caractère religieux est proscrit pour les membres de l’équipe de France en application du principe de neutralité », détaille le ministère des Sports dans une note de juin 2024, qui rappelait la jurisprudence du Conseil d’Etat, la plus haute instance administrative française.
Cette interdiction, qui ne concerne que les Françaises et pas les athlètes des autres délégations, vise dans les faits les femmes de confession musulmane et voilées. Seule Sounkamba Sylla semble être concernée dans la délégation tricolore. « On veut être solides sur le respect de ces principes [de laïcité] mais en même temps on veut être dans une attitude bienveillante, la plus constructive possible, et être inventifs sur les solutions pour que tout le monde se sente bien », a précisé Amélie Oudéa-Castéra mercredi.
« Discriminatoire » selon Amnesty International
Ce n’est pas la première fois que la question se pose pour la jeune athlète, qui avait couru avec un foulard aux Mondiaux d’athlétisme de Budapest en 2023, mais qui avait dû y renoncer en juin lors des Championnats d’Europe d’athlétisme à Rome. Avant la compétition en Italie, Amélie Oudéa-Castéra avait rappelé « l’exigence de neutralité » des athlètes et demandé à la FFA de faire appliquer la règle. Après concertation avec la principale concernée, la FFA lui avait alors bricolé une casquette pouvant cacher ses cheveux sans s’envoler à la moindre accélération.
Pour Amnesty International, une telle interdiction du port du voile pour les athlètes olympiques françaises est « discriminatoire ». « Alors que ces Jeux sont présentés comme étant les premiers à afficher "une stricte parité entre les femmes et les hommes", les autorités françaises ont démontré de manière assumée que leurs efforts visant à améliorer l’égalité des genres et l’inclusivité dans le sport ne s’appliquent pas aux femmes et aux filles musulmanes qui portent un couvre-chef religieux », déplore l’organisation de défense des droits humains dans un rapport mi-juillet.
« Le port du voile n’a rien à voir avec les performances »
Dans sa note, le ministère français des Sports précise que le principe de neutralité s’applique pour tous les entraînements, compétitions, cérémonies et autres engagements officiels, mais pas forcément au village olympique. Sur les réseaux sociaux, quelques athlètes de l’équipe de France ont apporté leur soutien à Sounkamba Sylla, restée discrète sur le sujet.
« C’est malheureux pour les athlètes françaises car le port du voile n’a rien à voir avec les performances et ça ne devrait pas être un sujet », a de son côté regretté sur Instagram la boxeuse australienne Tina Rahimi, se disant de son côté « reconnaissante de pouvoir concourir avec (son) hijab ». « C’est déjà tellement difficile d’être une athlète olympique, alors devoir abandonner sa foi pour participer… », a-t-elle ajouté.



















