Equipe de France : « Pas prévu qu’on s’appelle »… La fin de l’ère Deschamps, un malaise qui ne dit pas son nom ?
ressentiment•Le président de la FFF, Philippe Diallo, a reconnu ce mardi que le désormais ex-sélectionneur des Bleus avait refusé l’idée d’un hommage pour marquer la fin de son aventure à la tête des Bleus. Pour l’instant, le ressentiment semble prendre le dessusNicolas Camus
L'essentiel
- Zinédine Zidane a été officiellement nommé sélectionneur de l’équipe de France ce mardi matin.
- Lors de sa conférence de presse de présentation, l’idole du peuple a eu des mots élogieux pour son prédécesseur Didier Deschamps… tout en reconnaissant que les deux hommes n’avaient « pas prévu » de s’appeler.
- Déçu du « climat irrespirable » autour de lui lors de ses dernières années de mandat, Deschamps a refusé l’hommage proposé par le président de la FFF Philippe Diallo, accréditant la thèse d’un malaise sous-jacent.
Dès qu’il en a eu l’occasion mardi matin, lors de sa conférence de presse d’intronisation, Zinédine Zidane a rendu hommage à Didier Deschamps. « Je veux féliciter DD et tout son staff pour ces 14 années remarquables, a-t-il dit dès son introduction. Bravo pour tout ce que tu as fait, tout le monde est reconnaissant. » Il a ensuite loué le jeu pratiqué pendant la Coupe du monde, « magnifique ». Le président de la FFF Philippe Diallo avait également eu un mot pour le désormais ex-sélectionneur juste avant. Il n’empêche, le malaise est perceptible autour de cette passation de pouvoir.
Il apparaît en réalité que Deschamps semble ne pas très bien vivre sa fin de règne. En mars, il n’avait pas apprécié que Diallo parle ouvertement de sa succession dans une interview accordée à L’Equipe, et officialise quasiment l’arrivée de Zidane. Le champion du monde 2018 a dû faire avec l’ombre imposante de son illustre ancien coéquipier, ce qui lui a pesé.
« DD et l’environnement irrespirable »
Ironie de l’histoire, c’est exactement pour la même raison que les liens entre les deux hommes, qui ont joué ensemble pendant six ans sous le maillot bleu et trois ans à la Juventus, se sont distendus à partir de 2012. Selon le quotidien sportif, Zidane avait reproché à Deschamps d’avoir discuté avec la FFF avant même que le départ de Laurent Blanc, dont il est proche, ne soit officialisé. Sorte de retour à l’envoyeur, donc.
C’est dans ce contexte que Deschamps avait eu ces mots surprenants, le 18 juillet, après le match pour la défaite contre l’Angleterre (4-6) scellant son aventure de sélectionneur : « J’ai décidé que ça devait s’arrêter, pas pour moi, mais pour le bien de l’équipe de France. Il y avait un environnement tellement irrespirable par rapport à moi… »
Dans la foulée, il a refusé l’hommage proposé par Philippe Diallo pour ses 14 années de mandat. « Ça n’a pas pu se faire, mais mon souhait est toujours de lui rendre hommage pour ce qu’il a apporté au football français, à la tête de l’équipe de France, a expliqué le patron de la FFF ce mardi. Je me rapprocherai de lui pour voir dans quelles conditions et quand il sera prêt pour cet hommage. »
Ce sera peut-être pour la rentrée de septembre, donc. Si l’ancien capitaine des Bleus a pris du recul d’ici là, et renoue le lien avec Zidane, éventuellement. « Ce n’est pas prévu qu’on se parle avec DD, a reconnu ZZ mardi. Mais si je parle avec lui, ce sera avec plaisir. » Si l’équipe de France est bien « au-dessus de tout », comme l’a si souvent répété l’ancien coach de l’OM, cela devrait pouvoir se faire. Quoi qu’on en dise sur la lassitude qui a pu affleurer, par le jeu ou les discours, Deschamps, qui a ramené les Bleus sur le toit du monde, mérite bien ça.
Toute l'actu des BleusEn attendant, Zidane a été plutôt flou sur l’héritage laissé par son prédécesseur. Parlant tantôt de « rupture » tantôt de « continuité », il a cheminé sur un fil, en prenant bien soin de ne pas aller trop loin pour ne pas en tomber. « On va faire différent. DD, c’est DD. Laurent Blanc, c’est Laurent Blanc. Zizou c’est Zizou, a-t-il expliqué. Je vais essayer de faire ce que je sais faire. La continuité, c’est de mettre tout en place pour que l’équipe de France continue à gagner. Le reste, ma philosophie de jeu, on aura le temps d’en parler », a-t-il conclu.


















