JO 2024 – Il y a un an : Avec le doublé Apithy-Brunet – Balzer, le jour de gloire de l’escrime française
souvenez-vous l'été dernier (4/18)•Le doublé historique des sabreuses françaises Manon Apithy-Brunet et Sara Balzer a été le point d'orgue d'une semaine riche en émotion pour l'escrime tricoloreAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- La finale du sabre féminin opposait les deux Françaises et amies Manon Apithy-Brunet et Sara Balzer.
- Si le duel a penché en faveur de la première, ce doublé or-argent pour l’équipe de France est un exploit historique aux JO.
- La dernière fois, c’était aux Jeux d’Atlanta en 1996, avec l’or pour Laura Flessel et l’argent pour Valérie Barlois à l’épée.
Il y a un an se tenaient les plus beaux Jeux olympiques de l'histoire (oui, on le pense toujours). Du 26 juillet au 12 août, « 20 Minutes » vous propose de revivre un grand moment de chaque journée, à travers les récits de ses envoyés spéciaux. Une manière de faire revivre l'émotion, et se rappeler où l'on était quand ils se sont déroulés.
Au Grand Palais doré,
On a de suite remarqué que quelque chose se tramait, lundi matin, en arrivant dans la tribune de presse du Grand Palais, où se dispute le tournoi olympique d’escrime. Plus de journalistes français que lors des deux premiers jours de compétition, une attente monstre et une envie, pressante, de voir de l’or après les deux (belles) médailles d’argent d’Auriane Mallo-Breton et Yannick Borel.
Tout ce beau monde n’était pas forcément là pour voir Enzo Lefort ou Maxime Pauty, éliminés en quarts de finale, mais bien pour assister au couronnement de Sara Balzer ou Manon Apithy-Brunet, les deux queens du sabre, favorites pour décrocher la plus belle des médailles. Mais, puisque le sport de haut niveau est, la plupart du temps, synonyme de déception, on s’était blindés, pour que notre petit cœur ne souffre pas trop. Médisants que nous sommes.
Le sabre féminin, un bébé olympique
Non seulement Manon Apithy-Brunet a été titrée dans un Grand Palais ivre de bonheur, mais, en plus, Sara Balzer a récupéré l’argent. Un doublé incroyable pour l’équipe de France d’escrime, qui n’avait plus vu pareille performance depuis 1996, avec l’or pour Laura Flessel et l’argent pour Valérie Barlois à l’épée. « On peut parler de phénomène historique dans ce que l’on est en train de vivre, savoure le DTN, Jean-Yves Robin. D’autant que le sabre dame est une arme relativement neuve dans le paysage de l’escrime. »
Le sabre féminin a débarqué aux Jeux olympiques en 2004 et depuis l’épisode athénien, seule une petite breloque, en bronze, avait été ramenée par Manon Apithy-Brunet, il y a trois ans à Tokyo. La voilà donc championne olympique à 28 ans, après une journée négociée à la perfection, notamment au niveau de ses émotions. « Ce qui me rend très heureux, c’est la qualité du sabre fourni, se réjouit Jean-François Lamour, auteur du back-to-back au sabre aux JO de 1984 et 1988. Ce sont des parades ripostes, des attaques sur la préparation, c’est hyper bien préparé, des qualités physiques exceptionnelles. »
« Aujourd’hui, on peut parler de consécration, mais c’est quelque chose sur lequel on a beaucoup travaillé et on avait de réelles ambitions dans cette arme, reprend le DTN. On a réussi notre coup, et c’est super quand ça se passe comme ça. Les filles ont été au rendez-vous et ont fait ce qu’il fallait pour se retrouver en finale l’une contre l’autre. »
« Nous, on ira boire une bière »
La suite était presque anecdotique. Manon Apithy-Brunet a dominé la finale (15-12), qui n’a jamais vraiment atteint des sommets, et s’est emparée, enfin, de ce titre olympique qu’elle avait approché à Rio et à Tokyo, face à celle qui a dominé toute la saison de Coupe du monde. « C’est exceptionnel cette performance dans le sabre féminin français, je n’ai pas vraiment de mots, nous expliquait l’entraîneur Julien Médard avant la finale. Elles n’ont plus qu’à s’expliquer entre elles, et nous, on ira boire une bière ! »
C’était presque vrai. A chaque affrontement entre deux tireurs/tireuses tricolores, les coachs quittent leur box et laissent les athlètes se débrouiller sans eux. Mais ils étaient vite de retour au moment de célébrer les deux finalistes sur la piste, avec toute l’équipe de France de sabre, drapeaux bleu blanc rouge sur les épaules. Le tout sous l’ovation d’un public qui est resté longtemps entre deux eaux.
« Elles ont gagné ensemble »
Pour la première fois en trois jours, même lors d’obscurs affrontements entre un Chypriote ou un Polonais, des encouragements se faisaient relativement discrets. S’il y a bien eu un bruit sourd au moment de l’entrée des deux tireuses sur la piste du Grand Palais, après le désormais traditionnel cérémonial digne du Second Empire, tout le monde s’est calmé dès le début de l’assaut. Comme si on ne voulait pas faire mal à l’une si on encourageait l’autre. Il y a bien eu un « Allez les Bleues » retentissant, mais pas grand-chose d’autre. Choisir, c’était renoncer. Alors le Grand Palais n’a pas choisi.
Les 8.000 personnes attendaient juste le dénouement, sans vraiment de favorite, juste pour féliciter et fêter les deux tireuses. « Elles ont un an d’écart, elles ont grandi ensemble dans les compétitions, elles ont été rivales, concurrentes, coéquipières, elles ont gagné ensemble, elles ont perdu ensemble, nous témoignait Boladé Apithy, le mari de Manon, avant le duel final. Moi, mon cœur il est avec Manon, mais ce qu’elles nous ont offert toutes les deux, c’est magnifique. » Rien à rajouter.



















