02:05
FC Nantes-OL : Lyon n’a « pas d’autre issue » que de rafler la Coupe de France pour sauver une saison « abominable »
FOOTBALL•Privé de titre depuis onze ans, l’Olympique Lyonnais a une occasion unique de s’offrir la Coupe de France, à condition déjà de remporter sa demi-finale à la Beaujoire ce mercredi (21h10)Jérémy Laugier
L'essentiel
- Largué en Ligue 1 (9e), l’Olympique Lyonnais va devoir passer par la Coupe de France pour tenter d’accrocher une qualification européenne.
- La demi-finale du groupe de Laurent Blanc, ce mercredi (21h10) à Nantes, fait donc déjà figue de match couperet, en vue d’un premier titre depuis 2012 et d’une place en Ligue Europa.
- Les supporteurs lyonnais, qui rempliront le parcage visiteur à la Beaujoire, veulent croire en un épilogue heureux, au bout d’une saison « abominable ».
Les années se suivent et se ressembleraient presque à l’Olympique Lyonnais. Il y a un an, après une saison dans l’anonymat de la Ligue 1, bouclée à la huitième place avec Peter Bosz, les supporteurs s’étaient mis à rêver d’une épopée européenne, avec un quart de finale de Ligue Europa contre West Ham. Mais après une énième déception (1-1 ; 0-3), l'OL a tiré un trait sur un sombre exercice 2021-2022 dès le 14 avril, sans qualification européenne à la clé donc. Le couperet d’une nouvelle année galère va-t-il tomber encore plus tôt en 2023, à l’occasion de la demi-finale de Coupe de France à Nantes ce mercredi (21h10) ?
Le parcage visiteur à guichets fermés (environ 1.200 supporteurs), comparable à celui du London Stadium en avril 2012, symbolise l’engouement lyonnais autour de cette demie, rare éclaircie d’une saison on ne peut plus morose, sans Coupe d’Europe et avec une 9e place en Ligue 1 à 16 points d’un podium ouvertement visé l’été dernier. « On a la pression, on sait qu’il faut gagner ce match, il n’y a pas d’autre issue, a reconnu Laurent Blanc, mardi en conférence de presse. J’adore jouer ce genre de matchs. Il y en a peu comme ça dans une saison. Ce qui me dérange, c’est que ce n’est pas une finale, et j’espère qu’à Lyon, les matchs importants redeviendront des finales. »
« On est vaccinés côté moments ridicules »
La dernière remonte au 31 juillet 2020, avec une défaite aux tirs au but en Coupe de la Ligue contre le PSG en pleine période de Covid-19. Privé de trophée depuis la Coupe de France 2012, l’OL a une chance unique de dépoussiérer son musée. « C’est sûr que je ressens de la frustration de ne pas avoir encore eu un titre avec mon club », confesse Anthony Lopes (32 ans). L’opportunité est d’autant plus unique au vu du plateau restant, entre le FC Nantes donc (tenant du titre mais 14e en L1), Toulouse (13e en L1) et le FC Annecy (15e de L2).
« On est un paquet de supporteurs à penser au pire et pourtant, quand on voit la liste des adversaires, on ne peut pas rater cette occasion de remporter la Coupe, note Richard, un habitué du virage sud, qui se rend à la Beaujoire ce mercredi. Mine de rien, c’est en train de devenir une coutume lyonnaise de devoir tout miser sur une compétition pour tenter de sauver une année cata en Ligue 1. » Car si Anthony Lopes continue d’estimer que « rien n’est fini en championnat », à neuf journées de la fin, l’illustre Ligue Europa Conférence reste à huit points, et la Ligue Europa à treize. Autant dire qu’une qualif en C3 ne pourrait passer que par un parcours parfait en Coupe de France.
« Si on ne gagne pas ce trophée dans ce contexte, et même si on est vaccinés côté moments ridicules dans cette saison abominable, c’est désespérant, ironise Frédéric, abonné du Parc OL et également à Nantes ce mercredi. Si d’aventure on gagnait la Coupe de France en finissant 9es en Ligue 1, je pense qu’aucun supporteur ne serait dupe. Ça allégerait l’atmosphère mais ça ne serait pas un coup d’éponge magique sur une spirale hyper négative, marquée par l’absence d’une véritable politique sportive. » »
« Une semaine extrêmement excitante »
Si cette perspective d’un rendez-vous sans filet réveille chez certains supporteurs le souvenir de la fin de saison 1995-1996, marquée par la défaite en finale de la Coupe de la Ligue (0-0, 4-5 aux t.a.b.) contre Metz après une 11e place en D1, il n’y a pas besoin d’aller aussi loin dans l’histoire du septuple champion de France. L’élimination européenne contre West Ham avait en effet montré, il y a un an à Décines, qu’une telle désillusion pouvait provoquer la colère illico des tribunes. Pourrait-on imaginer pareilles conséquences à Nantes, ou dimanche (13 heures) contre Rennes en cas de nouveau fiasco ce mercredi ?
« Ça dépend de la physionomie du match, estime Jean-Pierre, abonné au virage nord. Contre West Ham, ce n’était pas qu’une défaite mais un naufrage collectif, qui laissait finalement augurer ce qu’on subit cette saison encore. » Après le succès de prestige au Parc des Princes dimanche (0-1), Anthony Lopes évoque « une semaine extrêmement excitante qui peut apporter de la joie ». Ne s’accompagnerait-elle pas surtout d’une pression supplémentaire pour ce groupe incapable d’enchaîner les performances depuis deux ans ?
Notre Dossier sur l'OL
« Il est clair que Lyon aura une bien plus grosse pression sur ses épaules que les trois autres demi-finalistes, confirme Jean-Marc Chanelet, ancien latéral nantais, avant d’être double champion de France avec l’OL en 2002 et 2003. Il ne faut pas que cet enjeu inhibe les joueurs, qui passeraient à côté de tout dans cette saison en cas d’élimination à Nantes. » Le supporteur lyonnais Frédéric lance à ce propos une comparaison parlante : « Cet OL a vraiment le profil de l’élève en dilettante, qui révise ses partiels la veille des examens. Et nous restons des idiots de supporteurs, encore prêts à croire en un titre, alors qu’on va se faire avoir comme à chaque fois ». N’en déplaise à Karl Toko Ekambi, supporteur l’Olympique Lyonnais est un métier à hauts risques.


















