Ligue 1 : Karl Toko Ekambi charge les dirigeants de l’OL et dénonce le racisme des supporteurs lyonnais
FOOTBALL•Actuellement prêté au Stade Rennais, l’attaquant camerounais ne risque pas de revenir à l’Olympique Lyonnais la saison prochaine, au vu de l’interview qu’il a accordée ce mardi à « So Foot »Jérémy Laugier
Une chose est désormais actée, à en croire l’interview accordée par Karl Toko Ekambi à So Foot ce mardi : l’Olympique Lyonnais ne reverra pas son ex-vice capitaine l’été prochain. Sous contrat jusqu’en 2024 et actuellement prêté sans option d’achat au Stade Rennais, l’international camerounais indique ainsi : « Je ne pense pas rejouer à Lyon. Je n’espère pas en tout cas ». Les raisons de ce point de non-retour sont multiples, après une première partie de saison à l’OL désastreuse sur le plan collectif (9e en Ligue 1 à mi-parcours) comme individuel (aucun but inscrit avec Lyon depuis le 11 septembre avant son départ).
Karl Toko Ekambi rentre dans le vif du sujet en évoquant son conflit avec les virages de supporteurs, qui a éclaté après sa fameuse provocation, une main derrière l’oreille puis un doigt devant la bouche lors d’un succès contre Montpellier (5-2) le 24 avril 2022. « Les supporteurs, je m’en fous, lance ainsi l’ancien joueur de Villarreal. Honnêtement, j’en ai rien à foutre. Bizarrement, ceux qui sont pris pour cible, ce ne sont pas des Lyonnais. Je ne vais pas dire le mot fort auquel je pense, mais voilà, c’est bizarre, ce sont toujours les mêmes profils qui sont ciblés là-bas. » Le Camerounais de 30 ans dénonce le « racisme » des supporteurs de l’OL, qui a selon lui visé également Maxwel Cornet, Bertrand Traoré et Houssem Aouar.
« Ce ne sont pas des hommes »
Outre cette attaque frontale contre les virages du Parc OL, où il a évolué durant trois années, Karl Toko Ekambi s’en prend à la direction du club dans cette interview. Tout d’abord au sujet de la banderole du virage avec sa photo et l’inscription « Dégage », apparue en janvier. « Quand votre photo est partout dans le stade, en grand, que lorsque vous touchez un ballon vous êtes sifflé… C’est dommage parce que je trouve que le club a un peu laissé faire. On sort de l’hôtel, on voit nos photos. On arrive devant le stade, la sécurité laisse les supporteurs passer et nous caillasser. Ça fait beaucoup. Il y a l’impression de ne pas être soutenu par le club. »
Une accusation qui devrait faire du bruit au sein de l’OL, même si le nouvel attaquant rennais ne vise pas Jean-Michel Aulas et Laurent Blanc. Puis Karl Toko Ekambi enchaîne les reproches, en s’en prenant aux sanctions ayant suivi sa sortie sous les sifflets, avec coup de pied dans une poubelle, contre Strasbourg (1-2) le 14 janvier.
« Quand certains membres du club m’envoient des lettres recommandées pour me mettre une amende, m’enlever ma prime d’éthique parce que j’ai tapé dans la poubelle… Ce n’est pas du soutien, ça. Ce ne sont pas des hommes. Ça montre qu’ils sont contre moi, comme les supporteurs. Et ce n’est pas bon pour le club. Quand tu te fais cambrioler, que tu demandes au club de te mettre la sécurité devant chez toi pendant les matchs et qu’il ne donne pas son accord, alors qu’il le fait pour d’autres joueurs… Ça devient bizarre, tu te poses des questions. » »
Remonté comme jamais, Karl Toko Ekambi lance une dernière salve contre le club lyonnais, qui lui aurait demandé de « revenir vite » à l’entraînement après le décès de son père, en 2021. « J’ai dû faire un aller-retour au Cameroun en avion privé pour aller voir le corps de mon père, poursuit-il. Vous vous rendez compte ? On ne m’a pas dit de prendre mon temps, parce qu’on avait match quatre jours plus tard. » Il est rare d’assister à un tel clash entre un joueur encore sous contrat et son club, en plus de ses supporteurs. Sorti sous les sifflets d’une partie du Roazhon Park, samedi face à Lens (0-1), Karl Toko Ekambi (1 but en 9 matchs de L1 avec Rennes) ne s’est pour l’instant pas encore relancé en Bretagne.


















