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Folie des coffee shops… Et si on ne vivait que de petits-déj toute la journée
le repas le plus important de (toute) la journée

Les coffee shops nous incitent à vivre en ne mangeant que des petits déjeuners

On les voit fleurir à chaque coin de rue : les coffee shops ont envahi nos villes. Lattes, avocado toasts, pancakes et œufs Benedict à toute heure… Une tendance qui a modifié nos habitudes
Fiona Bonassin

Fiona Bonassin

L'essentiel

  • A l’occasion de la Journée du petit-déjeuner, 20 Minutes s’interroge sur ce rituel gastronomique à la fois culturel et intime.
  • Le marché des coffee shops est en pleine expansion avec plus de 3.500 points de vente en France pour un chiffre d’affaires de 321 millions d’euros, mais Antoine Le Vu prévient que « je pense qu’il va y avoir beaucoup de cafés qui vont fermer. Non pas parce qu’ils ne font pas du bon travail, mais juste parce qu’il y a trop d’offre. »
  • Pour se démarquer dans ce marché saturé, les établissements rivalisent d’ingéniosité, comme Bakers qui propose des pâtisseries haut de gamme ou Blend qui a développé son offre de petit déjeuner le week-end « pour coller à la tendance actuelle des coffee shops on a juste plus développé notre offre de café. »

En ce jeudi matin dans le 17e arrondissement de Paris, quatre jeunes filles sont installées à la terrasse du coffee shop Bakers. Elles vont commander des matcha latte, des mignardises et papoter de tout et de rien. Sous le soleil, les heures vont passer, elles vont traîner et commander des bagels ou des avocado toasts. Leur façon de consommer n’a rien d’incroyable, l’omniprésence des coffee shops dans nos rues a lancé une nouvelle façon de se sociabiliser et de manger.

Qui n’a jamais rêvé de manger des pancakes à 16 heures ou un croissant chaud à 19 heures sans culpabiliser ? Le petit-déj incarne un moment de douceur, de lenteur et de plaisir. Avocat toast, granola bowl, French toast, omelettes généreuses, bagels… Ces plats sont à la fois réconfortants, instagrammables et moins chers que le classique plat en sauce du midi.

Se sociabiliser et manger des petits déjeuners

Aujourd’hui si vous habitez en ville vous avez remarqué qu’à chaque coin de rue, un coffee shop vous fait de l’œil avec ses vitrines pleines de viennoiseries avec à la carte des avocats toast bien smashés et des œufs qui coulent comme il faut. On est officiellement en pleine folie du petit-déjeuner permanents. Des adresses dédiées à ce moment de la journée ont fait succès en proposant à leurs clients de manger ce qu’ils veulent et quand ils le souhaitent, comme l’explique Thomas Parrain, propriétaire des coffee shops Marlette à Paris : « Ce qui plaît c’est qu’à n’importe quelle heure on peut consommer l’ensemble de nos produits. C’est ce qui fait la richesse du lieu, on peut à la fois avoir du sucré, du salé, des boissons, des plats, à tout moment de la journée. » explique l’homme d’affaires qui juge que les adresses sont pensées aujourd’hui « comme des lieux de vie, des lieux où on va pouvoir se retrouver, où on va pouvoir télétravailler ou prendre son temps. C’est souvent une ambiance assez cosy. C’est très chaleureux. »

Cette folie reflète parfaitement notre époque : on veut du plaisir, de la flexibilité, du réconfort et aussi des prix plus accessibles. Pour Thomas Parrain, les coffee shops répondent à notre envie de consommer sans se priver : « C’est ouvert tôt le matin, finalement, par rapport à un bistro qui n’est ouvert que le midi. Pour ceux qui cherchent à avoir un encas le matin, c’est déjà bien. Et surtout aujourd’hui il y a une grosse tendance autour du café de spécialité, on veut boire des bons produits. » note le professionnel. Quant aux prix parlons-en, alors que manger au restaurant coûte de plus en plus cher, certains coffee shops permettent aux clients de trouver leur bonheur pour moins chers. « Il y a eu une très grande augmentation du prix des restaurants. C’est peut-être plus difficile de sortir le soir pour la Gen Z et les Millenials. Donc je pense que les coffee shops répondent aussi à une nouvelle façon de sociabiliser qui n’est plus forcément de se voir le soir, mais aussi potentiellement de se voir en journée autour d’un café. » juge Antoine Le Vu, le boss des cafés Kozy où l’on peut manger les plats du petit déjeuner toute la journée et pour quelques euros de moins que dans les brasseries, « chez nous un plat ne dépasse pas les 17 euros… On est plus sur les 25 dans d’autres adresses. »

S’adapter pour exister

Mais derrière le bonheur des consommateurs de pouvoir manger leurs plats du petit déj à n’importe quelle heure, la réalité est un petit peu plus compliquée pour les professionnels. Un coffee shop ouvre chaque semaine en France, selon le Collectif café, fédération française du café de spécialité, le pays comptant plus de 3.500 points de vente pour un chiffre d’affaires de 321 millions d’euros. Mais si le marché semble être lucratif, il faut s’attendre à des fermetures selon le créateur de la marque Kozy, Antoine Le Vu :

« Je pense qu’il va y avoir beaucoup de cafés qui vont fermer. Non pas parce qu’ils ne font pas du bon travail, mais juste parce qu’il y a trop d’offres. Ce n’est pas parce qu’il y en a beaucoup qui ouvrent que ça fonctionne… Mais c’est sûr que les gens vont en ouvrir car c’est plus simple. Cela demande moins de compétences et donc c’est moins cher comme business. »

Chez Bakers, le choix a été fait de proposer des pâtisseries de luxe.
Chez Bakers, le choix a été fait de proposer des pâtisseries de luxe.  - F.B/20 Minutes

Les consommateurs ont donc l’embarras du choix pour leurs pauses petit déjeuner qui dure toute la journée. Ceux qui veulent leur part du marché doivent donc rivaliser d’ingéniosité pour convaincre et perdurer dans le temps. Il y a six mois, Raphaël, Tsivia et Eytan (formés au Meurice) ont décidé d’ouvrir Bakers, un coffee shop qui propose donc des cafés, des viennoiseries et surtout des pâtisseries haut de gamme. « Le pari c’était vraiment de faire un café mais qui va proposer des bons gâteaux. On rentre dans une espèce de concept jamais vu, un peu innovant. Parce qu’aujourd’hui, quand on va dans un coffee shop, on trouve des cookies, des tranches de cake assez classiques, même si ça reste bon… Mais pas des pâtisseries comme ici » s’amuse Raphäel Berrebi.

Une offre Café

Quant aux adresses déjà en place, la carte a dû être retravaillée pour séduire un public accroc aux petits déjeuners. C’est le cas des adresses Blend où historiquement on mange des burgers. Depuis peu, ils ont fait le choix de proposer des petits déjeuners le week-end, comme l’explique le gérant des lieux Adrian Parmentier Berlin :

« En ouvrant une nouvelle adresse, on a eu la volonté de faire un petit déjeuner pour s’inspirer des "diners" américains. Pour coller à la tendance actuelle des coffee shops on a juste plus développé notre offre de café. »

Notre rubrique A table !

La folie des coffee shops n’est pas juste une mode passagère. L’espace s’adapte et cette nouvelle mode de consommation reflète notre envie de douceur, de liberté et de plaisir dans un monde qui va trop vite.