Brownimisu, coconut coke, cheesecake japonais… Pourquoi les mix sucrés fascinent autant sur TikTok ?
malbouffe express•Ces millions de vidéos de recettes sucrées express envahissent les réseaux sociaux, mais pourquoi on aime tant les regarder ?Dora Christian
L'essentiel
- Les nouvelles tendances culinaires virales comme le cheesecake japonais, le brownimisu ou le coconut coke se multiplient sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, en raison d’un « phénomène d’immédiateté » et d’une « obligation continuelle d’innover », selon la diététicienne nutritionniste Coralie Costi.
- Ces mélanges improbables s’expliquent par la montée de la « porn food », des contenus en « opposition directe avec les règles strictes de l’alimentation » qui « nourrissent le visuel et l’auditif pour capter l’attention avec des textures qui stimulent l’envie ».
- La professionnelle affirme préférer « voir des brownimisu qu’on va faire une fois dans la semaine, que des contenus dangereux comme le Skinny Tok ».
Vous avez très certainement vu passer la recette de « cheescake japonais » sur les réseaux sociaux, et l’avez même peut-être testée. Même pas le temps d’en être écœuré que le brownimisu, un mutant entre le brownie et le tiramisu, est venu surenchérir, avant que le « coconut coke », un soda aromatisé à la crème de coco, déferle sur TikTok. Tous ces nouveaux mélanges combinent toujours deux ingrédients ou deux recettes qu’on aime bien. Pourquoi ça devient si courant, (alors que ce n’est pas toujours si bon) ? Pour 20 Minutes, la diététicienne nutritionniste Coralie Costi, autrice du livre « Mes petits-dej' sains et protéinés », a décrypté cette nouvelle alimentation 2.0.
Phénomène d’immédiateté
Si on nous avait dit que les « flat croissant », (ces croissants aplatis sucrés), qu’on trouvait déjà assez étranges en 2024, n’étaient que les prémices de ce qui allait arriver en 2026, personne n’y aurait cru !
A 20 Minutes, la diététicienne Coralie Costi explique que ces recettes arrivent au moment où l’on veut que « tout soit rapide », notamment sur TikTok, qui doit son succès à son algorithme hyperstimulant. Et pour les créateurs de contenus food, ces recettes sont une façon de faire la course aux vues rapides. Au lieu de cuisiner 30 minutes pour avoir quelque chose de réconfortant, les réseaux sociaux proposent des plats qui se préparent en deux temps trois mouvements. Sinon on scrolle !
« Il y a aussi une sorte d’obligation continuelle à innover », pour rester dans les algorithmes, donc on abuse du jeu contenu qui marche ! Et comme la tarte aux pommes, c’est trop classique, il faut imaginer plus phénoménal pour retenir l’attention !
La culture de la « Porn Food »
Coralie Costi explique aussi le succès de ces mélanges improbables par la montée de la « porn food ». Des contenus en « opposition directe avec les règles strictes de l’alimentation », qui « nourrissent le visuel et l’auditif pour capter l’attention avec des textures qui stimulent l’envie » décrypte la spécialiste. Ces plats toujours plus sucrés et ultra-gourmands rappellent le fameux « cheat meal » : quitte à ne pas manger sain, autant se lâcher !
Et comme 1 + 1 font 2, on se dit que le mélange de deux recettes qu’on aime ne peut être que délicieux. Mais en réalité, « personne ne mange comme ça tous les jours », assure la diététicienne, qui précise que ces recettes restent de l’ordre de « l’exceptionnel » au quotidien.
« Et puis, je préfère mille fois voir des brownimisu qu’on va faire une fois dans la semaine, que des contenus dangereux comme le « Skinny Tok » qui cause un réel problème de santé » conclue la professionnelle.



















