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Anthropic annonce le lancement de Fable 5, son IA la plus puissante

Intelligence artificielle : Anthropic lance Fable 5, son modèle le plus puissant sous contrôle

course à l’iaLa start-up ouvre au public une version bridée de son IA tout en limitant les usages sensibles
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Anthropic avance… avec prudence. La start‑up américaine a lancé mardi Fable 5, la version la plus puissante de son intelligence artificielle accessible au grand public. Mais ce modèle est volontairement limité dans certains domaines jugés sensibles.

Cybersécurité, mais aussi risques biologiques et chimiques : l’entreprise a choisi de restreindre certaines réponses. Un tournant, après avoir jusque‑là concentré ses garde‑fous surtout sur les usages informatiques. Fable 5 est la version sécurisée du modèle Mythos, la gamme la plus avancée d’Anthropic. Une version non bridée, Claude Mythos 5, est en parallèle proposée à des entreprises, organisations et agences étatiques. Ce modèle est présenté comme capable de détecter et exploiter des failles de sécurité « à une vitesse et avec une acuité inédites ».

Pourquoi autant de restrictions ?

Début avril, Anthropic avait annoncé simultanément l’existence de Mythos et sa décision d’en limiter l’accès à des partenaires de confiance pour renforcer leur protection cyber. La nouvelle lui avait valu des accusations de « marketing de la peur » et provoqué dans le même temps une visible agitation au sommet des Etats et des institutions mondiales, pour évaluer l’état de la menace sur des infrastructures essentielles (bancaires, énergétiques, etc).

Depuis, plusieurs entreprises ayant eu accès à Mythos ont confirmé ses capacités, et le gouvernement américain, pourtant en contentieux avec Anthropic, a fini par le tester. La Maison Blanche a depuis instauré un dispositif d’évaluation facultatif des modèles d’IA américains les plus puissants, avant leur commercialisation. OpenAI, le rival d’Anthropic, est sur le point de dévoiler la version 5.6 de son ChatGPT.

Haute sécurité comme argumente de vente

Avec Fable 5, Anthropic étend donc la vigilance et le contrôle aux risques d’attaques biologiques et chimiques. Le laboratoire cite l’exemple de la conception de virus adéno-associés (AAV), potentiellement dangereux, mais aussi bénéfique en thérapie génique. C’est pourquoi la version non bridée sera ouverte à des chercheurs en biologie sélectionnés, précise l’entreprise. Selon elle, la plupart des requêtes concernant la cybersécurité ou la biologie reçoivent une réponse du modèle inférieur, Opus 4.8, rendu public fin mai.

L’entreprise a aussi lancé des tests de « red teaming », en invitant des experts à tenter de contourner ces protections. Résultat : aucun test n’a permis de « contournement universel » en 1.000 heures. Mais la société reconnaît elle‑même ses limites : « il est probablement impossible d’empêcher entièrement les contournements universels ».

La question de la sécurité, dont Anthropic a fait un de ses principaux arguments commerciaux, a entraîné la start-up de San Francisco dans un bras de fer inédit avec l’administration Trump, pour son refus de lever ses restrictions sur la surveillance de masse et les armes létales autonomes. Dans la foulée, le Pentagone a rompu ses contrats avec l’entreprise, dont les outils d’IA étaient les seuls habilités secret défense.

Pression financière énorme

Le lancement de Fable 5 s’accompagne d’un tarif élevé – jusqu’à 50 dollars par million de « tokens », l’unité de compte des requêtes et des résultats produits –, soit le double des prix pour Opus 4.8. Une session intensive de programmation peut consommer un million de tokens en quelques heures, voire en moins de temps. Anthropic a récemment revu sa tarification pour tenir compte de l’accélération des agents IA, qui démultiplient souvent la consommation de « tokens ». Mais elle doit encore faire la preuve de sa rentabilité à long terme, lestée par le coût élevé de la puissance de calcul nécessaire à l’IA.