« Je pense qu’on peut être heureux seulement si on se sent totalement libre » : Ebony revient sur son premier album
voix montante•À l’affiche du So Good MAIF Festival, la chanteuse revient sur son premier album Menelik, sa quête de liberté et son refus de se laisser enfermer dans une caseVictoria Berne
L'essentiel
- Ebony, révélée à la Star Academy, sort son premier album Menelik le 24 avril, un projet axé sur la quête de liberté et le refus des normes.
- L’artiste explique que la scène a une place centrale dans son processus de création. Elle sera d'ailleurs sur scène le 13 juin à Lyon, pour le So Good MAIF Festival dont 20 Minutes est partenaire.
- Pour Ebony, la liberté est le fil conducteur de son album et de sa vie, affirmant qu’on ne peut être heureux seulement si on se sent totalement libre.
Lorsque Ebony quitte le château de la Star Academy, beaucoup la connaissent pour sa voix et son parcours dans l’émission. Mais c’est sur les scènes de Yardland et des Ardentes que la jeune artiste commence réellement à dévoiler son univers. Les vidéos de son premier titre « Rage » avaient cartonné sur les réseaux sociaux.
Avec son premier album, Menelik, sorti le 24 avril dernier, la jeune chanteuse affirme aujourd’hui une identité artistique singulière, nourrie par une quête de liberté et le refus des étiquettes. 20 Minutes l’a rencontré avant son concert au So Good MAIF Festival.
« Pour moi, l’engagement, c’est faire en sorte que tout le monde puisse vivre libre »
À quelques jours du So Good MAIF Festival (qui se déroulera à Lyon le 13 juin), événement qui met à l’honneur les questions sociales et environnementales, Ebony évoque spontanément les notions de liberté et de vivre-ensemble lorsqu’on l’interroge sur l’engagement.
« Pour moi, c’est un moyen, en participant à ce genre d’événement et même à travers mes réseaux sociaux, de porter des messages de paix, de liberté, de vivre ensemble. »
Des valeurs qu’elle retrouve dans l’ADN même du festival. « Pour moi, c’est ça l’engagement, c’est faire en sorte que tout le monde puisse vivre libre ». La chanteuse se réjouit également de partager l’affiche avec Kiddy Smile, artiste engagé qui avait notamment participé à la cérémonie de clôture des Jeux Paralympiques de Paris 2024, dont elle suit le parcours depuis plusieurs années : « C’est vraiment un artiste qui porte les valeurs queers avec lui depuis super longtemps. Moi, je l’ai découvert dans Drag Race quand il était juge. »
Un parcours façonné par la scène
Si son premier album Menelik est sorti il y a quelque temps seulement, son rapport à la scène a largement participé à sa création. L’artiste explique que ses premières programmations à Yardland et aux Ardentes sont arrivées avant même qu’elle ne dispose réellement d’un répertoire : « Quand j’avais appris que j’allais participer aux Ardentes et à Yardland, je n’avais pas encore forcément de musique. Donc quand on a commencé à travailler sur le projet, il y avait cette idée en tête : la musique que tu dois faire, tu dois pouvoir la faire sur scène après. » Résultat : l’album a été imaginé comme une œuvre vivante. «
« Tout est très imagé. J’aime danser, j’aime raconter des histoires. Tout est fait pour que ça puisse prendre vie aussi sur scène. »
Un exercice qu’elle affectionne particulièrement dans le cadre des festivals : « Parfois, tout le monde ne te connaît pas. Tu dois emmener les gens dans ton univers, les faire vibrer, les amener à danser, à ressentir des émotions. »
La scène, Ebony la connaît bien. Pendant plusieurs mois, la jeune artiste s’est produite chaque semaine lors des primes de la « Star Academy ». Après un premier concert à la Maroquinerie, elle s’apprête désormais à partir en tournée dès septembre, avec notamment un passage à l’Olympia le 1er novembre prochain.
« J’avais l’impression de ne plus être moi-même »
Au cœur de Menelik se trouve une histoire très intime. Celle d’une femme qui tente de retrouver son humanité après avoir cherché à répondre aux attentes des autres. « Je me suis sentie un petit peu perdue. J’avais l’impression d’être dissociée. Je n’étais plus du tout alignée, plus du tout connectée à mes émotions, à mes peurs, à ma joie. »
La chanteuse raconte avoir progressivement perdu le lien avec elle-même à force de réfléchir à ce qu’elle devait être. « Je me disais qu’il fallait que je sois comme ça, que je corresponde à ça. Et à un moment je me suis retrouvée et je me suis dit : je ne suis plus moi-même ». Et cette recherche personnelle est devenue le fil rouge du projet : « J’étais dans cette quête-là. Dans cette recherche de pouvoir me reconnecter à tout ça. »
Impossible d’évoquer Menelik sans évoquer le terme de liberté, sujet qui traverse l’album et qui occupe une place centrale dans la vie de l’artiste : « La liberté est très importante pour moi, que ce soit dans ma vie ou dans ma musique ». Une notion indissociable du bonheur selon la chanteuse. Cette conviction explique aussi son choix d’avoir privilégié un projet très personnel plutôt qu’un disque plus formaté. « Je voulais rester proche de ce que j’avais dans la tête, de ce que j’imaginais, de ce que j’aime aussi », explique-t-elle. « Mon petit mantra, c’est de rester fidèle à moi-même. »
Et si elle devait résumer en une phrase ce qu’elle souhaite transmettre aux auditeurs ? « J’aimerais que les gens se disent : j’enlève tout ce que les autres pensent de moi, tout ce qu’on me rabâche. Je veux être libre. Je veux être moi-même à 100 %. »


















