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« Dans cet album, je ne voulais pas me mettre de limite »… Kungs revient avec « Out Loud »
du lourd•Dix ans après le succès planétaire de « This Girl », Kungs revient avec « Out Loud », un nouvel album entre disco, électro et énergie club. Rencontre avec le DJ français qui fait danser le monde entierPropos recueillis par Victoria Berne
L'essentiel
- Kungs, DJ français originaire de Toulon, connaît un succès fulgurant en 2016 avec son titre « This Girl » qui devient un phénomène mondial alors qu’il n’a que 18 ans, le propulsant sur les scènes internationales et lui faisant assurer les premières parties de David Guetta devant 17.000 personnes à Bercy.
- Dès l’adolescence, Kungs est « complètement obsédé » par la musique et va jusqu’à mettre son réveil « à 3 heures du matin pour aller mixer » dans un club d’Aix-en-Provence afin d’apprendre à utiliser de vraies platines.
- Son nouvel album « Out Loud » qui sort le 13 mars poursuit son exploration entre disco, électro et énergie club.
Les dix premières secondes de « This Girl » suffisent à replonger dix ans en arrière. Sorti en 2016, le titre de Kungs devient rapidement un phénomène mondial et propulse le jeune DJ français sur les scènes du monde entier. Depuis, l’artiste originaire de Toulon n’a jamais vraiment quitté les platines. Dix ans plus tard, il revient avec « Out Loud », un nouvel album attendu le 13 mars, dans lequel il poursuit son exploration entre disco, électro et énergie club.
Se lever à 3 heures du matin pour apprendre
À l’entendre raconter ses débuts, on comprend vite que la musique n’a jamais été un simple passe-temps pour Kungs. « J’étais complètement obsédé », lâche-t-il, presque en riant. Adolescent à Toulon, il passe ses journées à penser à ses sets, à ses remixes et aux morceaux qu’il poste en ligne. « Je rentrais de cours et la première chose que je faisais, c’était de la musique. »
À 15 ans, ses amis lui offrent son premier contrôleur DJ. Un geste qui change tout. Très vite, il commence à mixer dans des soirées privées. « J’arrivais avec tout mon matériel : enceintes, platines, machine à fumée… et je faisais la soirée de 20 heures à 4 heures du matin. » Mais ce qu’il attend vraiment, ce sont les dernières minutes de la nuit. Celle où il peut enfin jouer ses propres morceaux. « À la fin, je m’amusais à passer les titres sur lesquels je travaillais », raconte-t-il. À l’époque, il poste ses remix sur SoundCloud, dans une scène électro en pleine explosion. « Quand je voyais les likes et les commentaires arriver, c’était hypermotivant. »
La suite ressemble presque à un récit d’initiation. Installé à Aix-en-Provence pour ses études (qu’il abandonnera rapidement pour se consacrer à la musique), Kungs découvre le club Le Mistral. Il n’y connaît personne, mais ose aller voir les DJ résidents. « Je leur ai dit : je veux apprendre à mixer sur de vraies platines ». Ils acceptent de le laisser utiliser le matériel, à condition qu’il vienne quand le club est vide : « Je mettais mon réveil à 3 heures du matin pour aller mixer », se souvient-il. « Pour moi, c’était le rêve. »
Le titre qui change une vie
2026 serait-il le nouveau 2016 ? Difficile de ne pas penser à cette année-là en entendant « This Girl », le tube planétaire qui a propulsé Kungs sur le devant de la scène. Pourtant, au moment où le morceau explose, le DJ français ne réalise pas vraiment ce qui est en train de lui arriver. « Dans mon appartement à Aix-en-Provence, fenêtre ouverte, j’entendais le titre passer dans les voitures. C’est là que j’ai compris ce qui se passait : le son était vraiment partout. Je regardais souvent la carte Shazam et j’ai vu la musique partir du sud de la France pour se propager partout dans le monde. »
Le succès de ce titre est fulgurant. À 18 ans, il se retrouve à jouer devant des milliers de personnes et assure même les premières parties de David Guetta. « Ma première date, c’était à Bercy, devant 17.000 personnes », raconte-t-il. « C’était impressionnant, mais surtout complètement irréel. »
« This Girl », c’est peut-être le tournant de sa vie, qui s’est alors emballée. « Lors de ma première tournée mondiale, je ne suis pas rentré chez moi pendant trois mois », se souvient-il. Brésil, États-Unis, Indonésie, Australie, Canada… Les destinations s’enchaînent. « C’était n’importe quoi. Mais c’était fou ». Pour ce jeune DJ fasciné par la scène électronique, tout semble soudainement possible. « J’ai grandi à Toulon. Jamais je n’aurais imaginé que ce monde s’ouvrirait à moi. »
La création comme refuge
Derrière les tournées, il y a pourtant un autre espace essentiel pour lui. « Je fais de la musique tout le temps », explique-t-il. « Je n’arrête jamais de produire. » Son nouvel album, « Out Loud », attendu le 13 mars, s’inscrit dans la continuité de son précédent disque, « Club Azur », mais avec peut-être un peu plus de « maturité ».
« Dans cet album, je ne voulais pas me mettre de limites. Je pense qu’aujourd’hui, un album est un peu plus éphémère qu’avant, donc autant en profiter pour y mettre des choses qu’on n’aurait pas forcément mises plus tôt ». Il s’autorise surtout à ne pas réfléchir aux tendances. À l’ère de TikTok et des tubes viraux, Kungs refuse d’adapter sa musique aux logiques d’algorithme. « Je pense que c’est la pire chose à faire », affirme-t-il. « Si tu réfléchis trop à ça, tu perds la spontanéité de la création. »
Un album né d’une démo vieille de cinq ans
Dans « Out Loud », Kungs poursuit cette exploration entre disco, électro et énergie club. Mais la naissance de l’album ne s’est pas faite en quelques semaines. Au contraire. Certaines idées traînaient dans ses dossiers depuis longtemps : « Tout est parti de "Galaxy", le morceau avec Theophilus London », raconte-t-il. « C’est une démo qui est dans mon ordi depuis cinq ans. Je n’avais jamais réussi à trouver l’artiste pour chanter dessus. Je suis allé à New York, on a enregistré ensemble. Et je me suis dit : allez, on va faire l’album autour de ça ».
Certains titres de ce nouvel album sont pensés pour la scène. C’est notamment le cas de « Get Away », sa collaboration avec Boys Noize. « C’est mon morceau préféré de l’album », confie-t-il. « Il y a un truc super évident, super festif, super joyeux ». Mais derrière l’apparente évidence des morceaux, la fabrication peut être longue. Très longue même. « Get Away, je pense qu’on a fait une soixantaine de versions », raconte-t-il. Le titre est né à partir d’un sample tiré d’un vieux vinyle des années 1980. « On est parti d’un petit bout d’a capella de Shannon. Ensuite on a construit tout le morceau autour. »
Ce travail de sampling fait partie intégrante de la création musicale de Kungs. « Le sample, pour moi, c’est un art. Des œuvres incroyables ont été faites comme ça ». Il cite notamment Daft Punk, qu’il considère comme des références absolues dans ce domaine. Et si l’album a été finalisé dans son studio, il a surtout été conçu en mouvement. « Il a été fait en voyage, sur la route », explique-t-il. « Un peu partout dans le monde ».



















