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A 14 ans, le DJ Elfigo enchaîne les festivals électro entre deux cours

« Mon vrai rêve serait de révolutionner la musique »… A 14 ans, Elfigo fait déjà danser les foules

Jeune pousseÀ 14 ans, Elfigo était le plus jeune DJ du line-up de Tomorrowland Winter. Entre deux journées de cours et des sets en pleine tempête de neige, le collégien enchaîne déjà les scènes internationales
On a rencontré Elfigo, le plus jeune DJ qui a mixé à Tomorrowland Winter
Victoria  Berne

Victoria Berne

L'essentiel

  • Elfigo, un DJ belge de 14 ans, a réalisé deux sets remarqués lors d’un festival de musique électronique en pleine tempête de neige.
  • Sa passion pour le DJing est née à 8 ans en regardant Tomorrowland à la télévision avec son père.
  • Malgré sa carrière naissante, Elfigo mène une vie encadrée entre le lycée français d’Ibiza et la musique.

Vous vous souvenez de ce que vous faisiez à 14 ans ? Les journées de cours, les devoirs, peut-être un premier téléphone, quelques amourettes. Mais rien qui ne ressemble vraiment à mixer dans l’un des plus grands festivals de musique électronique, en pleine tempête de neige. C’est dans ce décor-là qu’Elfigo, 14 ans, a réalisé ses deux sets lors du festival Tomorrowland Winter au mois de mars à l’Alpe d’Huez.

Quelques minutes après avoir fait danser des centaines de personnes, malgré le froid, 20 Minutes a pu le rencontrer. Portrait d’un collégien pas tout à fait comme les autres, déjà propulsé sur les plus grandes scènes, et dont l’histoire a commencé… sur un canapé, devant Tomorrowland.

Tempête de neige et public en folie

Sur scène, le jeune DJ belge Elfigo (Elias de son vrai nom) a mis le feu. Pourtant, l’expérience reste encore presque irréelle pour lui. « Le Frozen Lotus, franchement, c’était incroyable. Les gens, ils sont quand même venus avec la tempête de neige qu’il y avait », raconte-t-il, encore marqué par son set. Mais c’est ailleurs qu’il a eu son moment préféré : « Sur la scène de Brass, ça a vraiment tué. C’était comme une Boiler Room… C’était incroyable. Je peux même dire que c’est ce que j’ai préféré. » Un format plus proche du public, qu’il affectionne particulièrement.

À cet âge-là, ce qui frappe surtout, c’est sa capacité à déjà analyser ses sensations de DJ. Il parle de « communion » avec le public, de proximité, presque comme un artiste aguerri.

Une passion née sur un canapé, devant Tomorrowland

Son histoire commence bien loin des scènes enneigées. À 8 ans, Elfigo découvre le DJing… devant sa télé. « Je regardais Tomorrowland avec mon père, chaque année. On dansait sur le canapé avec ma sœur. Et à un moment, il y a DJ Snake qui passe… Et je sais pas pourquoi, ça m’avait choqué. »

Le déclic est immédiat. Il demande à essayer, commence les cours, puis enchaîne les contrôleurs. « J’ai trop kiffé, du coup, j’ai continué. » Très vite, il poste ses mashups en ligne. « Juste pour partager », explique-t-il. Mais les réseaux s’emballent : « À un moment, ça a percé. » Pour lui, il n’y a pas de mystère : « Le truc qui m’a fait accéder à ça, c’est surtout les réseaux sociaux. Je vois pas d’autre truc. »

Des réseaux sociaux auxquels le jeune DJ n’avait pas encore accès, trop jeune. « C’est mon père et ma mère qui gèrent mon compte Instagram et TikTok », raconte-t-il. Et sa première scène ? Dans une villa à Ibiza (là où il habite), devant une vingtaine de personnes. Il a alors 11 ou 12 ans. « J’étais trop content », se souvient-il.

Entre le brevet et les festivals, une vie presque normale

Derrière l’image du jeune DJ en pleine ascension, il y a aussi un quotidien très cadré. « Je fais lycée français à Ibiza, de 9h à 16h. Et après je fais de la musique, plein de musique ». Une double vie pas toujours simple : « Des fois, c’est compliqué, parce que j’ai beaucoup de devoirs, et beaucoup de musique, aussi. » Mais pour l’instant, il tient le rythme. Priorité même au brevet : « Je passe le brevet en mai. D’ailleurs, on m’avait proposé une date ce jour-là », s’amuse-t-il.

Malgré la notoriété, l’entourage veille. Toujours accompagné de son père, qui gère aussi sa carrière, il reste très protégé. « C’est chill, c’est toujours un jeu », résume-t-il. Une vision encore très saine du métier. Son père confirme : Elfigo « a les pieds sur terre », ne parle pas de sa carrière à l’école et reste discret sur son succès.

« Mon vrai rêve, c’est de faire des bangers et de révolutionner la musique »

Si Elfigo enchaîne déjà les festivals, il voit plus loin. « Faire des grands festivals comme EDC, Ultra… », glisse-t-il. Mais surtout : « Mon vrai rêve serait de faire des bangers et de révolutionner la musique. »

Depuis deux ans, il produit déjà ses propres sons, avec une méthode bien à lui : « Je prends trois idées d’artistes, trois tracks, et je fais un mélange. » Ses inspirations vont de James Hype à DJ Mehdi pour le mix, jusqu’à Daft Punk ou Chris Lake pour la production. Et il passe des heures à « digger » des sons : « C’est un des trucs les plus importants dans la musique. »

Si son père lui a transmis le goût de la musique, aujourd’hui, les rôles s’inversent presque. « Il me fait découvrir des supers sons, franchement je suis impressionné », confie ce dernier. Une relation nourrie par la musique, qui évolue au fil des années. Le 17 avril, le jeune artiste dévoilera d’ailleurs un nouveau titre, preuve que derrière les platines, le collégien construit déjà, pas à pas, sa propre signature.

À 14 ans, Elfigo est encore en construction. Mais entre un set sous tempête de neige à Tomorrowland et une chambre d’ado remplie de sons, une chose est sûre : le jeu ne fait que commencer.