« Tu as juste envie de courir le plus vite possible » : Le running a-t-il trouvé sa place dans les studios ?
à vos marques…•Après le succès des studios de yoga, Pilates ou encore de cycling, le running s’invite à son tour dans les studios de sportVictoria Berne
L'essentiel
- BOLD est un nouveau studio parisien consacré au running et au renforcement musculaire.
- Les séances de 50 minutes sont pensées pour accompagner les coureurs à progresser.
- Le studio ne cherche pas à remplacer la course en extérieur mais propose un cadre qui donne envie de revenir, en offrant motivation collective et encadrement professionnel.
Deux pratiques, deux tendances qui explosent. D’un côté, le running : jamais les Français n’ont autant enfilé leurs baskets et avec lui, c’est tout un écosystème qui s’est développé : clubs de course, courses populaires, communautés sur les réseaux sociaux ou encore événements de marque. De l’autre, les studios de sport : yoga, cycling, boxe ou Pilates, les cours collectifs n’ont jamais été aussi populaires.
Et si ces deux phénomènes étaient finalement faits pour se rencontrer ? À Paris, BOLD entend bien en faire la démonstration avec un concept inédit : un studio entièrement consacré au running. Mais pourquoi courir en studio ?
Loin d’un simple footing
« On est parti d’un constat assez simple : les studios de yoga, de Pilates ou de cycling se sont énormément développés, mais sur le running et le renforcement musculaire, l’offre restait très limitée », explique Marion Prieur, cofondatrice de BOLD. Le concept repose donc sur deux disciplines complémentaires : le running et le renforcement musculaire : « Pour nous, dans une routine sportive complète, on a besoin des deux. On voulait une offre lisible, avec deux pratiques qui permettent à la fois de progresser en course à pied et de limiter les risques de blessure », poursuit-elle.
Les séances durent cinquante minutes. La séance « Bold Run » alterne quatre blocs. Une première séquence sur tapis permet de faire monter progressivement le cardio. Puis direction le sol pour enchaîner burpees, jumping jacks, squats, fentes ou encore montées de genoux, avec le poids du corps et des haltères. Retour ensuite sur le tapis pour une série de six sprints de trente secondes, entrecoupés de quarante secondes de récupération, avant un dernier bloc de renforcement musculaire et quelques étirements. Une construction qui change complètement la perception de l’effort : « Le fait d’alterner la course et les exercices au sol fait qu’on ne voit pas le temps passer », résume Camille Vandenbulcke, 30 ans, qui vient de terminer la séance.
Une ambiance pensée pour la performance
Pourquoi payer pour courir sur un tapis ? Pour Marion, la réponse dépasse largement le simple entraînement : « Une fois la séance réservée, tout est pensé pour le client. Il n’a plus besoin de réfléchir à son entraînement. Le collectif, le coach et l’ambiance créent une motivation qu’il est difficile de retrouver lorsqu’on court seul plusieurs fois par semaine. »
Sur place, on comprend rapidement ce qu’elle veut dire. Le système sonore rendrait jaloux de nombreux clubs. Les basses accompagnent chaque accélération, les BPM montent progressivement et les jeux de lumière suivent les temps forts de la séance. Au moment des sprints, difficile de ne pas accélérer : « Ils sont très forts pour caler les moments où tu te donnes à fond avec les moments où la musique explose. Tu as juste envie de courir le plus vite possible », sourit Jeanne, sœur de Camille. « Tu t’évades complètement. Tu ne penses plus à rien ». Même la disposition des tapis semble avoir été réfléchie : « Tu es un peu dans ta bulle. Contrairement à certains studios où tu es collé aux autres, ici tout a été pensé pour que tu sois tranquille », observe-t-elle.
Une nouvelle façon de vivre le running ?
À 35 euros la séance (prix dégressif pour des séances en pack ou en abonnement), la promesse peut surprendre pour un sport que l’on peut pratiquer gratuitement. Pourtant, ni Jeanne ni Camille ne voient BOLD comme un substitut à leurs sorties en extérieur : « Pour courir 10 kilomètres, je préfère aller dehors. Mais ici, ce n’est pas ce que je viens chercher. Ça me pousse à sortir de ma zone de confort. Je cours plus vite que je ne le ferais seule et je me défoule beaucoup plus », explique Jeanne. Sa sœur Camille, qui reprend progressivement le sport, apprécie surtout le rythme de la séance : « Quand on court dehors, on regarde souvent sa montre. Là, le fait d’alterner la course et les exercices au sol fait qu’on ne voit pas le temps passer. »
Pour Marion Prieur le studio ne va pas remplacer les sorties en extérieur. « Au contraire, beaucoup de nos clients courent déjà plusieurs fois par semaine. Nos séances sont pensées pour les accompagner », explique la cofondatrice. À l’heure où les clubs de running affichent complet et où les dossards des grandes courses s’arrachent en quelques minutes, les studios semblent avoir trouvé leur place dans cet écosystème. « Le running est une tendance de fond », explique-t-elle. « Les Français courent de plus en plus et cherchent à progresser, préparer une course ou simplement intégrer durablement le sport dans leur quotidien », conclut la jeune femme.


















