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Artemis 3 : Equipage, programme, avancement… Tout savoir sur la prochaine mission lunaire (qui n’ira pas sur la Lune)
Espace•La Nasa a dévoilé mardi les détails de la mission Artemis 3, à commencer par le nom des astronautes sélectionnés pour la mener en orbite terrestre en 2027Manon Minaca
L'essentiel
- La Nasa a annoncé mardi l’équipage d’Artemis 3, prévue pour 2027, et annoncé le plan global de la mission lunaire.
- Contrairement aux plans initiaux, les astronautes resteront en orbite terrestre basse pour tester les systèmes et effectuer des rendez-vous avec les alunisseurs de Blue Origin et SpaceX.
- L’alunissage est ainsi repoussé à Artemis 4 en 2028, mais des retards chez les prestataires privés menacent le calendrier serré.
La Nasa a le sens du timing. Après nous avoir mis des étoiles plein les yeux début avril avec le périple lunaire d’Artemis 2, l’agence spatiale américaine n’aura pas attendu bien longtemps pour faire remonter la hype en annonçant, mardi soir, le nom des quatre astronautes – cinq en comptant le réserviste – de la prochaine mission lunaire. Prévue pour 2027, elle ne survolera pas la Lune mais restera en orbite terrestre pour tester les systèmes et le rendez-vous avec les atterrisseurs privés.
On fait le point sur cette mission cruciale avant le retour des Américains sur la Lune, prévu en 2028 lors d’Artemis 4.
Les astronautes
L’équipage qui s’envolera à bord de la fusée SLS a été dévoilé mardi lors d’une conférence de presse depuis le centre de la Nasa de Houston, au Texas. Le commandant de la mission sera ainsi Randy Bresnik, astronaute depuis 2004. Il a déjà volé deux fois dans la Station spatiale internationale (ISS), en 2009 et 2017. Grande nouvelle, un Italien – le premier Européen à participer à une mission lunaire – sera également du voyage. L’expérimenté Luca Parmitano, issu de la même classe que Thomas Pesquet et pour qui il s’agira du troisième vol dans l’espace, a été assigné au rôle de pilote.
Du côté des deux spécialistes de mission, la Nasa a choisi Frank Rubio et Andre Douglas. Le premier a battu le record du séjour consécutif le plus long pour un astronaute américain en passant 371 jours en orbite dans l’ISS lors de sa seule mission, en 2022-2023. Le second sera le « novice » de l’équipage, sélectionné par l’agence spatiale américaine en 2021 et dont Artemis 3 sera le premier vol.
Un autre astronaute a également été sélectionné comme membre d’équipage de réserve, qui ne décollera que si l’un de ses collègues est dans l’incapacité d’assurer sa mission. Il s’agit de l’Américain Bob Hines, qui s’entraînera avec le reste de l’équipage tout au long de leur formation.
Une mission en orbite terrestre
Contrairement à Artemis 2, Artemis 3 restera en orbite terrestre basse. Elle devrait pour autant être spectaculaire : elle nécessitera le lancement de trois fusées différentes dans un délai très court. Le premier engin à décoller sera l’alunisseur de Blue Origin, l’autre prestataire sélectionné par la Nasa avec SpaceX pour fournir cet engin indispensable aux futures missions lunaires. Capable de rester en orbite pendant plusieurs semaines, il attendra les astronautes qui le rejoindront grâce à la SLS et la capsule Orion.
Moment clé de la mission, l’équipage effectuera un rendez-vous avec l’alunisseur puis s’y amarrera pour environ deux jours, pendant lesquels il conduira de nombreux tests et démonstrations et pénétrera dans l’atterrisseur. Une fois cette étape passée, la capsule Orion se détachera de l’engin de Blue Origin et attendra le Starship de SpaceX. Celui-ci sera lancé et viendra à la rencontre des astronautes, qui passeront un jour amarré au deuxième alunisseur.
L’équipage laissera ensuite le Starship pour rentrer sur Terre, avec un amerrissage prévu dans l’océan Pacifique. La Nasa a indiqué que la mission est prévue pour durer environ deux semaines, un timing qui sera ajusté en temps réel en fonction du lancement, des procédures de rendez-vous entre les différents engins spatiaux et des opérations lorsqu’ils seront amarrés.
Une mission remaniée
Si cette mission semble prometteuse, l’orbite terrestre n’était pas sa destination initiale. Jusqu’au début de l’année, Artemis 3 était prévue comme LA mission digne d’Apollo 11 : celle qui devait marquer le retour des Américains sur la surface lunaire pour la première fois depuis 1972. Mais tout a changé le 27 février, lorsque la Nasa a annoncé rajouter une mission supplémentaire avant l’alunissage tant attendu, le repoussant à Artemis 4 en 2028.
Pour justifier ce changement de plans, l’agence spatiale américaine avance la nécessité de préparer le terrain pour des lancements plus réguliers et la réduction des risques. Après des problèmes techniques constatés sur la fusée SLS, qui avaient conduit au report du lancement d’Artemis 2, l’agence veut s’assurer que tout fonctionne et qu’un maximum de systèmes a été testé avant le grand départ, se rapprochant ainsi de la méthode du programme Apollo.
Où en est-on aujourd’hui ?
Alors que la Nasa a annoncé que l’équipage allait « immédiatement commencer à s’entraîner sur les systèmes du vaisseau Orion », les équipes de l’agence spatiale s’activent aussi pour que la mission soit prête dans les temps. Côté capsule, le module de service européen et celui de l’équipage seront connectés cet été et le système d’amarrage intégré dans la foulée. La fusée SLS est en cours d’assemblage et les moteurs devraient, eux aussi, être intégrés ces prochains mois.
La grande inconnue reste du côté des prestataires, qui accusent des retards conséquents. SpaceX franchit des étapes successives dans le développement de sa mégafusée Starship mais ses délais de progression et des échecs passés font craindre une impossibilité de respecter les délais de la Nasa. Quant à Blue Origin, l’explosion fin mai de sa fusée New Glenn, la seule capable de lancer son alunisseur, a endommagé le pas de tir, empêchant les lancements. Ce qui pourrait, là aussi, bouleverser le calendrier très serré de la Nasa…


















