OL-FC Lorient : En manque de « tueurs », Lyon est de plus en plus une équipe du ventre mou en Ligue 1
FOOTBALL•Le nul (0-0) concédé ce dimanche par l’Olympique Lyonnais contre le FC Lorient fait encore perdre une place aux joueurs de Laurent Blanc (10es), dont les ambitions européennes passeront par la Coupe de FranceJérémy Laugier
L'essentiel
- L’Olympique Lyonnais a subi une énième contre-performance en Ligue 1, ce dimanche, en étant accroché par le FC Lorient à domicile (0-0).
- Les joueurs de Laurent Blanc sont désormais dixièmes du championnat, à sept longueurs du Stade Rennais (5e), actuellement en position pour se qualifier en Ligue Europa Conférence.
- Parmi les principaux problèmes affichés par l’OL, qui jouera une grande partie de sa saison le 5 avril à Nantes lors de sa demi-finale de Coupe de France, on note le manque de « tueurs » en pointe, en l’absence d’Alexandre Lacazette blessé.
Au Parc OL,
Semaine après semaine, les supporteurs lyonnais ressortent sur les réseaux sociaux cette phrase lourde de sens de Jean-Michel Aulas, prononcée le 20 septembre dernier, lorsque Peter Bosz vivait ses derniers jours sur le banc de l’OL : « Si on est 8e en fin de saison, j’aurais démissionné avant ». Les esprits les plus taquins font remarquer que le président de l’OL risque de l’échapper belle, puisque cette huitième place paraît délicate à aller chercher, et qu’il faudra peut-être se contenter de la dixième en juin. Le triste match nul (0-0), concédé ce dimanche contre le FC Lorient, rappelle à quel point ce groupe lyonnais est incapable de lancer la moindre dynamique en Ligue 1, même depuis l’arrivée de Laurent Blanc en octobre.
Largué y compris dans la course à la Ligue Europa Conférence via le championnat, l’OL (10e) se retrouve désormais derrière des clubs à modestes budgets comme le Stade de Reims (8e) et Lorient (9e). Seul un parcours sans faute en Coupe de France offre une véritable perspective européenne au club. « Ça fait très mal de voir notre place actuelle », concède Rémy Riou, qui a remplacé Anthony Lopes (blessé) dans le but lyonnais contre les Merlus. « C’est dur parce qu’on a l’impression de ne pas avancer, a résumé de son côté Bradley Barcola sur Canal +. On va essayer de garder la tête haute. Je ne sais pas quoi dire… »
« Il faut être méchant devant le but »
Un sentiment partagé par tous les supporteurs lyonnais, qui ne doivent pas encore comprendre comment Corentin Tolisso (51e), Bradley Barcola (55e) et Rayan Cherki (75e) ont pu gâcher des occasions en or massif ce dimanche. « Le contenu était très bien mais il nous manque un peu plus d’agressivité pour terminer les actions, constate Rémy Riou. Il faut être méchant devant le but. » Un constat validé par Laurent Blanc en conférence de presse : « Ça me désole un peu de voir qu’il n’y a pas eu de but vu la qualité des deux équipes. Convertir des occasions fait partie des axes à travailler parce qu’on n’a pas de joueurs tueurs dans la surface. Enfin si, on en a, mais ils n’étaient pas présents ce soir. »
Le singulier suffit en vrai, tant Alexandre Lacazette est le seul Lyonnais à survoler cette saison offensivement par son efficacité et sa régularité hors pair, avec 18 buts et 5 passes décisives en 26 matchs. Blessé tout comme Anthony Lopes, Jeffinho, Malo Gusto et Thiago Mendes, le capitaine et véritable guide de ce jeune OL a encore une fois fait cruellement défaut. « Quand on a des matchs comme aujourd’hui où on se procure des occasions sans les concrétiser, on pense tout de suite à Alex, ruminait Laurent Blanc après la rencontre. On va essayer de le récupérer le plus rapidement possible, mais faisons confiance à Amin et Moussa qui sont capables de marquer des buts. »
Amin Sarr fantomatique face à Lorient
Sans doute, mais les deux joueurs sont très loin du compte, à commencer par la jeune recrue suédoise de ce mercato hivernal. Amin Sarr a traversé la rencontre comme un fantôme avec seulement 13 ballons touchés en 73 minutes de jeu, contre 15 en 23 minutes lors de son précédent match en Ligue 1 à Angers (1-3), marqué par son premier but. Incapable de signer la moindre différence et de se procurer une occasion dans une rencontre largement dominée par son équipe, l’ancien attaquant d’Heerenveen (11 buts en 35 apparitions avec le club néerlandais) connaît une adaptation très délicate. Quant à Moussa Dembélé, il va quitter l’OL dans trois mois après une saison assez terrible, avec 3 buts en 23 matchs et une bronca des virages pour sanctionner son manque d’implication criant. Cette absence de véritable recours fiable en pointe ne semble, pour autant, pas entamer l’optimisme de Laurent Blanc.
« Sincèrement, j’ai passé un bon après-midi, et j’ai trouvé notre match abouti. En seconde période, on a été beaucoup plus joueurs, on a transmis les ballons beaucoup plus rapidement. On a surtout tenté beaucoup de choses et on a déstabilisé notre adversaire avec des dribbles, des centres et des mouvements dans la surface de réparation. Même si en le revoyant, on va se demander comment on a fait pour ne pas le gagner. Mais on est habitué à ce style de match… » »
« On a de grandes chances de finir très fort »
Une forme de fatalisme face à une malchance supposée chronique qui ne peut faire oublier un constat : ce Lyon ne compte que 2 victoires en 11 rencontres contre les équipes du Top 9 actuel (face à Lens et Lille au Parc OL, non sans réussite pour le coup). Un bilan typique d’équipe du ventre mou enlisée à la 10e place, non ? « Si vous pensez que Lyon est à sa place, vous pouvez le dire, riposte à ce propos Lolo White. Moi, je pense qu’on peut aller un peu plus haut. » C’est-à-dire à un classement aussi fracassant que 8e comme l’année passée, voire 7e en 2020 ?
Rémy Riou va plus loin que son coach, alors que la Ligue Europa Conférence reste à sept points, avec cinq équipes à dépasser en 12 journées : « Avec ce qu’on a montré ce soir dans l’état d’esprit, on a de grandes chances de finir très fort. On ne va pas lâcher le championnat comme ça, bien au contraire ». Plus lucide au micro que face à Vito Mannone ce dimanche, Bradley Barcola conclut : « On va tout faire pour gagner cette Coupe de France ». Le seul moyen de sauver une saison galère passera en effet plus certainement par la demi-finale de Coupe, le 5 avril à la Beaujoire. Après tout, Alexandre Lacazette a donc encore pile un mois pour revenir à son pic de forme. Et offrir à son club formateur son premier titre depuis onze ans, et en éventuel bonus une septième place en Ligue 1 qui permettrait à son président de (vaguement) sauver la face. Tout cela ressemblerait à un épilogue miraculeux.


















