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VIDEO. On s'est forcés à dire du mal de l'attaque de feu des Bleus

France-Italie: Mbappé, Griezmann et Dembélé sont géniaux, OK... Mais on s'est forcés à dire du mal de cette attaque de feu

FOOTBALLLes attaquants de l'équipe de France ont brillé face à l'Italie (3-1), ce vendredi, en match de préparation à la Coupe du monde. Mais tout cela n'est pas parfait...
Jean Saint-Marc

Jean Saint-Marc

L'essentiel

  • Antoine Griezmann a marqué (sur pénalty), Ousmane Dembélé aussi (une lucarne incroyable) et Kylian Mbappé est à l'origine du premier but de Samuel Umtiti.
  • Le choix de Didier Deschamps de laisser Olivier Giroud sur le banc et de titulariser ce trio de feu a payé, face à l'Italie (3-1).
  • Mais on peut toujours chipoter, non ?

A l’Allianz Riviera (Nice),

Il frappe et le temps s’arrête. On tient là un magnifique cliché du journalisme sportif. Mais il y a du vrai dans les clichés. Depuis qu’on fréquente les stades, on vit de temps à autre ces moments étranges. Où, à l’instant où la chaussure fluo touche le ballon, on sait que ce sera au fond, on sait que ce sera beau, on sait qu’on s’en souviendra. Dembélé, donc, ce vendredi soir.

On venait de passer l’heure de jeu. Le Barcelonais avait jusque-là signé un match mi-figue mi-raisin. Avec, dix minutes plutôt, une action incroyable mais conclue sur la barre transversale (47e). L’heure de jeu, donc : Mbappé met un énième coup de reins mais perd la balle. Dembélé la récupère et… Voilà notre petit instant suspendu. Voilà un ballon dans la lucarne de Sirigu.

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Le but du break (victoire 3-1 pour la France). Le but qui rassure Dembélé, de retour de blessure. Le but qui conforte Didier Deschamps dans son choix : cette option Griezmann-Dembélé-Mbappé est au moins aussi intéressante que la proposition Fekir-Giroud-Mbappé du match contre l’Irlande. Elle est complètement folle, cette attaque, imprévisible, pleine de peps. Mais elle a aussi deux trois défauts, disons de jeunesse.

Il nous aura fallu trois paragraphes, 230 mots, 1500 caractères pour lâcher le morceau. Parce qu’évidemment, on a envie de l’aimer d’amour, ce trio, et qu’on le voit déjà nous couvrir de buts en Russie. Mais il nous inquiète, aussi, un peu.

>> MAIS BON SANG, QUAND VONT-ILS DEFENDRE ?

On a beau se creuser la tête : pas moyen de se remémorer un seul geste défensif d’Mbappé ou de Dembélé, ce vendredi soir. Alignés dans une sorte de 4-3-3 avec Griezmann un peu plus bas, Mbappé et Dembélé ont sans cesse permuté, ce sont sans cesse baladés… Mais dans la moitié de terrain italienne. On n’a pas souvent vu les deux ailiers (ou apparentés) en train de filer un coup de main aux latéraux. Regardez plutôt la heatmap Mbappé/Dembélé. (Plus la zone est colorée, plus les deux joueurs ont traîné dans le quartier)

Chaud devant.
Chaud devant.  - Capture d'écran

« Je trouve Mbappé et Dembélé un peu juste défensivement, Mbappé arrive souvent avec un temps de retard », nous disait cette semaine l’ancien ailier Sidney Govou​. Prédiction confirmée. Evidemment, dans l’équipe de France, personne ne tire sur personne et Hugo Lloris évoque juste, en guise d’euphémisme, que les Bleus « doivent mieux gérer le pressing adverse », « monter d’un ou deux crans dans la maîtrise. » Adil Rami, lui, défend ses partenaires :

« Ce sont des jeunes ! Ça n’arrête pas de courir ! Ils sont ambitieux techniquement, se créent énormément d’occasions. Bon, c’est sûr, ils pourraient être plus méchants… Ça va venir avec le travail. » »

>> NOS PEPITES FONT AUSSI DES BOULETTES

Seulement 50 % de passes réussies pour Mbappé. 83 % pour Griezmann, 84 % pour Dembélé. Les trois attaquants comptent parmi les cinq Bleus les moins précis, ce vendredi. C’est évidemment normal qu’un attaquant loupe plus de passes qu’un défenseur qui ne donne que des ballons latéraux. « Si on ne fait que des passes à deux mètres, il y a moins de déchet… Mais ça m’intéresse moyennement les passes à deux mètres », se marre Didier Deschamps.

Ça n’intéresse pas plus Antoine Griezmann, mais l’attaquant Bleu a plaidé coupable, sur le coup, avec une jolie franchise :

« On a encore beaucoup à travailler. Sur deux trois passes, je me suis raté parce que je ne connais pas encore trop leurs mouvements, leurs appels. Il faut travailler ça à l’entraînement, mais il y a un gros potentiel. » »

L’association est « prometteuse », embraye l’impayable Mbappé, qui évoque, lui aussi, « les ajustements » à faire, « les détails à travailler. »

>> SONT-ILS CROQUEURS ? TROP GOURMANDS ?

« Je leur dis et je leur répète : s’ils ratent la première fois, la deuxième, la troisième : ils y arriveront la quatrième » : Dembélé et Mbappé ont bien entendu la consigne de Deschamps. Un peu trop, à notre goût : on les a parfois trouvés croqueurs, ce vendredi. S’il fallait retenir trois exemples de ces vendanges précoces (c’est septembre, normalement, messieurs) :

  • 57e : une-deux Griezmann/Mbappé, puis Dembélé est servi à son tour, dans un tout petit périmètre. Pour en rajouter une couche dans la complexité, il tente de remettre le ballon à Mbappé, en vain.
  • 52e : Mbappé semblait avoir fait le plus gros en forçant Sirigu à tenter une sortie compliquée. Mais sa remise pour Griezmann est récupérée par la défense (Tolisso frappera juste à côté)
  • 23e : Dembélé accélère mais tarde à lâcher son ballon. Griezmann était démarqué… Mais la défense italienne a le temps de se replier.

« On peut gagner en efficacité », a euphémisé Didier Deschamps. Qui, bizarrement, cible plus Dembélé qu’Mbappé :

« Ousmane est capable de faire choses fantastiques, de créer des différences. Il a cette vitesse balle au pied, il utilise les deux pieds, met un superbe but. Il peut rater des choses faciles. Il faudrait un peu plus de concentration et d’application… Je ne lâche pas là-dessus ! » »

Et nous, on ne lâche pas Mbappé, qu'on avait déjà trouvé un peu facile face à l'Irlande. « L’important, ce sera de marquer le 16 [contre l’Australie], non ? », a-t-il lâché avec son sourire habituel. C’est noté, Kylian…