PSG-Brest : Sergio Ramos, chambré par le public mais décisif pour tester un nouveau système ?

FOOTBALL Pochettino a décidé de passer à cinq derrière quand il a fait rentrer le défenseur espagnol, malmené par une partie des supporters

Julien Laloye
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Sergio Ramos, le 15 janvier 2022 à Paris.
Sergio Ramos, le 15 janvier 2022 à Paris. — Thomas COEX / AFP
  • Sergio Ramos a disputé son premier match de la saison au Parc des Princes, entrant pour la dernière demi-heure contre Brest.
  • Le défenseur espagnol a été chambré par le public parisien, qui se dit visiblement que le Real Madrid avait bien raison de ne pas le prolonger.
  • Si son corps tient, il pourrait pourtant permettre au PSG d’adopter un système tactique qui correspond mieux à ses qualités.

Au Parc des Princes,

Cela doit être la naïveté, ou alors le froid qui engourdissait nos sens un peu moins affûtés. Bref, on n’est pas tout à fait sûrs d’avoir bien capté ce qui s’est joué autour de Sergio Ramos, entré pour la dernière demi-heure face à Brest, sa première apparition au Parc cette saison. Ou alors on a trop bien compris, et ce mariage n’augure décidément rien d’autre que de la vaisselle cassée et des plaintes pour escroquerie.

Quand l’Espagnol est rentré, donc, les 5.000 supporters parisiens, par ailleurs ravis du spectacle, pour une fois, ont fait un boucan du diable, comme pour le retour d’un prisonnier en permission de sortie. Puis ce qu’on a pris pour un enthousiasme sincère en bon enfant s’est rapidement transformé en chambrage indécent, des applaudissements nourris et des cris de bêtes descendant des tribunes à chaque fois que l’Ibère touchait un ballon, surtout un ballon facile.



Le concours de bistouquettes facilité par l’assistance clairsemée, à grands coups de « c’est moi qui vais crier le plus fort ce soir » a même frisé le malaise par moments, et Sergio Ramos a dû finir par comprendre que son « nouveau » public se payait sa tronche. D’ici à ce qu’il joue contre le Real et qu’il laisse partir Benzema dans son dos, on ne préfère même pas imaginer la réaction des supporters parisiens.

Première mouvementée à domicile

Ces débuts n’étaient pourtant pas si anecdotiques. Non pas qu’on ait appris grand-chose vendredi soir, puisque les Brestois avaient abdiqué depuis longtemps que Ramos a fait connaissance avec les lieux, mais son entrée a coïncidé avec le passage en 3-5-2 que n’importe quel observateur pas trop frappé du ciboulot demande depuis le mois d’août. Le schéma tactique semble même idéal pour appuyer sur les qualités de l’effectif parisien tout en masquant certaines de ses faiblesses

  • La ligne de trois centraux permet d’encadrer un Ramos vieillissant et de compenser son manque de vitesse tout en l’alignant quand même pour son leadership et son expérience
  • Elle permet de libérer les deux pur-sang Hakimi et Nuno Mendes, deux latéraux pas toujours irréprochables dans leur placement défensif mais parmi les meilleurs du continent en attaquent
  • Elle fait disparaître un des nombreux milieux transparents du PSG pour ne garder que les deux meilleurs dans leur domaine (Gueye et Verratti)
  • L’attaque peut s’articuler autour de Messi en dix derrière Mbappé et Neymar quand il est là, Icardi pouvant faire l’affaire faute de mieux

 

« Travailler ce système, cela demande du temps »

A se demander pourquoi on n’est pas entraîneur du PSG à 300 plaques la journée à la place de Mauricio Pochettino, qu’on a évidemment questionné sur cette variation musicale : va-t-on écouter sa douce mélodie faite de coulissages ordonnés et de dédoublements de passes voluptueux ces prochaines semaines : « toutes les possibilités sont ouvertes dans le foot. Passer à trois derrière, on l’a déjà fait. C’est une option la plupart du temps pendant les matchs, on la garde en tête. Mais travailler ce système, avec une ligne de trois et des pistons, cela demande du temps, ce n’est pas juste mettre des pions et des flèches sur un tableau ».

Figurez-vous que cela tombe bien, la tournée des sponsors au Qatar ayant été remise à plus tard, le staff parisien va pouvoir bûcher toute la semaine au Camp des Loges. Neuf jours de travail avant Reims, un luxe inédit dans le calendrier d’un club de Ligue des champions, et tout plein de mises en place tactiques au programme. C’est le moment de tenter un truc, coach. Enfin, sauf si Sergio Ramos a besoin de trois semaines pour digérer son retour. Ne riez pas, il lui en avait fallu le double après sa seule titularisation de la saison à Saint-Etienne.