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Crème solaire : Sticks, protection « 50 + enfant », produits bio… Cinq questions pour bien choisir sa protection
au soleil•C’est le retour des beaux jours et celui des doutes sur les produits solairesManon Minaca
L'essentiel
- Choisir sa crème solaire peut s’avérer complexe au vu de la multitude d’options disponibles.
- Pour vous aider à faire un choix plus éclairé, 20 Minutes a demandé à deux expertes de répondre à cinq questions que l’on peut se poser devant le rayon « crèmes solaires ».
- Les sticks sont-ils efficaces ? Les produits pour enfants sont-ils si différents ? Peut-on se fier au label « protection des océans » ? Toutes les réponses sont dans cet article.
Les beaux jours sont (enfin) de retour et, avec eux, les après-midi au parc, à la plage ou dans le jardin. Des moments en plein soleil durant lesquels la crème solaire est indispensable. Encore faut-il s’y retrouver dans cette offre de plus en plus abondante. Qui ne s’est jamais posé 1.000 questions face aux rayons « solaires » bien fournis des pharmacies ou supermarchés ? Pour vous aider à y voir plus clair, voici les réponses à cinq interrogations sur les crèmes solaires.
Est-ce que les sticks solaires sont vraiment efficaces ?
« Oui », tranche sans hésiter Christine Lafforgue, biologiste et chimiste spécialisée dans les interactions entre les cosmétiques et la peau. Et c’est même encore mieux que ça : « C’est probablement la présentation la plus compatible avec la protection solaire, car les sticks laissent un film assez épais sur la totalité de la peau », explique l’experte. Ils présentent également l’avantage d’être bien gras, ce qu’aiment les molécules présentes dans les filtres solaires, et permettent donc d’obtenir « de très bons indices de protection ».
Faciles à appliquer, les sticks sont aussi très pratiques pour cibler toutes les petites zones sensibles qu’on a tendance à oublier, comme le dessus des oreilles ou le cou. Et si vous hésitez sur la forme de protection solaire à adopter – lait, baume, brume, gel etc. –, l’essentiel est de prendre « celle qui vous convient le mieux et que vous aurez envie d’appliquer », rappelle la spécialiste.
Y a-t-il une différence entre une crème 50 + enfant et une 50 + adulte ?
Si l’indice est le même, il peut y avoir, dans les produits pour enfants, des petites différences, notamment « au niveau du parfum ou du conservateur qui peut ne pas être tout à fait le même. Mais ça s’arrête là », décrit la biologiste. Il n’y a donc aucune contre-indication à appliquer une crème adulte à son enfant.
Il faut cependant garder en tête un élément important : les plus jeunes ne doivent pas être exposés au soleil. « Pour les petits de moins de 3 ans, on peut par exemple leur mettre un produit solaire sur les jambes quand ils sont dans la poussette. Mais on ne les lâche pas comme ça au soleil avant un certain âge », rappelle Christine Lafforgue. Dans un document sur les risques solaires, le ministère de la Santé rappelle notamment que la peau et les yeux sont fragiles et plus sensibles aux rayons UV jusqu’à la puberté.
Les produits bio et naturels protègent-ils efficacement ?
Il existe deux types de filtres solaires : les minéraux, qui sont naturels, et les synthétiques, aussi appelés organiques. Les naturels, le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc, « offrent une moins bonne couverture UV que si vous y ajoutez des filtres chimiques, dont la protection est plus large », compare la biologiste. Les crèmes 100 % bio, dont les filtres sont forcément minéraux, offrent donc « une protection non négligeable, mais restent moins bien accrochés à la peau ».
Les produits bio doivent, par ailleurs, faire l’objet d’une attention particulière en matière de conservation. « Certains antioxydants sont interdits, donc leur durée de vie est un peu plus courte », détaille la spécialiste. Il vaut donc mieux acheter des petits formats, afin d’éviter que le produit ne traîne trop longtemps dans le tube. Un conseil qui vaut pour tous les produits solaires à la fin des vacances ou de la période d’exposition : « On ne les garde surtout pas d’une année sur l’autre. »
Y a-t-il un composant à éviter ?
Il existe, aujourd’hui, une molécule « un peu sur la sellette » : l’octocrylène, présente dans de nombreux produits solaires. Ce filtre, qui s’use au cours du temps à mesure qu’il absorbe et renvoie le rayonnement du soleil, donne la benzophénone-3, « fortement sensibilisante et allergisante », alerte Christine Lafforgue. « Ça ne craint rien chez des personnes âgées qui ont la peau dure, mais il vaut mieux l’éviter chez les enfants », précise-t-elle.
Une vigilance à compléter par un élément crucial : « Hors vacances où c’est un peu exceptionnel, on ne met pas de la crème solaire tous les jours, en particulier sur les enfants », notamment en raison de la présence de certains produits allergisants ou sensibilisants. Mais aussi, et surtout, car « il ne faut pas s’exposer au soleil tous les jours », rappelle l’experte.
Peut-on se fier aux petits pictos « protection de l’océan » ?
Ces mentions présentes sur les tubes des produits solaires « n’ont aucune certification officielle ou réglementaire », explique Floriane Boullot, enseignante-chercheuse en écotoxicologie à Unilasalle Rennes. Pour autant, « si une marque met ce label, souvent, elle s’investit dans le choix des ingrédients de manière assez rigoureuse ».
Elle peut, par exemple, préférer les filtres minéraux, moins nocifs que les filtres organiques. Mais « les produits solaires, quels qu’ils soient, ont tous un impact », nuance la chercheuse. Certains composants de nos protections solaires contribuent au blanchissement des coraux, à la modification de l’aspect plus ou moins trouble de l’eau et peuvent aussi retomber au fond de l’eau, le tout perturbant les espèces marines.
Si vous souhaitez limiter l’impact de votre crème solaire sur l’océan, « les filtres organiques sont à éviter le plus possible », conseille Floriane Boullot. La présence de parabens, des conservateurs, doit aussi alerter. Vous pouvez regarder si le filtre UV est sous forme de nanoparticules, qui peuvent perturber les coraux ou d’autres espèces. Et « si on met de la crème, il faut attendre au moins vingt minutes avant d’aller se baigner, pour être sûr que le produit a pénétré et ne se dispersera pas dans l’eau », conclut la chercheuse.



















