Roland-Garros 2026 : Attitude, variation, concentration… Ce qu’on a aimé de la première victoire de Kouamé à Paris
espoir•Moïse Kouamé a battu sèchement Marin Cilic pour remporter le premier match de sa carrière à Roland-Garros (7-6, 6-2, 6-1). Plus que le résultat, le contenu du match est encourageantWilliam Pereira
L'essentiel
- Moïse Kouamé, 17 ans et protégé de Richard Gasquet, a remporté son premier tour à Roland-Garros face à Marin Cilic (7-6, 6-2, 6-1) en démontrant un jeu intelligent et varié qui a fait déjouer son adversaire au long des échanges.
- Le joueur français a particulièrement impressionné par sa solidité mentale dans les moments-clés en ne concédant aucune des sept balles de break à son adversaire.
- Kouamé a également montré des qualités physiques avec des services supersoniques atteignant 216 km/h et une capacité à utiliser l’énergie du public du court Simonne-Mathieu. « Ça donne une énergie positive dans les moments difficiles, dans les moments stressants. Je les remercie pour ça. »
De notre envoyé spécial à Roland-Garros,
Moïse Kouamé passe le cap. Le protégé de Richard Gasquet n’a fait qu’une bouchée de ce bon vieux Marin Cilic au premier tour de Roland-Garros (7-6, 6-2, 6-1) au terme d’un match maîtrisé qui sent bon à plusieurs égards. On se calme tout de suite par contre : on a passé l’âge de s’enflammer à la première étincelle, et si vous espériez lire que la France tient à coup sûr un vainqueur de Grand Chelem en puissance, vous toquez à la mauvaise porte. On lui souhaite évidemment d’arriver à ce niveau, mais pour le moment, il n’y est pas.
En revanche, on peut se laisser aller à l’enthousiasme sur plusieurs aspects du succès du jeu proposé mardi par le jeune joueur de 17 ans sur le court Simonne-Mathieu. On en a choisi quatre au doigt mouillé.
Un jeu intelligent et varié
Pas (encore) de réel coup fort mais une justesse diabolique à vous faire déjouer un vainqueur de Grand Chelem au long des échanges. Si on ne savait pas qu’il était entraîné par Richard Gasquet, on pourrait penser que Gilles Simon est le mentor de Moïse Kouamé, tant son jeu est varié et froid. Plutôt que de s’empêtrer dans des enflammades superflue comme on pourrait l’attendre d’un jeune qui fait ses preuves, le 318e joueur mondial a tenu la diagonale de revers de papy Cilic jusqu’à lui faire perdre un bout d’épaule. Et comme à cet âge-là, on ne recolle plus les morceaux, l’issue du match était dès lors évidente.
« Je me sentais assez bien, préparé, prêt, a réagi Kouamé en conférence de presse. On a beaucoup travaillé sur la tactique, comment aborder le match. » « Il n’a pas beaucoup pris de mauvaises décisions ce qui montre qu’il est sur la bonne voie », a félicité son adversaire après la rencontre
L’axe de progression : attention aux fautes directes. 34 sur un match de moins de trois heures c’est honnête, mais pas top niveau.
Solide comme un roc dans les moments clés
La stat de vieux briscard du circuit. Sur sept balles de break obtenues par Marin Cilic, aucune n’a pu être convertie par le lauréat de l’US Open 2014, impressionné par le tempérament de son jeu adversaire. « Quand vous jouez si bien dans les moments critiques, cela montre votre niveau de confiance et le caractère ». Beaucoup de rookies auraient craqué au moment de défendre des balles de break dans le 10e jeu du premier set. Beaucoup de Français auraient fait une double faute sur leur balle de match. Pas Moïse Kouamé.
« L’expérience récoltée à Miami, Monte-Carlo, aux qualifications à Roland-Garros, m’a aidé, a réagi Kouamé. D’un point de vue tennistique j’étais serein, je sentais bien mon coup droit, mon service, mon revers. Perdre ce match n’était pas un facteur qui me stressait. »
La marge de progression : à part un truc impossible comme ne pas concéder du tout de balles de break, on ne voit pas.
Des services supersoniques
Six aces, 71 % de points gagnés derrière sa première, des variations et quelques claques à 216 km/h. Propre.
La marge de progression : le nombre de premières (61 %) et quelques doubles-fautes (6) à gommer.
Il a joué avec le public (sans en faire des caisses)
On ne va pas se raconter d’histoires en inventant une personnalité au gamin, Moïse Kouamé n’a pas passé son match à haranguer la foule. Mais, doigt sur la tempe ou poing en l’air, il a su se servir de l’énergie du court Simonne-Mathieu dans les moments-clés de la rencontre, et c’est très bien comme ça. « Ça donne une énergie positive dans les moments difficiles, dans les moments stressants. Je les remercie pour ça. »
La marge de progression : donner plus de pain à manger en conférence de presse. La comm' millimétrée à 17 ans à l’âge des déclarations rafraîchissantes et insouciantes, même Kylian Mbappé version Monaco ne l’a pas fait.



















