FC Nantes : Mais qu’est ce qui cloche chez les Canaris ? Diagnostic d’une situation inquiétante…
FOOTBALL•Les Canaris (16es) se sont inclinés (2-1) à Nice, samedi soir, pour la troisième fois en six rencontres depuis le début de la saisonDavid Phelippeau
L'essentiel
- Le FC Nantes a perdu (2-1), pour la troisième fois de la saison (en six matchs), à Nice, samedi soir.
- Les Canaris passeront la trêve internationale à la 16e place de la Ligue 1 avec deux points d'avance sur le 18e, Strasbourg.
A ce rythme comptable, huit ans après l’avoir quittée, le FC Nantes (16e) pourrait bien remonter dans l’ascenseur et retrouver la Ligue 2. Samedi, les Canaris ont été battus (2-1) à Nice pour la troisième fois de la saison en six matchs de Ligue 1 et flirtent dangereusement avec la zone de relégation. En 2020, le FCN n’a gagné que trois matchs sur quinze (13 points sur 45 possibles en L1). Les joueurs le soulignent, à juste titre en ce début de saison, le calendrier (défaite à Lille, à Monaco et à Nice) ne laisse aucun répit aux Nantais. Néanmoins, le mal semble plus profond à ce jour et l’avenir du coach Christian Gourcuff de plus en plus en sursis. Diagnostic d’une situation préoccupante pour le FCN.
Des grosses défaillances individuelles
C’était la révélation de la saison dernière, c’est la déception de ce début d’exercice. Moses Simon, 5 buts et 5 passes décisives en 2019-2020, n’est que l’ombre de lui-même. « On manque un peu de folie », regrettait le gardien de but Alban Lafont jeudi. Simon incarnait ce zeste de d’insouciance en 2019, ce n’est plus du tout le cas. La semaine dernière, l’ailier gauche nigérian a discuté avec le coach Gourcuff et lui a fait part de ses difficultés en match, surtout avec un latéral offensif comme Fabio derrière lui. Autres joueurs cadres en souffrance : Ludovic Blas, replacé sur un côté à Nice, ne confirme toujours pas (ou que par intermittence) le talent qu’on lui prête et l’investissement financier (8 millions d’euros) consenti par le FCN il y a un et demi pour le faire venir de Guingamp. Samedi, c’est Nicolas Pallois, souvent irréprochable, qui s’est montré un ton en dessous. Quant à Imran Louza, coupé dans son élan en début d’exercice en raison de ses deux matchs de suspension, il ne semble pas (encore) avoir son rayonnement habituel au milieu.
Un collectif qui ronronne
Toujours un peu la même impression. Surtout à l’extérieur. Les Canaris ne sont jamais totalement dépassés grâce à un bloc (en 4-4-2) bien en place. Mais, en phase offensive, les belles séquences restent au stade préparatoire. Les belles intentions s’estompent souvent à hauteur de la surface de réparation adverse. « Il faut prendre des risques, observait Alban Lafont, jeudi. Si on veut marquer des buts et développer un beau jeu, il faut en prendre. » « Il manque l’accélération, il manque l’intensité, analysait, le même jour, l’entraîneur nantais. C’est parfois lié à un aspect mental. C’est une notion d’agressivité, pas dans le sens du contact, mais dans l’engagement. » S’il n’a pas touché à son immuable dispositif pour le déplacement à Nice, Christian Gourcuff a modifié l’animation en changeant les hommes (entrée d’Abeid, Louza un cran au-dessus et Blas sur un côté), comme certains joueurs l’auraient soufflé la semaine dernière.
Un mercato étrangement calme
Lundi soir, à minuit, l’interminable mercato sera enfin fini. Nantes, qui a déjà pris deux joueurs libres (Jean-Charles Castelletto et Pedro Chirivella) et levé l’option d’achat à 5 millions d’euros pour Simon, va-t-il recruter avant le gong final ? Ce dimanche, aucun dossier d’attaquant (poste recherché en priorité) n’est vraiment avancé. Ce qui ne signifie pas qu’aucun joueur ne peut signer demain… On connaît la propension de la famille Kita à accélérer des dossiers dans le money-time. Un ou des départs sont-ils encore possibles ? Là encore, c’est le calme plat. Kalifa Coulibaly et Abdoulaye Touré (pour ne citer qu’eux) n’ont pour l’heure aucune offre ferme.
Un entraîneur en sursis
Avec de tels résultats, Christian Gourcuff est forcément dans l’œil du cyclone. Encore plus avec un président dont la réputation de consommateur de coachs n’est plus à démontrer. « Quand on fait ce métier, il faut être prêt à tout. Avec mon expérience, on est encore plus prêt à tout. » Voilà ce que lâchait Gourcuff, jeudi, en conférence de presse à la question de savoir s’il se sentait menacé.
En attendant, s’il avait (peut-être) un doute sur l’investissement de certains de ses joueurs la semaine dernière, ces derniers n’ont pas failli dans ce domaine (en infériorité numérique quasiment tout le match) samedi soir à Nice. « Si certains doutaient de la solidarité du groupe, ils ont eu la réponse », a lancé le Breton samedi soir. Ce dimanche, il n’était pas question d’un limogeage de Gourcuff, qui a la chance d’être apprécié et respecté par le président Kita. Cette considération ne devrait néanmoins pas suffire en cas de mauvaise série après la trêve (réception de Brest, déplacement à Lens et réception de Paris).
Des foyers de tension partout autour de l’équipe
« Il y a beaucoup d’ondes négatives en ce moment. » Plusieurs salariés faisaient le même constat la semaine dernière quand une affaire extrasportive a surgi… A la Jonelière, des foyers de tension brûlent depuis plusieurs semaines. L'un de ces dossiers a été médiatisé début septembre quand Stéphane Ziani, coach des U19 ans, a dit tout haut ce que beaucoup de formateurs pensaient de Christian Gourcuff. Le staff pro de l’entraîneur nantais entretient par ailleurs des relations très fraîches aussi avec le staff médical, surtout certains kinés.
En interne, certains salariés, soutenus par la direction, se sont laissés pousser des ailes et arrogés beaucoup de droits. Leur «prise de pouvoir» a coïncidé avec le limogeage de plusieurs personnes, dont certaines avaient beaucoup d’affinités avec des joueurs.


















