Mercato FC Nantes: Comment le FCN a réussi à attirer le grand espoir Alban Lafont

FOOTBALL Le gardien de but de la Fiorentina a été prêté deux ans à Nantes le week-end dernier

David Phelippeau

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Alban Lafont.
Alban Lafont. — Maffia/UK Sports Pics/SIPA
  • Alban Lafont, grand espoir du football français, s’est engagé contre toute attente avec le FC Nantes le week-end dernier.
  • Il est prêté pour deux ans avec option d’achat par la Fiorentina.
  • « 20 Minutes » a enquêté sur les raisons qui ont poussé l’ancien Toulousain à signer à Nantes après son aventure d’une saison en Série A.

« C’est mon choix, j’en prends toute la responsabilité. » Le gardien de but Alban Lafont (20 ans) a justifié ce week-end à un site italien ( tuttomercatoweb.com) son départ de la Fiorentina pour rallier le FC Nantes. L’information sortie vendredi a étonné beaucoup d’observateurs. « C’est surprenant, c’est un bon coup que réalise le FCN », avouait même samedi, un agent rompu au marché italien.

Un coup fomenté en une toute petite dizaine de jours par le clan Kita. Alors que ce dernier avait coché des noms comme Gorgelin (Lyon), Kalinic (Aston Villa) ou Bernardoni (Bordeaux) pour garder la cage nantaise la saison prochaine, le nom de Lafont est soufflé lors d’une discussion informelle. Renseignements rapidement pris, l’ancien toulousain – pourtant sous contrat chez la Viola jusqu’en 2023 – n’est pas opposé à quitter la Fiorentina. Un an seulement après son arrivée en provenance de Toulouse (98 matchs de L1) et contre un chèque de 7 millions sans les bonus.

Nantes intensifie les discussions avec le club italien et fait les yeux doux au détenteur du record de précocité pour un gardien en Ligue 1 (en 2015, à Toulouse, il avait 16 ans et 309 jours). Rennes vient jouer des coudes et aurait même proposé davantage en salaire… Mais, la décision de Lafont est prise, ça sera la cité des Ducs après la cité des Médicis. Un prêt de deux ans est acté avec une option d’achat à hauteur de 7 millions d’euros. A Nantes, il sait qu’il sera mieux exposé dans l’optique de l’équipe de France espoir et surtout il retrouve deux amis des sélections de France jeunes : Elie Youan et Thomas Basila. Beaucoup sont néanmoins surpris par ce choix de carrière, certains y décèlent une forme de régression.

Il a compris qu’il ne serait pas numéro 1 à la Fio

« Je suis étonné qu’il revienne en France surtout après la saison qu’il vient de faire, avoue Jordan Veretout, ex-Canari désormais à la Fiorentina, qui a échangé des SMS avec Lafont après que l’information a été rendue publique. C’est un très bon gardien, très bon mec. » Mais qu’est ce qui a pu bien pousser ce titulaire chez la Viola (34 matchs de Série A en 2018-2019) à faire ses valises ? « Il y a un mois, il avait déclaré dans la presse qu’il voulait rester, se souvient François Lerose, rédacteur en chef du site Calciomio, spécialisé dans le foot transalpin. Entre-temps, il a appris que le Polonais Dragowski, revenu de prêt d’Empoli, allait être le titulaire. L’agent de ce dernier a laissé passer cette idée dans les médias… »

Alban Lafont, d’un naturel très discret, n’a pas non plus vécu une saison de tout repos avec un maintien acquis à la dernière journée et un club finalement vendu à un homme d’affaires américain (Rocco Commisso) début juin. Sur le plan extra-sportif, il est aussi « mouillé » à une sale histoire (d’ordre très privé) en début d’année. « Ça a dû le toucher car il avait fait un démenti sur les réseaux sociaux », se rappelle le spécialiste du championnat transalpin.

Très fort sur sa ligne

« Il a tout l’avenir devant lui, il va devenir un des tout meilleurs gardiens de but d’Europe », en est pourtant persuadé Carlos Manuel Freitas, ex-directeur sportif de la Viola et à l’origine de la venue de Lafont en Italie il y a un an. Ses qualités ? « Il est très fort sur sa ligne et il a beau être grand (1,93 m), il va très vite au sol », décrit Veretout. Certains lui reprochent parfois un jeu au pied hésitant ou des sorties hasardeuses. Quelques vidéos de ses bourdes ont circulé la saison dernière comme celle en Coupe d’Italie à Bergame fin avril. « Mais quand tu as 19 ou 20 ans, tu n’es pas capable d’être hyperrégulier, il y a toujours des hauts et des bas, le défend l’ex-directeur sportif, soulignant les énormes performances de Lafont à San Siro (contre Milan) et contre Naples en championnat. Ça reste un gamin. Il a eu des moments difficiles cette saison, mais ça fait partie de sa croissance. Buffon, à ses débuts, en a connu aussi… »

Celui qui a été formé au Pôle Espoirs de Castelmaurou entre 2012 et 2014 (entre les mains de l’ancien portier nantais David Marraud) a la chance d’être bien entouré. « Il a une celulle familiale qui lui donne beaucoup d’assurance, corrobore Carlos Manuel Freitas. Il vit très bien sa notoriété. » Samedi soir, pour le tournoi en hommage à Henri Michel à la H Arena, Lafont était accompagné de sa sœur aînée, son frère aîné et son père. Juste au-dessus de lui, le président Waldemar Kita, très fier forcément d’avoir réalisé ce qui pourrait s’avérer être un gros coup dans les mois à venir.