FC Nantes: Et si c'était en Vendée que la carrière d'Abdoulaye Touré avait basculé...

FOOTBALL Le milieu de terrain, âgé de 23 ans, qui est l'homme fort du FCN actuellement, a passé six mois au Poiré-sur-Vie (National) pour relancer une carrière et une vie compliquées...

David Phelippeau

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Le milieu de terrain Abdoulaye Touré.
Le milieu de terrain Abdoulaye Touré. — LOIC VENANCE / AFP
  • Abdoulaye Touré s’affirme comme un élément indispensable du système de Claudio Ranieri.
  • Sa carrière a été plombée par des soucis extra-sportifs.
  • En janvier 2015, il va tenter de relancer sa carrière au Poiré-sur-Vie en National.

Une parenthèse réparatrice. Salvatrice même ? De janvier 2015 à juin 2015, Abdoulaye Touré, homme de base (17 matchs, 17 titularisations) depuis le début de la saison de Claudio Ranieri, est prêté en National au Poiré-sur-Vie. La commune vendéenne d’à peine 9.000 âmes a la chance d’avoir un club de foot qui évolue en National (le club est désormais en N3). Touré quitte alors sa Jonelière.

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« Il fallait qu’il ait un temps de jeu supérieur », se souvient Samuel Fenillat, directeur du centre de formation. Le grand espoir du FCN navigue à cette époque entre la réserve (CFA) et les pros. Sans toujours convaincre. Il faut dire que depuis plusieurs mois, le natif de Malakoff est au cœur de différents événements bien éloignés du ballon rond. En août 2013, bien malgré lui, il donne le nom à l’ affaire Touré parce qu’il entre en jeu avec le FCN contre Bastia… alors qu’il est suspendu ! Puis, en novembre 2014, il est agressé à l’arme blanche dans son quartier.

« On entendait plus parler de lui pour toutes ses affaires que pour le foot… »

« On le prête aussi au Poiré car il fallait qu’il s’aère la tête, avoue Fenillat. Il était très marqué par l’affaire de Bastia. Des gens n’ont pas eu la bonne attitude vis-à-vis de lui et ont voulu lui faire payer. Il avait le sentiment d’être mis de côté alors qu’il n’y était pour rien. Abdoulaye devait s’échapper du contexte nantais. » En 2014, il confiait ainsi à 20 Minutes qu’il voulait « redevenir un footballeur normal ».

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Janvier 2015, il parcourt ainsi plusieurs fois par semaine la soixantaine de kilomètres séparant Nantes du Poiré-sur-Vie. Quentin Bonnet, ancien pensionnaire de la Jonelière, faisait la route avec Touré : « Le fait de sortir du cocon nantais lui a fait un bien fou. L’histoire du coup de couteau lui avait fait mal physiquement et moralement. On entendait plus parler de lui pour toutes ses affaires que pour le foot… »

Etonnant contre une Ligue 2

En Vendée, il redevient footballeur à part entière. « Grâce à ces six mois exceptionnels, j’ai réussi à reprendre goût au foot », avoue le joueur à So Foot en octobre dernier en parlant du Poiré. Il retrouve la flamme grâce au coach Oswald Tanchot. « Il a tout de suite pris le bon wagon, se rappelle l’actuel entraîneur du Havre, qui se serait bien vu le recruter cet été. Il s’est super bien adapté. Il a joué tout de suite et a été très bon sur les premiers matchs. » Le 10 février, malgré l’élimination des Vendéens contre Auxerre (L2) en Coupe de France, « il est le meilleur joueur sur le terrain », selon Tanchot.

Abdoulaye Touré (en bleu) face à l'AJ Auxerre.
Abdoulaye Touré (en bleu) face à l'AJ Auxerre. - JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

En avril, son élan est coupé par un carton rouge à Strasbourg, entraînant quelques matchs de suspension. Mais, Touré – « le beau bébé à l’énorme volume de jeu », selon Matthieu Pichot, un ex-partenaire du Poiré – retrouve sa place pour finir la saison de National. « Ce qui m’a impressionné c’est qu’il était sûr de sa force, il avait une telle sérénité pour son âge [21 ans] », continue Pichot.

« Au Poiré, il mesure aussi la chance qu’il a d’être professionnel dans un club comme Nantes », explique Tanchot. « Il lavait son linge là-bas, ce n’était pas le même confort de travail, corrobore le patron de la formation du FCN. Avec cette courte expérience, il s’est rendu compte à quel point il était bien à la Jonelière. » Plus de deux ans après l’escapade vendéenne, le milieu de terrain semble s’y épanouir comme jamais. « Abdoulaye est un sacré exemple au centre de formation au niveau de l’endurance mentale, conclut Fenillat. C’est une belle réussite pour nous, mais surtout pour lui ! »

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