Nice-FC Nantes : Pourquoi le virevoltant Moses Simon est-il aussi décevant ?

FOOTBALL L’attaquant nantais, qui devrait être encore titulaire samedi à Nice, n’arrive pas à retrouver le niveau qui a fait de lui un joueur décisif et explosif la saison dernière

David Phelippeau
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Moses Simon.
Moses Simon. — David Vincent/AP/SIPA
  • Moses Simon (25 ans), auteur d’un but contre Saint-Etienne, vit un début de saison compliquée.
  • Le meilleur joueur nantais la saison dernière ne semble plus trouver de solutions sur le terrain.
  • L’entraîneur Christian Gourcuff explique que Simon a du mal à justifier son statut de joueur majeur et se met « trop de pression ».

Il n’est pas aussi décisif et incisif. L’attaquant Moses Simon (25 ans) vit un début de saison bien poussif. Malgré un but inscrit contre Saint-Etienne (2-2), le Nigérian peine à retrouver son niveau d’il y a un an. Celui qui lui avait permis de signer cinq buts et cinq passes décisives la saison dernière. Celui qui avait incité à la direction du FC Nantes à lever l’option d’achat à hauteur de 5 millions d’euros il y a quelques semaines.

Après la défaite (2-1) à Monaco le 14 septembre, c’est rare, mais Christian Gourcuff a un peu délaissé les enseignements collectifs pour pointer du doigt celui qu’il décrivait comme « un joueur d’exception » en décembre : « Je dirais que Moses Simon, qui était notre atout majeur, n’était pas là aujourd’hui. Ce n’était pas le vrai Simon. » Son coup de reins qui faisait ravage sur les cinq premiers mois de la saison dernière s’apparente désormais à un coup de freins. Le Nigérian ne surprend plus. « Il est moins en jambes, moins alerte sur le plan physique, observe l’ancien Canari Olivier Quint. Il ne fait plus de différences en un contre un. »

Effet de surprise a disparu ?

L’effet de surprise d’un élément virevoltant et inconnu en France n’opère plus comme il y a un an. « Les défenseurs travaillent sur lui en vidéo et ils se retrouvent à deux ou trois souvent sur lui pour éviter qu’il prenne de la vitesse », analyse son partenaire de l’attaque Randal Kolo Muani. A Lille ou à Monaco, on a souvent vu le Nigérian arrêté, impuissant avec au moins deux défenseurs à ses trousses. Son association avec un Fabio assez offensif semble aussi moins lui correspondre que celle avec Charles Traoré, moins attiré par le jeu offensif et plus concentré sur l’aspect défensif.

Son entraîneur Christian Gourcuff réfute l’argument d’un effet de surprise dissipé ou d’un déficit physique. « C’est souvent le problème quand un joueur fait une bonne saison, c’est plus difficile de confirmer car le joueur a toujours l’envie de bien faire, mais surtout l’envie de faire plus. D’en faire trop même. Le joueur se met une pression. Quand il ne réussit pas, il perd de sa lucidité. Je pense que pour Simon, c’est ça. »

Un différend d’ordre financier avec sa direction

Le technicien considère aussi que les défenseurs ne sont pas plus intransigeants avec son élément offensif. « Il temporise et permet aux adversaires de le serrer. La saison dernière, il prenait de la vitesse tout de suite et se retrouvait en situation de un contre un. Il a perdu sa spontanéité et il doit retrouver de la fraîcheur d’esprit. » L’entraîneur ne croit pas si bien dire. Depuis qu’il est devenu définitivement Canari, Moses Simon est froissé par un différend d’ordre financier qui l’oppose à sa direction…

De son côté, Alban Lafont estime que son coéquipier « n’est pas plus en difficultés que ça », mais il l’incite à « varier son jeu » davantage. Sous-entendant, une tendance chez Simon à souvent répéter les mêmes dribbles… « Mais on a confiance en lui, poursuit le gardien nantais. On sait de quoi il est capable. »