TFC: Fin de contrat, relations avec ses coachs... Jimmy Durmaz fait le bilan, calmement, de ses années toulousaines

L'AMOUR DURE TROIS ANS L’international suédois Jimmy Durmaz boucle sa troisième saison au TFC. La plus aboutie sur un plan personnel, mais aussi, probablement, la dernière

Nicolas Stival

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Contre Lyon, le milieu offensif du TFC Jimmy Durmaz a signé un doublé, le 16 janvier 2019 au Stadium de Toulouse.
Contre Lyon, le milieu offensif du TFC Jimmy Durmaz a signé un doublé, le 16 janvier 2019 au Stadium de Toulouse. — P. Pavani / AFP
  • Placé dans l’axe plutôt que sur une aile, Jimmy Durmaz affiche une jolie forme en cette fin de saison. « J’adore cette position », confie le milieu offensif du TFC à 20 Minutes, avant le match de samedi à Amiens.
  • Après avoir déjà failli partir l’été dernier, l’international suédois de 30 ans, bientôt libre, devrait quitter Toulouse pour de bon en fin de saison.
  • Durmaz espère « laisser un bon souvenir » aux supporters violets, avant de poursuivre sous d’autres cieux une carrière qu’il compte boucler dans son premier club, à Malmö

Un penalty transformé puis une passe décisive sur coup franc pour l’épaule (si, si) de Mathieu Dossevi. Dimanche contre Rennes (2-2), Jimmy Durmaz (30 ans) a confirmé sa forme actuelle. Le milieu offensif suédois du TFC s’est confié jeudi midi à 20 Minutes, en anglais, deux jours avant un choc des bas-fonds pour le 15e de Ligue 1, en déplacement samedi à Amiens, chez le 16e.

Dans trois journées, la saison devrait se conclure par un maintien sans gloire pour Toulouse, et par un départ pour le barbu multitatoué, talentueux mais sur courant alternatif depuis son arrivée d’Olympiakos, voici trois saisons.

Sa meilleure saison toulousaine

Trente-trois matchs de Ligue 1 sur 35 possibles, contre 20 sur l’ensemble de la saison dernière et 27 en 2016-2017. Auteur de quatre buts et d’une passe décisive en L1, Jimmy Durmaz réalise sans doute son meilleur exercice au TFC. Malgré quelques trous d’air, dont il est coutumier, le Suédois à la technique chatoyante a repoussé la concurrence de l’Espagnol Manu Garcia.

« Au début de la saison, l’entraîneur [Alain Casanova] m’avait dit que je jouerais côté droit. Et après un match, il m’a dit : "Non, tu devrais jouer en numéro 10". J’adore cette position. J’ai le ballon tout le temps, je suis à l’intérieur du jeu. Je peux bouger sur tout le terrain, descendre, monter, aller sur un côté, aider les autres. »

Comme depuis le début de sa carrière, on peut reprocher au Suédois de ne pas être assez décisif. « J’aimerais améliorer mes statistiques, mais je suis plus un créateur qu’un finisseur. J’aime faire des passes, combiner avec mes coéquipiers. D’ailleurs, je suis un énorme fan du FC Barcelone. »

Son départ avorté l’été dernier

A l’été 2018, dans la foulée d’une Coupe du monde poussée jusqu’en quart de finale, Ola Toivonen a filé en Australie. Jimmy Durmaz a cru imiter son compatriote.

Honnêtement je ne pensais pas revenir à Toulouse. J’ai eu quelques bonnes offres de clubs européens mais le nouvel entraîneur [Alain Casanova] voulait que je reste. Et puis, je déteste quitter un club quand je ne joue pas. Je veux jouer, faire de bonnes choses et ensuite partir si je dois le faire. Pour laisser un bon souvenir, pour que les gens comprennent que j’ai fait quelque chose de bien, que j’ai fait de mon mieux. »

Au téléphone, puis en face-à-face, « Casa » a donc convaincu Durmaz. Le milieu offensif sortait d’une saison compliquée sur le plan collectif (barrages contre l’AC Ajaccio) comme individuel, sous la houlette de Pascal Dupraz puis de Michaël Debève.

Le Savoyard, pas forcément convaincu par la rigueur défensive du Suédois, ne l’a pas toujours ménagé. Mais c’est avec Debève, nommé en janvier 2018 (et parti en juin), que les choses se sont le plus mal passées. « Avec "Mika", la relation n’a jamais existé. Il voulait que je joue à droite, à gauche… Mais il ne voulait pas que je joue au foot. » Embêtant, forcément.

Vers la fin de l’aventure toulousaine

Après Malmö (Suède), Gençlerbirliği (Turquie), Olympiakos (Grèce) et Toulouse, l’artiste à la barbe aussi fournie que soignée devrait bientôt découvrir un cinquième club (et un cinquième championnat ?). Puisque, alors que son contrat expire le 30 juin, Durmaz ne voit toujours rien venir de la part de ses dirigeants…

« Pour le moment, je n’ai aucune offre du TFC, confirme-t-il. Je sais ce que veut le coach. J’ai une bonne relation avec lui. Mais si le club ne veut pas me donner un nouveau contrat… Peut-être qu’ils attendent la fin de saison, que nous prenions nos points [pour assurer le maintien]… »

A 30 ans, l’international aux 48 sélections (pour trois buts) connaît suffisamment le foot pro pour savoir que cette dernière hypothèse n’est pas la plus probable. Et que son bilan toulousain ne devrait pas coller aux espoirs caressés à son arrivée, au lendemain de l’Euro 2016. « Il était question de se battre pour les dix premières places. » Aujourd’hui, le club est 15e de L1, après avoir fini 13e puis 18e. « C’est un championnat difficile. Tu n’obtiens pas toujours ce que tu souhaites », observe Jimmy le fataliste.

Mais pas encore la fin de sa carrière

« Je suis encore jeune, je me sens bien, assure le néo-trentenaire, depuis le 22 mars. Je n’ai pas eu de blessure sérieuse donc je peux encore jouer quelques années. » Dans l’idéal, Durmaz se verrait bien enchaîner dans un bon championnat européen, avant de revenir là où tout a commencé au niveau professionnel.

« Si tout se passe comme je le souhaite, j’espère finir ma carrière à Malmö. » A priori, pas tout de suite, mais allez savoir… « Dans deux mois, je signerai peut-être là-bas », sourit celui qui compte disputer l’Euro 2020 (deuxième du groupe F des éliminatoires avec quatre points, la Suède campe derrière l’Espagne). « Je continuerai aussi longtemps que le coach [Janne Andersson] me sélectionnera. Je donnerai tout pour mon pays. »

Avec la sélection suédoise contre la Turquie en Ligue des nations à Solna, le 10 septembre 2018.
Avec la sélection suédoise contre la Turquie en Ligue des nations à Solna, le 10 septembre 2018. - C. Bresciani / AP / Sipa

Même si certains n’ont pas rendu au joueur né de parents assyriens tout cet amour. Les insultes racistes dont Durmaz a été victime lors du Mondial russe ont fait le tour du monde. Le joueur ne tient pas à se répandre sur ce sujet douloureux, et assure avoir tourné la page. Tout en reconnaissant pourtant : « Je n’oublierai jamais. »