« Ses actions justifient de le bannir indéfiniment »… Facebook appelé à ne pas laisser Trump revenir sur le réseau social

CENSURE Le conseil de surveillance de Facebook doit trancher sur le cas Donald Trump, banni du réseau social après les émeutes de janvier au Capitole

H. B. avec AFP
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La page Facebook de Donald Trump (illustration).
La page Facebook de Donald Trump (illustration). — M. ALLILI /SIPA

Donald Trump va-t-il pouvoir revenir un jour sur Facebook ? Le conseil de surveillance du réseau social va devoir décider si l’ex-président américain, banni de la plateforme début janvier, pourra retrouver son compte ou pas. Ses membres peuvent approuver le blocage de son compte pour une durée indéterminée, ou imposer à Facebook de laisser revenir l’ancien chef d’Etat, évincé du réseau après les émeutes du 6 janvier au Capitole.

Cette décision est en tout cas très attendue, comme en témoigne le flot d’avis reçus – plus de 9.000 lettres et commentaires du public sur le sujet – par le conseil de surveillance indépendant du groupe (Facebook Oversight Board), qui doit rendre son avis d’ici la mi-avril.

« Personne n’a le droit d’utiliser une plateforme pour répandre la désinformation »

De nombreuses associations et experts appellent à ne pas laisser revenir le milliardaire républicain, qui fait actuellement face à un procès en destitution. « Notre message est simple : annuler le bannissement de Trump serait une invitation à la violence, à la haine et à la désinformation qui coûtera des vies et sapera la démocratie », a écrit dans une lettre une association anti-Facebook, qui se fait ironiquement appeler le « Véritable Conseil de surveillance de Facebook » (Real Facebook Oversight Board).

« Certains peuvent dire que c’est une question de liberté d’expression. Ils ont tort », poursuit la missive. « Donald Trump peut faire des interviews. Il peut aller sur Fox News. Il peut rédiger des articles d’opinion ou envoyer des courriels », est-il remarqué. « Personne n’a le droit inhérent d’utiliser une plateforme de réseaux sociaux pour répandre la désinformation et inciter à la haine encore et encore ou faire amplifier son message par des algorithmes. »

« Les actions de Trump justifient de le bannir indéfiniment »

« Retirer un dirigeant politique des plateformes devrait être le dernier recours, étant donné les bénéfices (pour la démocratie) d’un débat politique robuste et d’une protection des discours liés aux élections. Mais les actions de Trump justifient de le bannir indéfiniment », a également écrit un groupe de professeurs de droit et de philosophie de différentes universités californiennes.

« Si les plateformes avaient accordé à Trump un accès continu à de larges audiences, il aurait provoqué des violences supplémentaires et sapé encore plus la transition du pouvoir », ajoutent les signataires, dont Alex Stamos de la prestigieuse université de Stanford, et ancien responsable de la sécurité chez Facebook.

Pour Twitter, c’est fini

Twitter, qui avait aussi décidé de bannir Donald Trump de sa plateforme pour incitations répétées à la violence, ne le laissera pas revenir même s’il devait être de nouveau candidat à la Maison Blanche. « Selon nos règles, quand vous êtes évincé de la plateforme, vous êtes évincé de la plateforme, que vous soyez un commentateur, un directeur financier, ou un ancien ou actuel responsable politique », a justifié le directeur financier de Twitter Ned Segal sur la chaîne CNBC mercredi.

L’ex-locataire de la Maison blanche, qui fait actuellement face à un procès en destitution, est accusé au Sénat d'« incitation à l’insurrection » dans l’assaut sur le Capitole du 6 janvier. Les élus lui reprochent ses allégations répétées de fraude électorale, sans fondement, et ses propos d’encouragements pour ses centaines de partisans qui se sont engouffrés violemment dans le siège du Parlement américain.