Violences à Washington : Facebook estime avoir « joué son rôle » lors des émeutes du Capitole

ETATS-UNIS Les émeutes du 6 janvier à Washington valent à Donald Trump d’être jugé au Sénat pour « incitation à l’insurrection »

20 Minutes avec AFP

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Violences à Washington : Facebook estime avoir « joué son rôle » lors des émeutes du Capitole (Archives)
Violences à Washington : Facebook estime avoir « joué son rôle » lors des émeutes du Capitole (Archives) — zz/STRF/STAR MAX/IPx/AP/SIPA

Facebook a fait part jeudi de ses progrès dans la modération des contenus pouvant mener à des violences, notamment en rapport avec les émeutes du 6 janvier à Washington, qui valent à l’ex-président américain Donald Trump d’être jugé au Sénat pour « incitation à l’insurrection ».

« Nous avons pris beaucoup de mesures visant spécifiquement les attaques du Capitole pour nous assurer que nous jouions bien notre rôle », a souligné Monika Bickert, la vice-présidente de Facebook en charge des règlements sur les contenus.

Plus de 3.000 pages et 19.000 groupes bannis

Elle a rappelé lors d’une conférence de presse que la plateforme avait banni en tout 890 milices et mouvements armés, soit plus de 3.000 pages et plus de 19.000 groupes, dont une bonne partie en amont de la cérémonie de certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle.

Pendant les attaques et après, Facebook a aussi communiqué avec les forces de l’ordre, notamment pour les aider à identifier les personnes qui publiaient des photos d’elles-mêmes au Capitole.

ONG et élus critiques avec les réseaux sociaux

Un mois après, les Etats-Unis continuent de se demander comment une telle situation a pu avoir lieu – des centaines de partisans de Donald Trump s’étaient engouffrées violemment dans le siège du Parlement américain, choquant le pays et à l’étranger.

Le milliardaire républicain est dans le collimateur, avec ses allégations répétées (et mensongères) de fraude électorale. Mais de nombreux ONG et élus pointent aussi du doigt les réseaux sociaux, où des mouvements violents ont pu s’organiser depuis des années, propager des fausses rumeurs et rallier de nombreux utilisateurs.

Facebook avait commencé à bloquer les messages comportant le slogan « Stop the steal » («Stop au vol » des élections) en novembre, mais seulement s’ils incitaient aussi à la violence. En janvier, après les émeutes, « nous avons vu que l’expression était associée avec l’apologie des attaques ou de la violence en général, et donc nous avons décidé de ne plus l’autoriser du tout », a rappelé Monika Bickert.

Le groupe californien, comme ses voisins de la Silicon Valley, a aussi fini par durcir le ton contre l’ancien président, banni des plateformes dans la foulée de l’invasion du Capitole, et contre QAnon, cette mouvance conspirationniste dont les fidèles sont persuadés que Donald Trump devait sauver le monde d’élites pédophiles et corrompues. En tout, plus de 3.000 pages, 10.000 groupes et 500 événements liés à cette nébuleuse ont été supprimés.

La plateforme s’est par ailleurs félicitée des progrès de ses technologies d’intelligence artificielle, qui ont permis de réduire la prévalence des contenus haineux ou violents. « Au quatrième trimestre, sur 10.000 visionnages de contenus, il y en a eu sept ou huit de discours de haine », a noté Guy Rosen, vice-président en charge de l’intégrité.